Meyer-Kaelin Thérèse (CEg, FR), pour la commission:
La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique de notre conseil a décidé de donner suite, le 24 novembre 2006, aux trois initiatives parlementaires Heim 05.465, Guisan 05.464 et Meyer Thérèse 05.467, demandant l'inscription dans la LAMal de la prise en charge de la détection précoce du cancer du sein dans le cadre de programmes dont la qualité est garantie et d'établir une égalité de traitement pour que toutes les femmes du pays puissent avoir accès à ces prestations. La commission soeur du Conseil des Etats a adhéré à cette décision le 27 juin 2008.
Ces trente dernières années, des progrès spectaculaires ont été enregistrés dans le traitement du cancer du sein. Si cette amélioration s'explique par l'évolution des possibilités thérapeutiques, elle est avant tout due au fait que des tumeurs mammaires sont aujourd'hui diagnostiquées à un stade nettement plus précoce. Il y a trente ans à peine, plus des deux tiers des femmes touchées avaient déjà des métastases dans les ganglions, signe d'un cancer avancé au moment du diagnostic. A l'heure actuelle, elles sont moins de 25 pour cent dans ce cas, d'où de meilleures chances de survie et aussi des traitements beaucoup moins lourds.
De fait, le nombre de décès consécutifs au cancer du sein diminue chaque année en Suisse, avec un bilan meilleur en Suisse romande, où tous les cantons ont mis en place des programmes de détection précoce, et ceci alors même que le nombre de cas diagnostiqués continue à augmenter. Dans le canton de Fribourg, par exemple, plus de 140 cas ont été découverts très précocement durant les quatre ans à peine depuis que le programme de dépistage a été mis en place. Toutes les femmes chez qui le dépistage précoce a révélé la présence d'un cancer auraient eu à subir des traitements beaucoup plus lourds si le programme n'avait pas existé.
La commission, en donnant suite aux trois initiatives parlementaires, demande bien sûr l'égalité des chances pour toutes les femmes domiciliées en Suisse et elle ne peut pas tolérer que la volonté des cantons pénalise une partie des femmes de notre pays - mais ce n'est pas l'objet de notre décision d'aujourd'hui; c'est dans un deuxième volet que nous reprendrons ce problème.
Pour l'instant, nous nous occupons du financement des prestations existantes. La mammographie de dépistage fait partie en ce moment des prestations couvertes par l'assurance-maladie obligatoire pour toutes les femmes établies en Suisse. Elle est remboursée tous les deux ans à partir de 50 ans, comme stipulé dans l'ordonnance sur les prestations de l'assurance des soins (OPAS), mais évidemment, comme tous les cantons n'ont pas mis en place un programme, elles n'ont pas toutes accès à la possibilité du remboursement de ces prestations. Les cantons romands ont mis en place des programmes. Le canton de Saint-Gall est prêt à en mettre un en route et d'autres cantons sont en train d'y réfléchir.
Nous sommes ici dans la deuxième phase de ces initiatives qui ont été acceptées, et la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique de notre conseil a, d'une part, confié le mandat à sa sous-commission LAMal d'inscrire la prise en charge de la détection précoce du cancer du sein dans la loi. D'autre part, elle vous demande, par cette motion, de prolonger la mesure c de l'article 12e OPAS (mammographie de dépistage), qui échoit le 31 décembre 2009, jusqu'à l'entrée en vigueur d'une nouvelle disposition légale assurant la prise en charge durable des mesures de détection précoce du cancer du sein par l'assurance obligatoire des soins, et ceci pour la raison suivante: la prise en charge de la mammographie de dépistage est limitée au 31 décembre de cette année, donc fin 2009. Et si la mesure n'est pas prorogée, les cantons de Vaud, de Genève, du Valais, de Fribourg, de Neuchâtel, du Jura et de Saint-Gall - qui veut introduire cette mesure dans le courant de cette année - ne pourront pas continuer ou pas initier leur programme qui, pourtant, a montré des effets positifs, ce qui irait en quelque sorte à l'encontre de la volonté exprimée par les deux commissions, qui veulent pérenniser cette démarche.
Le Conseil fédéral a dit qu'il était d'accord avec le but de notre proposition. Il désire continuer à permettre le remboursement de cette détection précoce. Il avait quelques réticences sur la démarche demandée par cette motion, mais je pense que l'empathie de notre ministre de la santé va nous permettre d'accepter cette motion afin de sauver beaucoup de femmes ainsi que de sauver leur intégrité physique.
La commission, par 11 voix contre 5 et 2 abstentions, a accepté cette motion, et je vous demande en son nom d'en faire de même.