Nationalrat - Frühjahrssession 2011 - Dreizehnte Sitzung - 16.03.11-08h20
Conseil national - Session de printemps 2011 - Treizième séance - 16.03.11-08h20

11.3022
Dringliche Interpellation
grüne Fraktion.
Arabische Demokratiebewegungen
Interpellation urgente
groupe des Verts.
Mouvements démocratiques arabes
Informationen CuriaVista
Informations CuriaVista
Informazioni CuriaVista
Nationalrat/Conseil national 16.03.11
11.3023
Dringliche Interpellation
Fraktion CVP/EVP/glp.
Bewältigung der Migration
aus Nordafrika
Interpellation urgente
groupe PDC/PEV/PVL.
Maîtriser les flux migratoires
en provenance de l'Afrique du Nord
Informationen CuriaVista
Informations CuriaVista
Informazioni CuriaVista
Nationalrat/Conseil national 16.03.11
11.3024
Dringliche Interpellation Fraktion
der Schweizerischen Volkspartei.
Migrations- und Flüchtlingsströme
aus Nordafrika
Interpellation urgente groupe
de l'Union démocratique du Centre.
Flux migratoires et de réfugiés
venant de l'Afrique du Nord
Informationen CuriaVista
Informations CuriaVista
Informazioni CuriaVista
Nationalrat/Conseil national 16.03.11
11.3026
Dringliche Interpellation
FDP-Liberale Fraktion.
Die Schweiz muss sich
für die Flüchtlingswelle wappnen
Interpellation urgente
groupe libéral-radical.
La Suisse doit s'armer
pour faire face au flot de réfugiés
Informationen CuriaVista
Informations CuriaVista
Informazioni CuriaVista
Nationalrat/Conseil national 16.03.11
11.3028
Dringliche Interpellation
sozialdemokratische Fraktion.
Für eine solidarische Aussenpolitik
zur Unterstützung
des demokratischen Umbruchs
in Nordafrika
Interpellation urgente
groupe socialiste.
Pour une politique étrangère solidaire
destinée à favoriser
la transition démocratique
en Afrique du Nord
Informationen CuriaVista
Informations CuriaVista
Informazioni CuriaVista
Nationalrat/Conseil national 16.03.11
11.3030
Dringliche Interpellation Müller Geri.
Wo ist die humanitäre Grenze
der Schweiz bezüglich
der Zusammenarbeit
mit Frontex?
Interpellation urgente Müller Geri.
Collaboration
avec l'agence Frontex.
Où se situe la limite morale
pour la Suisse?
Informationen CuriaVista
Informations CuriaVista
Informazioni CuriaVista
Nationalrat/Conseil national 16.03.11
11.3031
Dringliche Interpellation
sozialdemokratische Fraktion.
Potentatengelder stoppen
Interpellation urgente
groupe socialiste.
Refuser l'argent des potentats
Informationen CuriaVista
Informations CuriaVista
Informazioni CuriaVista
Nationalrat/Conseil national 16.03.11

Leuenberger Ueli (G, GE): Des événements exceptionnels et dramatiques secouent le monde ces derniers temps. La

AB 2011 N 420 / BO 2011 N 420
tragédie qui se joue actuellement au Japon relègue à l'arrière-plan ce qui se passe au Maghreb. Notre consternation face aux conséquences indescriptibles des tremblements de terre et de l'accident nucléaire survenus au Japon ne doit pas nous désintéresser du sort des peuples du Maghreb, du Proche-Orient et du Moyen-Orient.
Sous le choc des événements survenus au Japon, on ne doit pas abandonner le peuple libyen. Le clan Kadhafi ne doit pas pouvoir écraser impunément son peuple.
Les soulèvements populaires et le processus de démocratisation dans les pays arabes sont pour nous un signe d'espoir pour le Proche-Orient et le Moyen-Orient, pour le Maghreb et le monde entier. Ils renforcent les valeurs fondamentales que sont la liberté, la justice et la solidarité. Les mouvements démocratiques dans ces régions mettent à mal la thèse selon laquelle démocratie et islam seraient incompatibles. Ils renversent les préjugés racistes envers les hommes et femmes musulmans et arabes qui ont été systématiquement répandus ces dernières années dans notre pays.
Ces mouvements démocratiques dans le monde arabe montrent qu'il existe une voie civile pour renverser les dictateurs, bien différente de celle dévastatrice utilisée en Irak. Les révoltes et le mouvement démocratique auxquels nous assistons aujourd'hui répandent la honte sur les gouvernements qui ont soutenu et armé la plupart de ces dictateurs, presque jusqu'au bout! Ils améliorent aussi les perspectives pour une paix juste au Proche-Orient, en modifiant les rapports de force en faveur du peuple palestinien.
Je salue le fait que la Suisse a été le premier pays au monde à bloquer les fonds des potentats renversés. Mais on n'aurait jamais dû permettre à ces potentats de placer dans les banques suisses les milliards de francs volés à leur population! Qu'on en tire les conséquences, qu'on agisse face aux potentats du monde qui ne sont pas encore tombés et qui ont également mis leurs milliards de francs en Suisse! Que le Conseil fédéral et que notre Parlement tirent enfin les conséquences des événements survenus dans le monde arabe et révisent totalement leur politique d'exportation d'armement et de matériel militaire! Nous demandons une fois de plus de suspendre toute collaboration en matière d'armement avec les pays du Proche-Orient et du Moyen-Orient.
Au nom des Verts, j'en appelle au Conseil fédéral, à notre Parlement et à nos concitoyennes et concitoyens pour placer la solidarité, la démocratie, les droits humains et la paix au-dessus des intérêts économiques et renoncer immédiatement à toute collaboration en matière d'armement avec les dictateurs. Dans cet esprit, la Suisse doit renforcer son soutien aux jeunes démocraties dans le monde arabe. Dans cet esprit, la Suisse doit aussi être prête à accueillir des réfugiés de cette région si ces réfugiés se présentent ou si le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés nous demande d'accueillir des contingents de réfugiés.

Heer Alfred (V, ZH): Die Diktaturen in Tunesien und Ägypten sind gefallen. Der libysche Machthaber Ghaddafi kann sich dank brutalem Vorgehen an der Macht halten. Flüchtlingsströme treffen in Lampedusa und wohl auch bald bei uns in der Schweiz ein. Die Lage ist besorgniserregend.
Dies hat auch die sozialistische Partei der Schweiz erkannt, und ihre Fraktion stellt dazu in ihrer Interpellation u. a. folgende Fragen: Was unternimmt der Bundesrat, "damit die Menschen in Nordafrika im eigenen Land eine politische und soziale Perspektive erhalten? ... Kommt es ... zu einer Konferenz, um in Nordafrika einen 'Marshallplan' ... zu lancieren?" Und weiter: "Geht die Schweiz mit Tunesien, Ägypten und der Zivilgesellschaft in weiteren Staaten Transformationspartnerschaften ein, um den partizipativen Aufbau ... zu unterstützen? Welche Angebote macht die Schweiz auf dem Gebiet des Verfassungsrechts und zur Stärkung von Grundfreiheiten? Wird der Bundesrat gegenüber autoritär regierten Staaten eine neue Aussen- und Aussenwirtschaftspolitik entwickeln, damit die Schweiz in Zukunft Gewaltherrschaften nicht mehr gleich wie demokratische Staaten behandelt?"
Meine Damen und Herren Sozialisten in diesem Saal, Sie sassen zusammen mit Ben Ali und seinem Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) in der Sozialistischen Internationalen, ebenso mit der National Democratic Party (NDP) von Hosni Mubarak. Die Partei von Mubarak war seit 1998 Mitglied der Sozialistischen Internationalen. Erst am 31. Januar 2011 wurde die NDP von den Sozialisten, zu denen Sie auch zählen, mit Brief, unterzeichnet durch den Generalsekretär Luis Ayala, ausgeschlossen. Die Partei von Ben Ali war seit den 1970er Jahren Mitglied in Ihrem Verein, verehrte Damen und Herren Sozialisten. Das RCD wurde am 17. Januar 2011 ausgeschlossen.
Schämen Sie sich eigentlich nicht, meine Damen und Herren Sozialisten in diesem Hause? Was verlangen Sie hier vom Bundesrat? Einbezug der Zivilgesellschaft, eine neue Aussen- und Aussenwirtschaftspolitik - dies, nachdem Sie jahrelang mit diesen Diktatoren im gleichen Club gesessen haben. Es waren immer die Sozialisten, welche glaubten, in internationalen Verbänden mittun zu müssen, egal, ob man sich dabei mit einem Verbrecherregime an den Tisch setzte. Das war zur Zeit der DDR so, und es ist heute nicht anders. Statt die Interessen der Schweizer zu vertreten, verwendet man die Zeit dazu, den Sozialismus international zu fördern, auch mit Diktaturen, solange diese als sozialistisch gelten.
Sie sollten zuerst vor Ihrer eigenen Haustür kehren und in sich gehen und sich die Frage stellen, wieso Sie sich nie gegen diese Diktaturen gewehrt haben. Erst als die Diktaturen beseitigt wurden, hat sich die Sozialistische Internationale entschieden, die entsprechenden Parteien auszuschliessen. Bezüglich Libyen war Ihr alt Präsident Hubacher nicht viel intelligenter. Als Ronald Reagan 1986 Ghaddafi bombardieren liess, hiess es, die Kriegsgurgel sitze im Weissen Haus. Heute, 25 Jahre später, wissen wir, wer tatsächlich die Kriegsgurgel war: der gute Bekannte von alt SP-Nationalrat Ziegler.

