Rielle Jean-Charles (S, GE):
Par son initiative, le canton de Genève demande aux autorités fédérales des choses simples et minimalistes: faire en sorte que les caisses-maladie diminuent les primes moyennes d'au moins 5 pour cent pour la population genevoise, examiner les frais administratifs des caisses-maladie et apporter aux autorités genevoises des réponses claires sur l'exactitude des données fournies par les caisses-maladie.
Une minorité de 9 membres de notre commission, dont 8 non genevois, propose d'y donner suite.
L'initiative cantonale reflète bien le ressentiment du canton de Genève qui s'estime lésé dans le cas des cotisations aux caisses-maladie de ses habitants. Le débat devant son Grand Conseil l'a clairement démontré, tous partis confondus. Les éléments suivants ont été relevés: les baisses des primes sont inférieures à la baisse des coûts réels, le niveau des réserves reste trop élevé et bien au-dessus des seuils légaux. Les charges administratives sont trop élevées du fait que la transparence des caisses-maladie continue à faire défaut.
Les coûts de la santé des Genevoises et des Genevois sont de mieux en mieux maîtrisés. Pourtant, ces efforts sont peu récompensés. A Genève, le coût moyen par assuré est à la baisse, passant de 3740 francs à 3657 francs. Parallèlement, les actions promises pour diminuer les réserves excessives des caisses n'ont pas porté leurs fruits, puisque ces réserves atteignent, à fin 2006, 35 pour cent, soit 7 pour cent de plus que l'année précédente. Les frais administratifs par assuré progressent eux aussi de 7 pour cent et passent du simple au triple d'une caisse à l'autre.
A titre d'exemple, la charge administrative réelle par assuré est, pour 2006, de 102 francs à la CSS alors qu'elle se monte à 315 francs à la Supra. Selon les calculs du Conseil d'Etat genevois, la diminution des primes devrait être de 10 pour cent, compte tenu de l'importance des réserves et des baisses de coûts intervenues.
Par souci de prudence et selon les dires du conseiller d'Etat Pierre-François Unger "afin de consolider les activités réalisées durant cette période, le canton de Genève propose dès lors une baisse moyenne de 3,5 pour cent".
A sa séance du 6 avril 2009, la commission du Conseil des Etats s'est montrée sensible aux arguments du canton de Genève. Reconnaissant que ce canton affichait non seulement les primes moyennes les plus élevées de toute la Suisse, mais encore les taux de réserves les plus hauts du pays, elle a estimé qu'il était nécessaire de rééquilibrer les taux de réserves dans les différents cantons afin d'empêcher que les caisses ne compensent les pertes réalisées dans certains cantons avec ces réserves aux dépens d'autres cantons. A ce sujet, elle a rappelé que la mise en oeuvre de la motion Fetz 08.4046, "Rééquilibrer les taux de |
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réserves des assureurs-maladie d'ici 2012", adoptée par le Conseil des Etats le 18 mars 2009, par 18 voix contre 15, permettrait d'atteindre les buts visés par l'initiative.
Par ailleurs, la commission du Conseil des Etats a estimé qu'il était juste de se demander pourquoi les frais administratifs étaient si différents selon les caisses-maladie, et elle a rappelé que la Commission de gestion de notre conseil enquêtait actuellement sur cette question.
Quant à notre commission, elle a examiné l'initiative cantonale en même temps que la motion Fetz 08.4046, dont elle a recommandé l'adoption à son conseil par 12 voix contre 11. La commission s'est montrée sensible à l'exaspération d'une grande partie de la population du canton de Genève, qui dénonce des taux de réserves et des cotisations aux caisses-maladie très élevés.
Nous vous proposons donc de donner suite à l'initiative cantonale Genève non seulement afin de maintenir la pression sur les assureurs pour qu'ils baissent les taux de réserves, mais aussi par solidarité avec la population genevoise.