Meyer-Kaelin Thérèse (CEg, FR), pour la commission:
La commission s'est ralliée finalement à la décision du Conseil des Etats de présenter un contre-projet direct à l'initiative populaire "Oui aux médecines complémentaires".
Cette initiative avait été déposée, vous vous en souvenez, à la suite de la décision de notre ministre de la santé d'exclure l'homéopathie, la thérapie neurale, la phytothérapie, la médecine anthroposophique et la médecine traditionnelle chinoise du catalogue des prestations prises en charge par l'assurance de base. Cette décision a touché transversalement la population, les praticiens et aussi le Parlement qui a été l'objet de diverses interventions à ce sujet dans les deux chambres.
L'initiative populaire a été déposée le 15 septembre 2005. Elle demande que "la Confédération et les cantons pourvoient, dans les limites de leurs compétences respectives, à la prise en compte complète des médecines complémentaires". Lors de l'examen de l'initiative, on avait considéré que le terme "complète" rendait l'initiative inacceptable, car elle aurait obligé à rembourser tous les traitements alternatifs. Notre commission, lors de la première lecture, avait proposé, par 15 voix contre 8 et 1 abstention, de recommander au peuple et aux cantons de rejeter l'initiative sans contre-projet direct. Par contre, elle avait voté une initiative de commission fondée sur une motion Wehrli (07.3274) qui prévoyait la réintroduction des cinq médecines complémentaires supprimées du catalogue.
Le Conseil des Etats a choisi quant à lui une autre voie, celle du contre-projet direct, et ceci aussi pour une question de délai. En effet, l'adoption d'un contre-projet indirect aurait probablement provoqué un dépassement de la date limite du 14 mars 2009, ce qui aurait alors obligé de soumettre l'objet au vote populaire sans contre-projet, avec, il est vrai, un certain risque d'acceptation de cette initiative. Le Conseil des Etats a donc adopté un contre-projet direct, avec inscription, dans la Constitution, d'un texte analogue à celui de l'initiative, mais sans le qualificatif de "complète". Ce texte demande donc la prise en compte des médecines complémentaires dans la limite des compétences respectives de la Confédération et des cantons.
Lors de sa dernière séance, notre commission s'est ralliée, un peu de mauvaise grâce il est vrai, à la décision du Conseil des Etats. En effet, elle préférait sa solution de contre-projet indirect, qu'elle trouvait plus élégante qu'une inscription dans la Constitution.
Néanmoins, elle s'est ralliée, par 11 voix contre 9 et 2 abstentions, à la décision du Conseil des Etats.
Pour votre information, une consultation a été menée auprès des cantons, qui montre que 14 des cantons sont favorables au contre-projet direct et 12 le rejettent. D'autre part, les initiants se sont déclarés prêts à retirer leur texte si la version du contre-projet direct passait la rampe.
Au nom de la commission, je vous demande donc d'adopter l'arrêté fédéral dans la version qui vous est proposée, avec la recommandation du rejet de l'initiative populaire et l'acceptation du contre-projet direct. Je vous demande de suivre la commission. Il n'y a d'ailleurs pas de proposition de minorité déposée.