Marra Ada (S, VD): Vous rappelez-vous, Monsieur Heer, que Monsieur Blocher a été président de l'Association Suisse-Afrique du Sud au temps de l'apartheid?

Heer Alfred (V, ZH): Sie müssen nicht vom Thema ablenken. Ich habe ausgeführt, wo Ihre Gesinnung liegt - besten Dank!

Robbiani Meinrado (CEg, TI): Gli avvenimenti che stanno scuotendo il Nordafrica ci chiamano all'appuntamento con una vera e propria accelerazione della storia, e non è certo enfatizzando l'invio di due o tre agenti a Lampedusa e nemmeno ipotizzando di lanciare una querela penale contro chi ha tenuto in ostaggio due cittadini svizzeri che si coglie pienamente questo appuntamento. È piuttosto necessario un vero e proprio piano articolato e corposo, che metta innanzitutto in rilievo la Svizzera quale Paese proteso generosamente all'aiuto umanitario ma anche che collochi il nostro Paese all'interno di un obiettivo concertato di accompagnamento dei Paesi del Nordafrica verso una reale stabilità e anche una maggiore e più diffusa prosperità. In questo piano devono anche trovare spazio i preparativi per far fronte ad una eventuale prospettiva di esodo rilevante di popolazione da questi Paesi.
Da questo profilo è indispensabile prestare una particolare attenzione alla porta meridionale del nostro Paese, cioè il Ticino, che si troverebbe evidentemente maggiormente sollecitato. A questo proposito stupisce in particolare che lo speciale gruppo di lavoro costituito dalla Confederazione non abbia annoverato sin dall'inizio un rappresentante del Ticino. Occorre perciò ovviare a questa lacuna, come occorre del resto predisporre una corretta ripartizione, tra i Cantoni, degli eventuali richiedenti l'asilo.
Non possiamo però guardare agli avvenimenti del Nordafrica prevalentemente attraverso gli occhiali della paura. La paura non costruisce futuro e il Nordafrica è invece parte costituente del nostro futuro. I suoi Paesi sono demograficamente giovani, hanno un forte anelito alla libertà e anche un interessante abbozzo di classe intermedia, purtroppo sono però frenati da istituzioni pubbliche e anche da un assetto politico che tende a frenare il cammino verso una reale

AB 2011 N 421 / BO 2011 N 421
democrazia e stabilità. Perciò è indispensabile sostenerli e accompagnarli adeguatamente in questo percorso. Occorre, detto in altra forma, mettere in atto verso la corona dei Paesi attorno al Mediterraneo uno sforzo che si ispiri a, che richiami in fondo quello profuso dall'Unione europea e dall'Europa intera verso il suo fronte orientale di Paesi ex comunisti. Perciò, dal Consiglio federale ci si attende che si faccia veramente carico di questo obiettivo e impegno e che sappia mettersi, cioè, in sintonia profonda con la traiettoria nuova che sta prendendo avvio nei Paesi del Nordafrica.

Fluri Kurt (RL, SO): In Anbetracht der potenziellen, bisher noch nicht eingetroffenen Asylbewerberströme aus Nordafrika, aber auch übertragen auf möglicherweise andere, spätere ähnliche Ereignisse haben wir in dieser Frage vier Grundsätze entwickelt, die wir gewissermassen als Dach über unserer Haltung errichten wollen.
Erstens sind wir sehr froh, dass auch der Bundesrat der Meinung ist, dass die Hilfe vor Ort, die Verhinderung der Migration, erste und höchste Priorität zu erhalten hat. Wir erklären uns sehr befriedigt von der Antwort des Bundesrates auf unsere Frage 1, ergänzt auch durch die Antwort auf die Fragen der CVP/EVP/glp-Fraktion.
Zweitens erwarten wir vom Bundesrat eine Verstärkung des Grenzwachtkorps. Einen entsprechenden Vorstoss haben wir zu Beginn dieser Session nicht ganz im Sinne des Initianten behandelt, und wir haben davon Kenntnis genommen, dass der Bundesrat bereit ist, das Grenzwachtkorps unter Berücksichtigung der arbeitsmarktlichen Verhältnisse aufzustocken.
Drittens sind wir mit den Kantonen der Meinung, dass eine Verteilung allenfalls eintreffender Asylbewerberinnen und Asylbewerber auf die Kantone und die Gemeinden vorerst zu unterbleiben hat, wenn aufgrund des Migrationsgrundes anzunehmen ist, dass es sehr bald wieder zu Rückschaffungen kommen wird.
Viertens pochen wir auf die Einhaltung der Dublin-Bestimmungen. Der Bundesrat schreibt, Dublin funktioniere gut, aber nicht immer reibungslos. Das durften wir ja auch den Medien und gewissen Äusserungen aus dem Bundesrat und aus dem BFM entnehmen. Wir wissen, dass unser südlicher Nachbar die Rückführung von Asylsuchenden aus der Schweiz nach Italien mit einer akribischen Auslegung des Dublin-Abkommens beschränkt. Laut Dublin-Abkommen darf das Erstasylland bekanntlich das Verkehrsmittel und den Ankunftsort der Rückschaffung bestimmen. Dies ist nun offensichtlich so ausgenutzt worden, dass lediglich eine beschränkte Anzahl Dublin-Fälle pro Tag, und zwar per Flugzeug, in Rom entgegenzunehmen ist. Wir möchten gerne wissen, Frau Bundespräsidentin, ob das am Treffen der Innenminister Deutschlands, Österreichs, Liechtensteins und der Schweiz, welches offenbar Anfang März in Wien stattgefunden hat, thematisiert wurde.
Wir haben auch mit einem gewissen Unverständnis Äusserungen des Direktors des Bundesamtes für Migration entgegengenommen, der gesagt hat, dass in Anbetracht der Menge von Flüchtlingen, die auf Italien zukomme, Rücksicht auf dessen Situation zu nehmen sei und dass man den Dublin-Vertrag nicht "formalistisch" anwenden dürfe. Wir sind der Meinung, dass Italien in anderen Belangen eigentlich nicht Rücksicht auf unser Land nimmt; deshalb pochen wir darauf, dass das Dublin-Abkommen tel quel umgesetzt wird.
Die SP-Fraktion stellt in ihrer dringlichen Interpellation 11.3031 Fragen nach einer allfälligen Revision des Geldwäschereigesetzes. Wir schliessen uns der Haltung des Bundesrates in der Antwort auf Frage 7 an, wonach erst eine rückwirkende Analyse der Vermögenssperren aufgrund der Verordnungen zeigen wird, ob allenfalls Gesetzesrevisionen an die Hand zu nehmen sind oder nicht; vorderhand sehen wir hier keinen Handlungsbedarf.
Zum Schluss möchten wir doch noch eine Frage an Frau Bundespräsidentin Calmy-Rey oder an das EJPD richten. Wir haben zur Kenntnis genommen, dass der Bundesrat seine Verordnungen gestützt auf Artikel 184 Absatz 3 der Bundesverfassung erlassen hat. Wir wissen aber, dass seit dem 1. Februar 2011 das revidierte Bundesgesetz über die Rückerstattung unrechtmässig erworbener Vermögenswerte politisch exponierter Personen in Kraft ist. Wir fragen uns deshalb, was auch in einer seriösen Tageszeitung gefragt worden ist, ob allenfalls hier bei der Beratung eine Gesetzeslücke entstanden ist, ob wir das im Parlament übersehen haben und ob es in diesem Gesetz allenfalls Nachbesserungsbedarf gibt. Besten Dank im Voraus für Ihre Antwort.

Müller Geri (G, AG): Herr Kollege, ich schätze Sie sehr, auch als kompetenten Rechtsfachmann der FDP. Sie haben vorhin über Schengen und Dublin gesprochen und gesagt, man solle diese Verträge einhalten. Wie sieht es Ihrer Vorstellung nach denn aus, wenn herauskommt, dass diese Verträge Menschenrechte wesentlich verletzen, sei es durch Attacken auf Flüchtlingsboote, sei es durch Flüchtlingsabkommen mit Regimes, die im Namen von Frontex, Schengen und Dublin abgeschlossen wurden, wonach man die Flüchtlinge zurückbringen kann? Stehen Sie dann immer noch hinter diesen Verträgen?

Fluri Kurt (RL, SO): Ich bin der Auffassung, dass wir uns bei der Beratung der Schengen/Dublin-Geschäfte und auch im entsprechenden Abstimmungskampf genügend darüber orientiert haben, ob sich diese Verträge an den menschenrechtlichen Rahmenbedingungen orientieren, und wir sind nach wie vor der Meinung, dass das der Fall ist.

