Ruey Claude (RL, VD):
Ce n'est pas la question de la consultation téléphonique qui est contestée. En soi, c'est une bonne chose. Pour ma part, bien que je n'aie pas de contrat spécifique concernant la nécessité de passer par une consultation téléphonique, il m'est arrivé d'utiliser le téléphone, parce que j'étais éloigné en étant à la montagne ou parce que j'étais ici à Berne, alors que mon médecin est à Nyon. J'ai chaque fois eu d'excellents conseils. J'ai aussi eu un excellent suivi, parce que ces permanences téléphoniques sont indépendantes des caisses et comprennent des professionnels de la santé et des médecins. Le fait de passer par une consultation téléphonique n'est pas en cause; la question n'est pas là!
La question est de savoir s'il est nécessaire et avantageux d'obliger de créer, de manière générale et gratuite, sans engagement quelconque du patient ou de l'assuré, un système téléphonique, et de savoir si cela va conduire à une baisse des coûts ou, au contraire, à une hausse.
En ce qui me concerne et sur la base de mon expérience, je crois pouvoir dire qu'il s'agit là d'une solution qui est une fausse bonne solution - "eine Scheinlösung". En fait, cela va coûter plus cher!
Pourquoi? Actuellement, il y a environ 5,5 millions d'assurés qui ont un contrat spécial qui les oblige à passer par une consultation téléphonique avant de consulter un médecin. Il y a une responsabilité de la part de l'assuré qui s'engage à passer par une consultation téléphonique. Cela, ça réduit les coûts et évite les cas "bagatelles" chez le médecin. Mais, si l'on renonce aujourd'hui à cette forme de responsabilisation, si l'on introduit un système obligatoire partout, pour tous, gratuit, sans aucune responsabilité ni engagement du patient, on va démanteler l'aspect responsabilisation et l'aspect modérateur du système. En fait, cela va coûter plus cher pour les 5,5 millions d'assurés qui avaient déjà l'obligation de passer par une consultation téléphonique et qui ne l'auront plus.
On nous dit: "C'est pour atteindre les 2 millions d'assurés supplémentaires!" Oui, mais à quoi ça sert d'avoir 2 millions de gens qui auront gratuitement la possibilité de téléphoner, si ceux qui contribuaient à faire des économies n'ont plus cette responsabilité, plus d'incitation? On va tuer le système d'économie!
Mes chers collègues, nous sommes tous en train, les uns et les autres, de plancher sur le "managed care", c'est-à-dire sur des systèmes de contrat qui responsabilisent les assurés, comme les soignants. Or, là, on va exactement à sens contraire. On crée un système général gratuit et obligatoire qui ne conduira qu'à une chose: il faudra payer ce système et on le paiera par des augmentations de primes.
Nous souhaitons le contraire.