Zisyadis Josef (G, VD):
Lorsque nous avons discuté dans un premier temps de cet article en commission, nous avons décidé, par 23 voix contre 2, c'est-à-dire par un score extrêmement net, de laisser au peuple suisse la liberté d'avoir une carte d'identité non biométrique. Qu'est-ce qui a donc bien pu se passer pour que tout à coup, parce que le Conseil des Etats a refusé cette liberté, la commission vous propose, par 13 voix contre 7, d'accepter de suivre le Conseil des Etats? Tout ceci à cause de 60 fraudes en 2007, sur 400 000 passeports! Donc on va introduire encore une fois une généralisation de l'enregistrement de données biométriques, centralisées en plus, dans tous les documents!
Si, cette fois-ci, vous refusez de maintenir la divergence avec le Conseil des Etats, vous allez supprimer une liberté simple, essentielle, qui est celle de tout citoyen: le droit de refuser l'enregistrement de données biométriques. Le citoyen peut aussi parfaitement refuser de voyager s'il le souhaite; il est tout à fait content d'avoir la carte d'identité actuelle, et il est tout à fait prêt à demander un visa lorsqu'il souhaite aller à l'étranger. Au fond, votre vote de ce jour ne sera jugé qu'à votre degré de libéralisme et de respect de la liberté individuelle. Laissez la liberté aux citoyens suisses, qui ne veulent rien d'autre qu'une carte d'identité actuelle; laissez la liberté individuelle aux citoyens suisses, à ceux qui refusent le "tout-à-l'Etat". C'est encore une liberté essentielle qui, à mon avis, demande à être respectée.
Je vous invite à maintenir la divergence avec le Conseil des Etats.