Sommaruga Carlo (S, GE): Les soulèvements populaires d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient sont un événement historique. Ils le sont pour des millions de femmes et d'hommes qui ont su créer avec courage une chance non seulement pour la démocratie, pour l'Etat de droit et pour les droits de l'homme, mais aussi pour une répartition plus juste des fruits des économies nationales. La chute des régimes prédateurs, la construction de nouvelles institutions et la mise en route de réformes profondes dans ces pays sont une chance pour la lutte contre la pauvreté, une occasion de construire dans les pays mêmes un avenir économique pour la jeunesse et donc de combattre ainsi l'exode des jeunes vers les pays du Nord.
Il est donc indigne d'entendre des membres de ce conseil réduire ces soulèvements démocratiques à un fléau migratoire pour la Suisse. C'est indigne des valeurs de notre Constitution.
Mais mis à part l'aide humanitaire immédiate et indispensable déjà mise en oeuvre par le Conseil fédéral, et que nous saluons, mis à part l'accueil des réfugiés qui est indispensable dans le cadre d'une solidarité internationale et mis à part la disponibilité de la Suisse pour un partenariat économique, scientifique et culturel, notamment avec la Tunisie ou l'Egypte, visant un développement socialement durable et respectueux des droits fondamentaux, le Conseil fédéral doit aujourd'hui remettre à plat la politique extérieure et la politique économique extérieure de la Suisse à l'égard des autocraties et des potentats. La Suisse ne peut poursuivre ses relations internationales sans distinction entre les Etats démocratiques et ceux qui ne le sont pas. Une nouvelle stratégie, en cohérence avec nos valeurs constitutionnelles, doit être proposée par le Conseil fédéral.
Il n'est plus admissible que l'on continue à consolider politiquement et économiquement des régimes autoritaires et prédateurs par une ouverture des marchés sans respect minimal des droits de l'homme et des conditions sociales. Il faut repenser le groupe de vote au sein du FMI, l'Helvétistan, composé de régimes autoritaires et corrompus. La vente d'armes aux régimes non démocratiques doit être interdite. L'argent des potentats qui appauvrissent les peuples, cet argent qui sert à financer les appareils répressifs, ne doit pas pouvoir trouver refuge et fructifier dans nos banques. Il faut renforcer le dispositif légal, notamment par un droit de recours des associations de défense des droits de l'homme et de lutte contre la corruption, contre l'inactivité des pouvoirs judiciaires, notamment aussi en renversant le fardeau de la

AB 2011 N 422 / BO 2011 N 422
preuve de l'origine - licite ou illicite - des fonds appartenant aux potentats.
Pour le groupe socialiste, la politique extérieure n'est pas seulement faite d'intérêts, mais également de solidarité, de cohérence et, surtout, de respect des principes liés aux valeurs démocratiques de notre Constitution fédérale.

Gadient Brigitta M. (BD, GR): Die gegenwärtigen Veränderungen und der Aufbruch in Nordafrika bieten einerseits eine grosse Chance für die Entwicklung dieser Region sowie für Demokratie und Rechtsstaatlichkeit in den betroffenen Ländern. Andererseits stellen sie aber auch grosse Herausforderungen. Auch die Schweiz ist gefordert, im Rahmen der weltweiten Solidarität einen Beitrag zu leisten. Die BDP-Fraktion begrüsst die diesbezügliche Gesamtstrategie des Bundesrates. Einerseits besteht diese aus den bereits ergriffenen Sofortmassnahmen im humanitären Bereich und den konkreten Beiträgen zur Linderung der Not der Menschen, andererseits ist mit Blick auf die langfristige Entwicklung der ganzen Region aber auch mehr als nur kurzfristige Hilfe gefragt. Damit der eingeleitete Transitionsprozess erfolgreich sein kann, braucht es neben der Soforthilfe gezielt auch Friedensförderung und im Weiteren auch technische Unterstützung.
Als unabdingbare Grundlage einer stärkeren wirtschaftlichen Entwicklung steht für die BDP dabei die Hilfe beim Aufbau demokratischer und rechtsstaatlicher Institutionen im Vordergrund. Dazu gehört auch die Verbesserung der Menschenrechte, zum Beispiel durch den Einbezug der Frauen in den Demokratisierungsprozess oder durch die Förderung des interreligiösen Dialogs. Es liegt im Übrigen nicht zuletzt auch mit Blick auf die erwarteten Migrationsbewegungen auch im Interesse unseres Landes, einen Beitrag an die wirtschaftliche und die soziale Entwicklung vor Ort zu leisten und damit insbesondere auch die Zukunftsperspektiven für die Menschen in den betroffenen Ländern zu verbessern. Obwohl Migrationsbewegungen bis anhin kaum eingetreten sind, dürfte nichtsdestotrotz mit einem Anstieg der Migration aus dem nordafrikanischen Raum zu rechnen sein.
Wir erachten es deshalb auch für notwendig, dass sich die Schweiz entsprechend vorbereitet. Neben einer engen Zusammenarbeit von Bund und Kantonen ist diesbezüglich auch eine Abstimmung und Koordination mit den anderen Dublin-Staaten angezeigt. Die Entsendung von Schweizer Fachleuten zugunsten von Frontex ist deshalb unserer Auffassung nach zweckmässig. Unabdingbar ist schliesslich auf jeden Fall die genaue Beobachtung der herrschenden Lage und Entwicklung, um gegebenenfalls rasch reagieren zu können.
In diesem Sinne unterstützt die BDP-Fraktion die vom Bundesrat bisher beschlossenen Massnahmen und Leistungen.

Lumengo Ricardo (-, BE): Der Aufstand in Libyen ist in einer entscheidenden Phase. Es ist wichtig, dass die Schweiz jetzt dazu beiträgt, eine No-Fly-Zone einzurichten. Diese Intervention ist gerechtfertigt, denn sie würde die Aufständischen vor Bombardierungen schützen. Wenn Bengasi fällt, dann ist das nicht nur das vorläufige Ende der Revolution in Libyen, es wird auch andere Diktaturen in Afrika ermutigen, demokratische Aufstände blutig niederzuschlagen.
Einige Politiker und Politikerinnen in der Schweiz haben reflexartig die Angst vor Flüchtlingen geschürt. Statt sich über den Wunsch nach Demokratie zu freuen, sprechen sie von einer Flüchtlingswelle oder einer Flüchtlingsflut. Was eine Flut anrichten kann, haben wir in Japan gesehen, wo ganze Küstenstädte zerstört wurden. Die Flüchtlinge aus Nordafrika sind keine Welle, es sind Menschen: Menschen, die ein Recht darauf haben, dass Sie sie als Menschen und nicht als Naturgewalt wahrnehmen. Falls der Aufstand in Libyen scheitert, droht ein gigantisches Blutbad, wenn die Aufständischen nicht rechtzeitig fliehen können.
Si nous pouvons montrer que nous sommes prêts à accueillir un contingent de réfugiés, alors nous encouragerons les Etats de l'Union européenne à en faire autant. La Suisse a pendant longtemps profité des dictateurs d'Afrique du Nord, comme cela a été dit. Rendons maintenant quelque chose aux insurgés, accueillons-les chez nous, donnons-leur une formation politique: ainsi nous les aidons à mener avec succès les prochaines révolutions, peut-être. Nous avons en Suisse les ressources pour accueillir et assister des milliers de réfugiés, cela ne dépend que de la volonté politique. Faisons un geste, donnons un signal, montrons que nous sommes prêts à accueillir 30 000 réfugiés au cas où l'insurrection libyenne échouerait!
Par ailleurs, nous devons soutenir les gouvernements tunisien et égyptien. La Suisse doit leur apporter encore plus d'aide pour le renforcement de leurs structures démocratiques. Enfin, la Suisse devrait également mettre à disposition des moyens financiers pour que d'autres organisations et institutions provenant de la Suisse puissent aller aider les populations en Egypte et en Tunisie pour que ces pays soient capables de former et développer leurs propres structures et organisations.

Freysinger Oskar (V, VS): Monsieur Lumengo, vous et quelques autres camarades de gauche vous réjouissez du rétablissement de la démocratie en Tunisie. Comment expliquez-vous qu'autant de jeunes hommes, célibataires, veuillent quitter la Tunisie, alors que la démocratie vient d'y être rétablie?

Lumengo Ricardo (-, BE): C'est un phénomène qui est explicable tout simplement: à ce moment-là, il n'y avait plus d'Etat, il y avait en quelque sorte un vide, un manque d'autorité. Mais ces départs ne reflètent pas non plus le comportement général de la population tunisienne.

Flückiger-Bäni Sylvia (V, AG): Zuerst eine kleine persönliche Bemerkung an Herrn Kollege Lumengo: Wissen Sie, was mich am meisten beelendet, ist die Tatsache, dass die ärmsten Menschen dieser Welt sehr selten oder gar nie Hilfe bekommen.
Der Bundesrat rechnet für die nächsten Monate aufgrund der Umwälzungen in den nordafrikanischen Staaten zwar mit einem Anstieg der irregulären Migration nach Europa und in die Schweiz, spielt die Problematik jedoch herunter, wenn er sagt, das Ausmass sei nicht so wie befürchtet und es dauere erfahrungsgemäss mehrere Wochen, bis Migranten, die aus Italien weiterreisen, in der Schweiz ankommen würden. Die Bilder in den Medien sprechen eine deutliche Sprache. Vor allem habe ich auf diesen Bildern junge, kräftige Männer gesehen; Frauen und Kinder fehlen. Entscheidend ist, ob die Schweiz darauf vorbereitet sein will oder nicht.
Wenn Italiens Aussenminister Franco Frattini von über 300 000 Flüchtlingen spricht, die in den nächsten Wochen an der europäischen Mittelmeerküste zu erwarten seien, muss auch die Schweiz rechtzeitig eine Strategie vorbereitet haben. Es ist keine Lösung, die Problematik unter den Teppich zu kehren. Es ist genau diese Taktik, die uns den Ausländeranteil von bald 25 Prozent beschert hat, mit dem wir heute konfrontiert sind. Ohne zu werten, ob das gut ist oder nicht: Sicher ist, dass die Akzeptanz in der Bevölkerung gelitten hat, und zwar darum, weil man die Zügel betreffend Einwanderung immer mehr aus der Hand gegeben hat, weil man Versprechungen bei Abstimmungen nicht eingehalten hat und weil sich ein Betätigungsfeld entwickelt hat, das eine Menge Steuergelder wegfrisst.
Bei der Volksabstimmung wurde dem Volk das Schengen-Paket mit dem Dubliner Abkommen schmackhaft gemacht. Es hiess, mit Dublin könne dann endlich etwas gegen Doppel- und Mehrfachgesuche von Asylbewerbern gemacht werden. Es hiess, mit Dublin sei dann derjenige Staat für das Asylverfahren zuständig, in welchen der Asylsuchende als Erstes einreise. Es hiess, die Asylzahlen würden dann zurückgehen. Heute wissen wir, dass es nicht so ist.
Die Gemeinden und Kantone sind nicht länger bereit, Asylunterkünfte zur Verfügung zu stellen und die Kosten zu tragen. Sie fragen sich zu Recht, wieso die Zahl der Asylsuchenden plötzlich wieder steigt, wieso die Abkommen nicht

AB 2011 N 423 / BO 2011 N 423
greifen und wieso der Bundesrat nicht reagieren will. Unmut ist nicht nur in den Gemeinden und Kantonen feststellbar, Unmut ist in der ganzen Bevölkerung feststellbar. Wir alle kennen die Schlagzeilen über Drogenhandel, Gewalt und Belästigungen rund um Asylzentren. Immer wieder kommt es in den von den Gemeinden zur Verfügung gestellten Unterkünften zu Sachbeschädigungen und Bränden wegen unsachgemässer Nutzung der Anlagen. Dennoch haben die Gemeinden kaum Möglichkeiten, sich gegen die Aufnahme von Asylbewerbern zu wehren. Wenn sich eine Gemeinde zu lange dagegen sperrt, ihr Kontingent aufzunehmen, kann der Kanton mit einer Strafzahlung drohen. Dies wird er wohl künftig häufiger tun müssen, denn die Gemeinden sind nicht bereit, die Kosten und das Diktat aus Bern einfach hinzunehmen.
Flüchtlinge, die unseren Schutz und unsere Hilfe brauchen, waren in unserem Land schon immer willkommen. Zu helfen gehört zu unseren starken Traditionen. Das Schweizervolk ist auch sehr grosszügig bei Spendenaktionen; das ist bekannt.
Das Asylgesetz erlaubt es, Flüchtlinge als momentan Schutzbedürftige aufzunehmen. Dadurch könnten wir langwierige Asylverfahren und eine Zuteilung von Flüchtlingen an die Kantone verhindern. So wäre es möglich, die Migranten nach einer Beruhigung der Lage rasch wieder nach Hause zu bringen. Ist das nicht unser Auftrag, Frau Bundespräsidentin?

Leuenberger Ueli (G, GE): Madame Flückiger, j'ai constaté avec intérêt dans votre déclaration personnelle que vous dites regretter le fait que les pauvres du monde ne reçoivent pas d'aide. Est-ce que cela signifie que vous allez soutenir à l'avenir une augmentation de la coopération au développement, et intervenir auprès de votre parti dans ce sens, puisque cette aide est justement destinée aux plus pauvres du monde? Ne pas le faire vous mettrait en pleine contradiction.

Flückiger-Bäni Sylvia (V, AG): Cher collègue Leuenberger, es ist nicht verboten, auch an das Wohl des eigenen Landes und der eigenen Bevölkerung zu denken.

Marra Ada (S, VD): Madame Flückiger, dans votre déclaration, lorsque vous parlez spécifiquement des réfugiés nord-africains, vous en venez à parler de la migration en Suisse. Vous dites qu'il y a 25 pour cent d'étrangers en Suisse et qu'ils sont un problème. Je précise que ce sont 21 pour cent d'étrangers en Suisse, à moins que vous n'incluiez aussi les naturalisés, qui ne sont pas vraiment suisses à vos yeux.
La question est donc la suivante: en quoi les 99,8 pour cent de ces 21 pour cent d'étrangers qui n'ont jamais été en prison sont-ils un problème pour la Suisse?

Flückiger-Bäni Sylvia (V, AG): Probleme sind dazu da, dass wir sie lösen. Wir können nicht einfach den Kopf in den Sand stecken und nichts machen. Ich habe in meinen Ausführungen klar und deutlich gesagt, wie die Strategie sein muss. Ich glaube, wenn Sie mir zugehört haben, ist es eigentlich klar.

Müller Geri (G, AG): Sie haben vorhin gesagt, auf den Fotos hätten Sie nur junge Männer gesehen. Ist Ihnen bewusst, dass gemäss Weltbank die Kosten für die Rückführungen und die Finanzierung von Flüchtlingen in Europa das Fünffache der internationalen Entwicklungshilfe ausmachen? Und dass, wenn das nicht stattfinden würde, es in Afrika noch wesentlich schlechter aussehen würde?

Flückiger-Bäni Sylvia (V, AG): Es ist bekannt - das ist auch so ein Elend -, dass gerade in Afrika Agrarland an andere Staaten verkauft wird. Wir können da von der Schweiz aus nichts machen. Aber das wird diese Länder vor grosse Probleme stellen. Denn dort werden nicht die Afrikaner beschäftigt; in der Nahrungsmittelproduktion werden Leute aus jenen Ländern beschäftigt, die dieses Land eingekauft haben, wenn ich das mal so sagen darf.
Dann müssen Sie mir vielleicht auch einmal erklären, was Sie unter einem Flüchtling verstehen. Für mich ist ein Flüchtling ein Mensch, der an Leib und Leben bedroht ist. Diese Menschen sollen unseren Schutz haben; das ist richtig, dazu stehe ich auch. Aber Wirtschaftsflüchtlinge können wir leider nicht aufnehmen; dazu reichen unsere Kapazitäten nicht aus. Wir würden uns damit grosse Probleme aufhalsen. Wir können diesen Menschen auch nicht helfen, ausser dass sie einfach ein paar Jahre in der Schweiz verbringen und dann wieder nach Hause zurückkehren müssen. Ist dann das Problem für diese Männer gelöst? Ich denke, dass das nicht so ist.

Sommaruga Carlo (S, GE): Madame Flückiger, vous avez utilisé un mot extrêmement dur en parlant de la solidarité que les communes et les cantons doivent manifester en matière d'accueil éventuel des réfugiés. Vous avez parlé de "Diktat". N'avez-vous pas l'impression que c'est exagéré, voire totalement faux, dans la mesure où les décisions de Berne reposent chez nous sur des décisions démocratiques de ce Parlement et approuvées par le peuple?

Flückiger-Bäni Sylvia (V, AG): Herr Sommaruga, wollen wir in Zukunft Frieden haben in unserem Land oder nicht? Wollen wir unsere Stärke weiterhin auch für die Schwächsten auf dieser Welt einsetzen oder nicht? Das ist meine Gegenfrage.

Hämmerle Andrea (S, GR): Angesichts der dramatischen Ereignisse in Japan und Nordafrika ist die Fokussierung der Debatte auf virtuelle Flüchtlingsströme und die Sicherung der Schweizer Grenze doch eher deplatziert. Reden wir also über Nordafrika. Anders als von hiesigen Populisten jahrelang beschworen, sind in der arabischen Welt und besonders in Nordafrika nicht der Islam und nicht der Islamismus das grosse Problem und Thema. Diese jungen Völker haben genau die gleichen Sehnsüchte, Wünsche, Forderungen wie wir in Europa: Freiheit, Demokratie, soziale Gerechtigkeit, Arbeit. Seit Jahrzehnten aber litten und leiden sie unter autoritären, korrupten, brutalen, repressiven Regimes. Seit Jahrzehnten wurden diese Regimes vom Westen inklusive der Schweiz akzeptiert, ja hofiert, weil sie scheinbar für die Stabilität sorgten, welche fürs Ölgeschäft wichtig ist. Aber sie galten auch als wichtige Bollwerke im sogenannten Kampf gegen den Terrorismus. Der Westen hat bei den Menschen in Nordafrika ein Glaubwürdigkeitsproblem - nicht die westlichen Werte und Ideale, sondern die westliche Realpolitik.
Jetzt ist die Wahrheit ans Licht gekommen: Die autoritären Regimes stehen auf morschen Pfeilern. Sie garantieren weder Freiheit noch Sicherheit, noch nachhaltige Geschäfte. Die Regimes in Tunesien und Ägypten wurden friedlich weggeputzt. In Libyen tobt ein brutaler Krieg zwischen dem auch vom Westen bewaffneten Regime und den todesmutigen Aufständischen.
Der Übergang zu Demokratie, Rechts- und Sozialstaat wird schwierig und lang. Er muss von den betroffenen Völkern selbst bestimmt werden. Es werden sich Parteien und Bewegungen bilden, die im Westen nicht gerne gesehen sind, z. B. islamische. Wenn sie in demokratischen Prozessen an die Macht kommen, ist das zu akzeptieren. Wahlen sind nämlich nicht einfach dann gut, wenn die vom Westen favorisierten Parteien gewinnen. Übrigens: Wir sollten beim Islam nicht reflexartig an Terrorismus, Scharia und Dschihad denken. Hilfreicher wäre der Vergleich mit dem politischen Christentum. So, wie die C-Parteien zusammen mit der Sozialdemokratie das Europa der Nachkriegszeit geprägt haben, werden vielleicht gemässigte islamische Parteien die arabische Welt im Umbruch prägen. Deswegen werden diese Staaten keine Gottesstaaten, so wenig, wie das CSU-dominierte Bayern oder die von den Katholisch-Konservativen beherrschte Innerschweiz zu Vatikanstaaten wurden.

Freysinger Oskar (V, VS): Herr Hämmerle, erklären Sie mir einmal, wie es kommt, dass Leute wie Gbagbo, wie

AB 2011 N 424 / BO 2011 N 424
Ghaddafi, wie Ben Ali Mitglieder der Sozialistischen Internationalen waren.

Hämmerle Andrea (S, GR): Ich habe keine Funktion und keine Rolle in der Sozialistischen Internationalen und war da nie dabei. Ich muss Ihnen allerdings sagen, dass die gesamte westliche Welt von ganz rechts bis links diese Regimes unterstützt hat. Wenn Sie jetzt das grosse Wort gegen die Sozialistische Internationale führen, dann stehen Sie also ziemlich neben den Schuhen.

Hiltpold Hugues (RL, GE): Je souhaiterais en premier lieu souligner le caractère de la révolution en Afrique du Nord où l'on a vu la jeunesse des différents pays se soulever pour sa liberté, et cela dans la dignité et finalement sans heurts majeurs. Il faut noter que dans tous les pays l'armée n'a pas suivi ses dirigeants, à l'exception, il est vrai, de la Libye et du Yémen, où la situation est plus complexe, avec les conséquences désastreuses que l'on constate jour après jour. Je voudrais surtout souligner dans ce préambule le fait que cette révolution est le gage à terme d'un avenir meilleur des relations entre le Nord et le Sud de l'Europe, et surtout l'assurance d'une prospérité pour toute une région du globe.
La Suisse est historiquement une terre d'asile. Le droit d'asile est inscrit dans la loi, laquelle prévoit que lorsque des citoyens sont menacés ou persécutés dans leur pays, ils peuvent demander l'asile en Suisse. On n'héberge pas, bien sûr, des gens en Suisse quand tout va bien, mais lorsque des personnes fuient leur pays en guerre, la Suisse se doit de les accueillir.
Je souhaiterais aussi vous rappeler la situation de la Bosnie il y a quelques années. Ce pays a connu des troubles pendant une période qui a vu affluer en Suisse bon nombre de réfugiés politiques. Après un travail sur place, notamment par les organisations internationales, mais aussi par différents acteurs suisses, ces réfugiés sont retournés dans leur pays dès que la situation fut à nouveau stabilisée. Nous devons donc agir sur place dans la mesure, bien sûr, de nos capacités pour que la situation après la révolution évolue dans le bon sens et surtout pour éviter l'implosion générale qui guette. Mais nous devons aussi, en parallèle, accueillir des réfugiés politiques, conformément à la loi et à notre tradition humanitaire.
Il existe trois cas de figure auxquels la Suisse doit faire face. Tout d'abord, les personnes qui ont fui leur pays en guerre et qui reviendront dès que la situation sera stabilisée; nous devons donc accueillir ces personnes, mais agir en parallèle sur place pour leur permettre de regagner leur pays au plus vite. Ensuite, il existe des personnes qui ont fait l'objet de persécutions personnelles et pour lesquelles la Suisse doit apporter une réponse au cas par cas, selon la gravité de la persécution et surtout en fonction des risques de représailles. Enfin, il existe des personnes qui n'ont fait l'objet d'aucune persécution et qui viennent demander l'asile pour des raisons plutôt économiques que politiques; pour ce type de cas, la loi actuelle est suffisante et doit simplement s'appliquer, ce qui veut bien entendu dire qu'une application "saine" de la loi suppose un traitement rapide des demandes afin de ne pas laisser s'installer dans le temps des situations qui ne sont pas désirables.
La Suisse n'a pour l'heure pas assisté à un afflux massif de réfugiés politiques, comme certains le redoutaient. Au plus quelques personnes supplémentaires attirées par la prospérité de notre pays. En Europe, on n'a pas non plus enregistré à ce jour d'augmentation significative de la migration. Depuis le début de l'année, 8000 personnes, venant de Tunisie notamment, sont allées sur l'île de Lampedusa. Compte tenu de l'incertitude qui règne aujourd'hui en Libye, il est hasardeux de faire des prévisions fiables quant à l'évolution future de la migration.
Gouverner, c'est prévoir, dit l'adage. Alors oui, il est juste d'anticiper un éventuel afflux de réfugiés en Suisse, car la taille de notre pays ne permet pas d'accueillir tout le monde. Nous sommes encore très loin d'une situation critique, ce qui ne nous empêche pas de planifier une étroite collaboration avec les cantons dans les domaines de la migration et de l'asile en cas d'afflux massif.
Les bouleversements massifs que connaissent actuellement les Etats de l'Afrique du Nord entraîneront dans les prochains mois vraisemblablement une hausse de la migration irrégulière vers l'Europe et vers la Suisse. L'ampleur du phénomène devrait néanmoins être moindre, en fonction de certaines craintes qui ont pu être exprimées. Mais, parallèlement, il est aussi juste d'apporter une aide à la reconstruction des différents pays qui ont subi quarante ans de pression, qui ont eu pour conséquence une misère économique et une forte émigration dans toute l'Europe. Sans régimes totalitaires, il n'y aurait vraisemblablement pas ou très peu de réfugiés économiques.
La problématique d'un éventuel afflux de migrants en provenance de l'Afrique du Nord doit être prise en considération et traitée, je vous l'ai dit, sur plusieurs plans: non seulement par des démarches humanitaires directement dans les pays concernés, ou par un soutien actif aux organisations internationales sur place, ou encore par une participation à la mission spéciale de contrôle de Frontex en Méditerranée, mais aussi, cela a été rappelé, par l'accord de Dublin entré en vigueur au mois de décembre 2008 pour la Suisse. Celui-ci doit être correctement mis en oeuvre par ses partenaires européens et notamment par l'Italie, qui est plus directement sollicitée.
Ce sont des mesures traitées conjointement qui permettront de parer au mieux à un éventuel afflux massif de migration dans notre pays, dans le respect de la loi mais aussi dans le respect des traditions humanitaires qui ont fait de la Suisse une nation des droits humains.

Hochreutener Norbert (CEg, BE): Die Entwicklung in Nordafrika war weder bezüglich Zeitpunkt noch bezüglich Umfang voraussehbar. Das ist klar. Dagegen ist aber offensichtlich, dass eine Welt mit Diktaturen politisch instabil ist. Deshalb ist es voraussehbar, dass die Schweiz immer wieder mit grösseren Migrationsbewegungen konfrontiert sein wird. Deshalb kann und darf erwartet werden, dass unser Land gewissermassen grundsätzlich auf grössere Migrationsereignisse vorbereitet ist - vorbereitet nicht in dem Sinne, dass alle nötigen Strukturen stehen, vorbereitet aber in dem Sinne, dass die Pläne für die Durchführung von Asylverfahren, für die Unterbringung usw. ausgearbeitet und durchgespielt sind.
Hier lässt nun die Antwort des Bundesrates einige Fragen offen. Am 24. Februar, so liess er verlauten, seien Aktionspläne in Auftrag gegeben worden. Was wurde da genau geplant? Wie wurde diese Planung getestet? Wurde sie überhaupt getestet? Wenn in ausserordentlichen Lagen nicht rasch reagiert werden kann, riskieren wir lange Verfahrensdauern und eine erhöhte Attraktivität unseres Landes auch für Wirtschaftsflüchtlinge usw. Das sind alles Risiken. Ist man sich dieser Risiken im Bundesrat bewusst? Man weiss, dass Italien auf Lampedusa recht locker mit der Grenzkontrolle umgeht, um es mal so zu sagen. Der Bundesrat müsste Italien dringend an die Einhaltung der Schengen/Dublin-Abkommen erinnern. Was hat er hier vor?
Eines scheint mir klar zu sein: Hilfe vor Ort ist dringend angesagt. Flüchtlingsströme aus Libyen müssen in den Nachbarländern, in Ägypten und Tunesien, in Flüchtlingslagern aufgefangen werden. Dort müssen wir unsere Mittel einsetzen, und natürlich auch in Libyen, soweit das überhaupt möglich ist. Es wird aber so oder so echte Flüchtlinge aus Libyen an unseren Grenzen geben - keine Wirtschaftsflüchtlinge, sondern politisch Verfolgte. Da können wir dann nicht einfach sagen: Zutritt verboten! Ihnen müssen wir zumindest vorübergehend eine humanitäre Aufnahme gewähren. Aber wie gesagt: Jetzt müssen wir alles dafür tun, diese Flüchtlingsströme mit Hilfe vor Ort in den Nachbarländern aufzufangen.

Grin Jean-Pierre (V, VD): Suite aux différents problèmes et événements historiques que vivent certains pays d'Afrique du Nord, notre pays doit se préparer à gérer une invasion

AB 2011 N 425 / BO 2011 N 425
massive de réfugiés en fixant des priorités strictes. Prévenir vaut mieux que guérir, et nous devons être prêts à gérer la situation si elle se présente. Et là, toutes celles et tous ceux qui veulent que notre pays se transforme en un lieu d'accueil démesuré doivent réfléchir aux conséquences désastreuses qu'une situation incontrôlée aurait sur notre population résidente. Les lieux d'accueil dans beaucoup de cantons sont déjà saturés; des moyens de fortune pourraient être mis en place, mais seulement de manière limitée et temporaire.
Le risque d'afflux de personnes d'Afrique du Nord existe et il serait irresponsable de ne pas le prendre au sérieux. Il est nécessaire de se préparer à un tel événement. Si cette éventualité se confirme, notre réaction doit être rapide et bien ciblée, car il faudra par tous les moyens empêcher des passages clandestins aux frontières. A cet effet, la Suisse devra mettre en place un réseau de contrôle serré en utilisant la possibilité prévue dans l'accord de Schengen de réintroduire les contrôles aux frontières en cas de situation extraordinaire.
Il est important que les personnes venant éventuellement d'Afrique du Nord soient contrôlées aux frontières. Ainsi, celles qui sont des réfugiés économiques peuvent, conformément à l'accord de Dublin, être renvoyées dans le pays où elles ont pour la première fois foulé le sol européen. La Suisse ne serait alors pas contrainte de se charger de longues procédures d'asile, sans aucune chance de succès, pendant lesquelles les personnes qui n'ont aucun motif d'asile s'installent dans notre pays.
L'activation d'une clause de sauvegarde temporaire, qui accorderait l'asile collectif à tous les migrants provenant d'Afrique du Nord, aurait pour conséquence de déclencher une situation difficile, voire une invasion en masse de réfugiés économiques. Le Conseil fédéral doit dissuader impérativement les auteurs de cette proposition.
Mais au-delà de cette vigilance, il y a aussi l'aide humanitaire et alimentaire directe qui devrait permettre aux habitants des pays concernés de rester sur place pour reconstruire leur patrie qui a été fortement chahutée par des régimes totalitaires en place jusqu'à ces derniers jours.
La Suisse doit également proposer son soutien pour la mise en place d'institutions démocratiques et respectueuses de l'Etat de droit pour renforcer la société civile dans ces pays. Avec cette manière de faire, on encouragera les habitants de ces pays à reconstruire ensemble une démocratie participative.
Je désire également relever un autre point concernant l'asile économique en général. Notre société occidentale profite d'importations à des prix défiant toute concurrence de produits de consommation, alimentaires ou autres, provenant de pays en voie de développement ou émergents. Très souvent, ces pays en voie de développement exportent des denrées alimentaires alors que la population locale ne mange pas à sa faim ou est exploitée économiquement. Cette considération doit nous faire réfléchir sur ces problèmes d'asile économique toujours plus importants.
Une vigilance à la frontière ainsi que des règles éthiques, sociales et environnementales pour l'importation de denrées alimentaires sont deux moyens d'éviter un afflux inconsidéré de demandeurs d'asile dans notre pays.

Marra Ada (S, VD): Monsieur Grin, vous avez utilisé le mot "invasion", qui est quand même un gros mot! Il y a 6000 Tunisiens qui sont arrivés à Lampedusa - sur une population de 10 millions d'habitants. Donc, étant donné un rapport de 6000 personnes à 10 millions de personnes, où voyez-vous le signe d'une invasion de réfugiés en Suisse ou en Europe?

Grin Jean-Pierre (V, VD): Le terme "invasion" est peut-être un mot fort. Néanmoins, il n'y a pas seulement la Tunisie, car tous les autres pays d'Afrique du Nord sont concernés. Au moment où tous ces pays nous enverront un certain nombre de réfugiés, surtout économiques, il est vrai que ce sera difficile, car nos lieux d'accueil dans les cantons et les communes sont déjà saturés. On a pu le constater lors de l'émission "Infrarouge", où tout le monde était d'accord pour admettre que ces lieux d'accueil étaient déjà saturés. Donc, il sera difficile d'accueillir ne serait-ce que quelques milliers de réfugiés supplémentaires.

Hodgers Antonio (G, GE): Monsieur Grin, vous avez surtout parlé des réfugiés économiques, qui ne sont pas, par définition, des réfugiés. Mais qu'en est-il de vos considérations sur les réfugiés politiques, à savoir les gens qui risquent physiquement leur vie s'ils restent dans leur pays? Que leur proposez-vous?

Grin Jean-Pierre (V, VD): Monsieur Hodgers, je l'ai dit clairement: on doit faire des contrôles à la frontière, trier les réfugiés politiques dont l'intégrité corporelle est menacée dans le pays dont ils viennent, et ceux-là doivent être accueillis! Mais, malheureusement, on a encore beaucoup trop de réfugiés économiques.

Haller Vannini Ursula (BD, BE): Sehr geehrter Herr Grin, ist es nicht ein Widerspruch, wenn Sie fordern, dass sich die Schweiz mit finanziellen Mitteln vor Ort engagieren soll, nachdem die SVP bekanntlich letzte Woche eine Erhöhung der Entwicklungshilfe abgelehnt hat? Ist das nicht ein Widerspruch?

Grin Jean-Pierre (V, VD): Non, Madame Haller, je ne vois pas là de contradiction. Le groupe UDC s'est opposé à l'augmentation de l'aide publique au développement, puisque, dans le budget 2011, le montant qui lui est destiné atteint déjà 0,45 pour cent du revenu national brut. Ce que j'avais proposé - également dans le cadre du budget et que vous n'avez pas soutenu -, c'est d'augmenter le crédit alloué à l'aide alimentaire, à savoir à une aide directe, ciblée et qui va toujours à la bonne place, contrairement à l'aide financière.

Gross Andreas (S, ZH): Monsieur Grin, ne croyez-vous pas que les parlementaires ont la responsabilité d'utiliser des mots qui ne risquent pas de créer de fausses impressions chez les citoyens qui sont peut-être moins bien informés? Dans ce sens, il me semble que le mot "invasion" est totalement inapproprié dans notre contexte d'aujourd'hui.

Grin Jean-Pierre (V, VD): Pour le mot "invasion", je vous l'accorde. Mais on a quand même un risque important de demandes d'accueil de réfugiés économiques. L'invasion doit être comprise au niveau des réfugiés économiques. Et je l'ai dit: notre pays doit rester une terre d'accueil pour les réfugiés politiques.

Lang Josef (G, ZG): Jahrzehntelang wurde die arabische, insbesondere die arabisch-muslimische Welt als demokratieunfähig hingestellt. Und jetzt erleben wir einen arabischen Völkerfrühling - auch ein Frühling kennt dunkle Wolken -, einen Völkerfrühling, der viele Gemeinsamkeiten mit 1989 und 1789 hat, vor allem aber mit dem europäischen Völkerfrühling von 1848.
Damals reagierte der Freisinn, indem er all die demokratischen Aufstände freudig begrüsste und Zehntausende von Flüchtlingen aufnahm, und heute gibt es einen freisinnigen Vorstoss, der mit keinem Wort die Demokratie erwähnt und den beschämenden Titel "Die Schweiz muss sich für die Flüchtlingswelle wappnen" trägt. Da ist der Liberalismus in der Hitze des Nationalismus verdampft. Auch beim Vorstoss der CVP/EVP/glp-Fraktion, wo von "Migrationsströmen" - auch ein Unwort! - die Rede ist, sucht man vergeblich nach christlichen und demokratischen Werten. Bei der SVP-Fraktion ist vor allem eines auffällig: Sie sieht im allfälligen Sturz von Muammar Ghaddafi ein Problem und nicht eine Chance.
Es ist eine Schande, dass die Schweiz in den letzten Jahren und Jahrzehnten den arabischen Despoten, auch Ghaddafi Waffen, Munition und Bunker geliefert hat. Und, geschätzte Kollegen der SVP, es hat dumme Worte von links gegenüber gewissen Regimes gegeben, aber die Leute werden heute mit richtigen Waffen ermordet, die mit Ihrer Unterstützung in diese Länder geliefert worden sind. Es ist beschämend,

AB 2011 N 426 / BO 2011 N 426
dass der Bundesrat heute in seiner Antwort versucht, die Folgen dieser Waffenlieferungen zu verharmlosen, indem er fälschlicherweise sagt, diese Waffen seien für innere Einsätze nicht einsetzbar. Laserzielgeräte für Maschinenpistolen zuhanden der Nationalgarde von Bahrain, Gewehrersatzteile für Ägypten, Handgranaten für die Emirate, selbst die Flab-Geschütze für Saudi-Arabien sind gegen innere Aufstände einsetzbar!
Vergleichen Sie die beschönigenden Antworten des Bundesrates zur Ruag- und zur Blattmann-Beteiligung an der Waffenmesse in Abu Dhabi mit folgendem Zitat aus der gestrigen "Neuen Zürcher Zeitung": "Die seit einigen Monaten im Scheinwerferlicht stehenden Länder Nordafrikas sowie die Nahostregion sind zu interessanten Absatzmärkten für die Waffenhersteller geworden. Dank Einnahmen aus der Erdölindustrie und zunehmenden regionalen Spannungen hat die Nachfrage kräftig zugenommen." Ich muss der "NZZ" zugestehen, dass sie das kritisch gemeint hat.
Statt Waffen zu liefern, soll die Schweiz zivile, humanitäre, politische, wirtschaftliche Solidarität üben. Damit aus dem Völkerfrühling ein Demokratiesommer wird, braucht es eine Art Marshallplan; daran soll sich die Schweiz beteiligen. Friede und auch Demokratie kommen billiger als Konflikte und Kriege, und vor allem sind es Letztere, die Menschen dazu zwingen, ihre Länder zu verlassen.

Leutenegger Oberholzer Susanne (S, BL): Die Schweiz rühmt sich, die besten Gesetze gegen die Geldwäscherei zu haben. Aber die Realität sieht anders aus. Wir sind offenbar nicht weiter als in den Achtziger- und Neunzigerjahren des letzten Jahrhunderts. Wenn irgendwo auf der Welt ein Diktator gestürzt wird, wenn Völker gegen diktatorische Regimes für ihre demokratischen Rechte kämpfen, werden immer Schweizer Bankverbindungen bekannt.
Inzwischen hat der Bundesrat Vermögenswerte aus dem Umfeld der Clans von Ghaddafi, Ben Ali und Mubarak gesperrt. Das ist lobenswert, Frau Bundespräsidentin, Sie haben rasch gehandelt, aber man fragt sich, wieso diese Gelder überhaupt in der Schweiz sind. Denn nach geltendem Recht müssen die Finanzintermediäre bei politisch exponierten Personen eine erhöhte Sorgfalt anwenden. Sie müssen sich vergewissern, dass diese Gelder legal erworben worden sind. Wenn wir nun beispielsweise diese Vermögen anschauen: Das Vermögen von Ben Ali wird auf über 20 Milliarden Franken geschätzt, jenes von Hosni Mubarak auf 40 Milliarden Franken und dasjenige des Ghaddafi-Clans auf 120 Milliarden Franken. Es ist offensichtlich, und alle Spezialisten sagen das: Es ist unmöglich, in zwei Jahrzehnten derartige Vermögenswerte legal zu äufnen. Der Verdacht liegt auf der Hand, dass es sich hier um Korruption und Plünderung von Staatskassen handelt; das meint z. B. auch der Geldwäschereispezialist Mark Pieth, er hat das auch öffentlich mehrfach gesagt. Das war auch in der Schweiz bekannt. Wenn sich exponierte Personen an ihrem Staat unrechtmässig bereichern, ist das Diebstahl am Volk; diesen Ländern wird Kapital entzogen, das sie für ihre Entwicklung brauchen, und darunter leiden vor allem die Frauen und die Kinder. Die Schweiz hat ein fundamentales Interesse daran, dass keine Vermögen krimineller Herkunft auf den Schweizer Finanzplatz fliessen.
Wir müssen den Zustrom der Potentatengelder frühzeitig stoppen. Das verlangt auch eine wirksame Entwicklungspolitik. Deshalb verlangt die SP jetzt, und ich sage das auch an die Adresse von Herrn Fluri, eine Verschärfung des Geldwäschereigesetzes und des Vollzuges. Der Geltungsbereich muss z. B. auf den Liegenschaftsmarkt ausgedehnt werden. Die Meldeschwelle muss herabgesetzt werden. Die Finma muss die Aufsicht über die Finanzintermediäre verstärken. Wenn die Selbstregulierung versagt, braucht es klar eine Bewilligungspflicht für die Annahme von Geldern politisch exponierter Personen. Zu einer glaubwürdigen Weissgeldstrategie gehört ganz klar eine wirksame und frühzeitige Abwehr von illegalen Potentatengeldern.
Der Schweizer Finanzplatz darf nicht länger Tresor für amtierende Despoten und Diktatoren sein. Dafür muss sich auch der Bundesrat einsetzen. Nach seiner Antwort zur Interpellation - der Bundesrat sagt, er erachte eine Änderung des Geldwäschereigesetzes als nicht erforderlich - muss ich sagen: Ich bin nicht befriedigt von der Antwort auf die Interpellation.

Fluri Kurt (RL, SO): Frau Leutenegger Oberholzer, haben Sie ganz am Schluss der Antwort des Bundesrates gelesen, dass eine rückwirkende Analyse gemacht wird und dann die Frage beantwortet wird, ob eine Gesetzesrevision notwendig ist oder nicht? Ist Ihnen auch bewusst, dass der Bundesrat noch nicht gesagt hat, sie sei nicht nötig?

Leutenegger Oberholzer Susanne (S, BL): Ich habe die Antwort sehr sorgfältig gelesen. Ich habe auch die Gesetze und die Verordnungen zum Vollzug des Geldwäschereigesetzes gelesen; Sie kennen diese auch. Es ist offensichtlich, und alle Geldwäschereispezialisten sagen das: Wenn Potentaten Milliardenvermögen anhäufen, ist es völlig klar, dass diese Gelder nicht legaler Herkunft sein können. Sie wissen es selber, auch Korruption ist einer der Tatbestände, die mit dem Geldwäschereigesetz und mit dem Strafgesetzbuch bekämpft werden, und daraus schliesse ich, schliessen wir und schliessen alle, die sich mit dieser Materie befassen, dass der Vollzug in der Schweiz nicht funktioniert, dass die Finanzintermediäre ihre Aufgabe nicht wahrgenommen haben und dass es gesetzliche Änderungen braucht. Ich bin überzeugt, dass auch der Bundesrat zu diesem Schluss kommen muss, wenn er wirksam für einen sauberen Finanzplatz sorgen will.

Humbel Ruth (CEg, AG): Die unbeschreibliche Naturkatastrophe in Japan hat die blutigen politischen Umwälzungen in Nordafrika aus den Schlagzeilen verdrängt. An beiden Orten spielen sich unvorstellbare humanitäre Tragödien ab, ausgelöst durch Naturgewalten in Japan und durch einen menschenverachtenden Despoten in Libyen. Unsere Gedanken und unser Mitgefühl gelten der leidenden Bevölkerung in Japan und in Nordafrika.
Es ist beschämend, wie das Leiden der Menschen für politische Eigeninteressen missbraucht wird, sei es mit der hiesigen Kernenergie-Panikmache oder mit der Angstkampagne gegen drohende Flüchtlingsströme. Statt Nabelschau zu betreiben, primär den GAU bei unseren AKW herbeizureden und, wie wir es heute tun, zu debattieren, wie unsere Landesgrenze gegen afrikanische Flüchtlinge dichtgemacht werden kann, müssen wir uns überlegen, wie wir den wirklich Betroffenen helfen können.
Die Menschen in den nordafrikanischen Staaten kämpfen für Demokratie, für Arbeitsplätze und gegen Korruption. Sie kämpfen für Werte, welche zu unserer Gesellschaft gehören und unserem politischen System eigen sind. Diese Menschen brauchen unsere Solidarität. Solidarität bedeutet nicht, unbegrenzt Flüchtlinge ins Land zu holen. Solidarität bedeutet Hilfe vor Ort, Unterstützung der Zufluchtsländer, eine enge Zusammenarbeit mit den Schengen/Dublin-Staaten sowie nötigenfalls die Aufnahme von Flüchtlingen.
Über 200 000 Menschen sind aus Libyen nach Ägypten und Tunesien geflüchtet, in Länder, welche selber mitten in politischen Umwälzungen stehen und in denen teilweise prekäre Verhältnisse herrschen. Die Schweiz muss sich da engagieren, humanitär und wirtschaftlich. Im Gegensatz zu unserer alternden Gesellschaft ist die Bevölkerung Nordafrikas sehr jung. Die Menschen wollen eine Zukunft, sie suchen Arbeit. Sie müssen in ihrem Heimatland wirtschaftliche Perspektiven erhalten und ein Auskommen finden. Dazu braucht es Unternehmungen, welche bereit sind, in diesen Staaten zu investieren und für Einheimische Arbeitsplätze zu schaffen. Eine Unterstützung solcher Projekte mit Geldern der Entwicklungshilfe ist zu prüfen.
Es geht aber auch um die Solidarität im Schengen-Raum, primär mit dem Erstzufluchtsland Italien. Der Bundesrat schreibt in seiner Antwort auf die Interpellation der CVP/EVP/glp-Fraktion: "Ob das heutige Dublin-System einer Belastungsprobe standhalten wird, in der einzelne Staaten von einem ausserordentlichen Anstieg der Migration über ihre

AB 2011 N 427 / BO 2011 N 427
Belastungsgrenze hinaus ungleich stärker betroffen sind als andere, lässt sich zurzeit nicht abschätzen." Die CVP/EVP/glp-Fraktion ist klar der Meinung, dass Schengen/Dublin konsequent und europäisch koordiniert umgesetzt werden muss. Wir grenzen an Italien, und wie alle Schengen/Dublin-Staaten müssen wir Italien unterstützen. Italien braucht Hilfe bei der Erfassung der Migrantinnen und Migranten wie auch bei der Behandlung von Asylanträgen. Kommt es zu einem grossen Strom von Asylsuchenden, ist eine proportionale Aufteilung auf die Schengen/Dublin-Staaten zu prüfen. Die Schweiz hat beim Schengen/Dublin-Recht zwar kein formelles Mitentscheidungsrecht, aber ein gestaltendes Mitspracherecht. Dieses muss vom Bundesrat genutzt werden. Wir würden von der Frau Bundespräsidentin gerne noch einige Ausführungen in Ergänzung zur Interpellationsantwort erhalten.

Schlüer Ulrich (V, ZH): Der frappierendste Satz in der Antwort, die der Bundesrat an die SVP-Fraktion geschrieben hat, ist wohl der: "Mit Italien funktioniert die Anwendung des Dublin-Abkommens grundsätzlich gut." Wenn Sie wenigstens auf Ihre Kolleginnen und Kollegen in der EU gehört hätten, dann wüssten Sie, dass diese feststellen, dass Italien ankommende Flüchtlinge ja gar nicht registriert. Natürlich kann man sagen, in den vereinzelten Fällen, in denen Italien registriert hat, seien die Bedingungen eingehalten worden, aber dass man Tausende durchlässt, ohne sie zu registrieren, das ist doch das grosse Problem. Ich meine, bei aller Theatralik, mit der sich die Linke hier von Ex-Genossen verabschieden zu können glaubt, ist die Frage an den Bundesrat zu stellen: Funktioniert heute Schengen/Dublin, oder funktioniert es nicht? Ist es nur für liebliche Sonntagnachmittage geschaffen worden, an denen nichts passiert, oder ist Schengen/Dublin geschaffen worden für Zeiten, in denen effektiv Probleme zu lösen sind?
Der Bundesrat muss sich gleichzeitig fragen lassen: Hat er Schengen/Dublin dem Volk zur Annahme empfohlen, weil damit die Sicherheit des Landes verbessert wird, oder nur, weil der Bundesrat bei der Europäischen Union gut dastehen, glänzen wollte? Diese Frage ist hier zu beantworten. Man will, das ist auch das Bekenntnis des Bundesrates, die Flüchtlingsprobleme in Europa in kollektiver Verantwortung lösen. Die kollektive Verantwortung ist bis heute aber bloss ein Papiertiger; sie funktioniert nicht. Sie hat in Griechenland nicht funktioniert, sie hat in Malta nicht funktioniert, sie funktioniert heute nicht in Frankreich und vor allem nicht in Italien.
Da stellt sich nun einfach die Frage: Wie erfüllt der Bundesrat sein Versprechen der Bevölkerung gegenüber, dass er mit dem Beitritt zu Schengen und Dublin die Sicherheitslage im Lande verbessern wolle? Dafür ist jetzt der Tatbeweis gefragt. Es reicht nicht, die Probleme herunterzuspielen. Die erste Frage ist: Funktioniert Schengen/Dublin, oder funktioniert es nicht? Und die zweite Frage lautet: Welche Konsequenzen zieht der Bundesrat, wenn auch er feststellen muss, dass das System nicht funktioniert, dass die Registrierung von Flüchtlingen an der Schengen-Aussengrenze nicht stattfindet, sodass Flüchtlinge dann, wenn sie trotzdem nach Europa hereingelassen werden, völlige Bewegungsfreiheit haben, bis sich dann irgendjemand mit ihnen als Problem beschäftigen muss?
Die Frage ist: Funktioniert Schengen/Dublin, oder funktioniert es nicht, und was tut der Bundesrat, wenn wir feststellen müssen, dass Schengen/Dublin nicht funktioniert? Darauf erwarten wir eine Antwort.

Marra Ada (S, VD): Il faut d'abord faire un constat et adresser des félicitations. En effet, en ce début de débat, tout le monde est d'accord sur deux éléments essentiels. Premièrement, il n'y a pas d'invasion de demandeurs d'asile ou de réfugiés - même les représentants du groupe UDC ont dû l'admettre. Deuxièmement, il faut féliciter - au moins ce débat aura servi à cela! - Madame la présidente de la Confédération Calmy-Rey et Madame la conseillère fédérale Sommaruga.
La première s'est mise d'accord sur un plan d'attaque, et tous les groupes sont d'accord: il faut d'abord aider les gens sur place - c'est ce qui a été fait, avec des millions de francs consacrés à des programmes pour les réfugiés, comme nous l'ont demandé l'Organisation internationale de la migration et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, pour des plans futurs concernant l'économie, la politique, le social, la situation bien particulière des femmes.
La deuxième a anticipé: elle est allée en Europe, elle a discuté avec les pays européens et, au cas où il y aurait une invasion - je suis bien sûr ironique dans mon emploi du terme "invasion" -, il faudrait prendre des mesures pour se partager l'éventuel afflux d'immigrés en Europe.
Pour ces deux choses, je félicite sincèrement - et j'espère le faire au nom du Parlement - le Conseil fédéral, qui ne nous a pas attendus, avec nos déclamations et nos slogans, pour prendre des mesures.
Per quanto riguarda la migrazione non si deve essere ideologici. La prima costatazione è quella che l'onda di profughi in Europa non c'è stata. Per ora sono più o meno 8000 persone, su 10 milioni di tunisini, che sono arrivate in Italia e che sicuramente hanno lo scopo di andare in Francia, dove hanno parenti - perché è così che funziona la migrazione: la gente raggiunge i familiari. Si verifica così anche il fatto che le persone che hanno avuto il coraggio di lottare per le proprie libertà vogliono rimanere nel loro Paese per costruire le basi di una nuova vita.
È comunque giusto pensare a come affrontare la migrazione di massa. Se quest'ipotesi dovesse verificarsi - finora, lo ripeto, non si è verificata - i Paesi europei devono chiarire insieme il numero di persone che ogni Paese può accogliere.
Les demandes d'asile devront être régulièrement traitées et étudiées selon le système actuel - Monsieur Hiltpold l'a dit. Mais, une fois encore, cette hypothèse d'une arrivée en masse paraît improbable.
Il y a en tout cas une attitude à ne pas avoir, c'est celle qui consiste à nier les faits et penser que, parce que nous mettrions des soldats aux frontières, les gens n'arriveraient pas. Pour éviter la migration clandestine, il faut au contraire la reconnaître et l'encadrer.

Vischer Daniel (G, ZH): Wir erleben im arabischen Raum eine politische Revolution, die niemand vorausgesehen hat und die viele nicht gewollt haben, die Mächtigen im Westen nicht, weil sie das Schreckgespenst der Muslimbrüder an die Wand malten, die Potentaten dort nicht, weil sie das Volk fürchteten. Man hat es nicht vorausgeahnt. Die Welt ist in Bewegung. Sie wird nicht mehr sein wie vorher.
Heute stehen sich gewissermassen zwei Lager gegenüber: diejenigen, die sagen, Europa müsse sich noch mehr abschotten, müsse das Geld horten, das hier sei, und diejenigen, die sagen, diese Revolution sei auch ein Mahnfinger für uns, denn die Milliarden, die wir hier horteten, hätten diese Potentatenregime begünstigt, also müssten wir hier Änderungen vornehmen. Diese Revolution ist auch eine soziale Revolution; das vergessen viele. Soziale Revolution heisst unabhängige Wirtschaftsentwicklung. In diesem Sinne brauchen wir nicht einen Marshallplan, in dem der Westen sagt, was diese Länder zu tun haben, sondern wir brauchen uneigennützige Wirtschaftshilfe. Vergessen wir nicht: Wir als Touristinnen und Touristen verbrauchen Wasser, das den Massen in Ägypten und Tunesien nicht zur Verfügung steht. Auch unser Verhalten verursacht indirekt das, was Sie despektierlich Wirtschaftsflüchtlinge nennen. Wirtschaftsflüchtlinge kommen auch, weil die westliche Politik auf Geldhorten angelegt ist, weil sie nicht echte Unterstützung in wirtschaftlichen Angelegenheiten leistet, weil sie Demokratie nicht echt fördert.
Der Bundesrat hat nicht alle Fragen bezüglich Geldwäscherei zufriedenstellend beantwortet. Wir fragen uns: Wie konnten solche Milliardenvermögen überhaupt hier landen? Können sie immer noch hier landen? Und wir fragen: Warum werden Mubarak und Ghaddafi bezüglich des Zeitpunktes, in dem die Gelder gesperrt wurden, anders behandelt? Frau Bundespräsidentin, ich bin gespannt auf Ihre Antwort.

AB 2011 N 428 / BO 2011 N 428

Rickli Natalie Simone (V, ZH): Die Schweiz ist unter den europäischen Staaten in den letzten drei Jahren zu einem eigentlichen Magneten für Asylbewerber geworden. Schuld ist die viel zu lasche Asylpolitik. Dies beweist eine Studie des Internationalen Zentrums für Migrationsentwicklung in Wien. Diese Organisation hat die Schweizer Asylpraxis im Auftrag des Bundesamtes für Migration überprüft, und sie ist zu alarmierenden Schlüssen gekommen: In unserem Land ist die Zahl der Asylgesuche seit 2008 förmlich in die Höhe geschnellt, nämlich von etwa 10 000 auf 16 000. Nach der Abwahl von Bundesrat Blocher herrschte wieder der alte Schlendrian. Während etwa Dänemark und Grossbritannien im gleichen Zeitraum die Zahl der Asylanträge durch verschärfende Massnahmen deutlich senken konnten, gibt es in der Schweiz 2,1 Asylanträge auf 1000 Einwohner. In Grossbritannien sind es 0,74 und in Dänemark 0,84 Asylanträge auf 1000 Einwohner.
Personen aus Eritrea, aus Irak und aus Somalia stehen bei uns an der Spitze der Asylstatistik. Die jungen Männer aus Eritrea dürfen sogar wegen Dienstverweigerung Asyl beantragen. Plötzlich gibt es unglaublich viele angebliche Dienstverweigerer, die angeblich aus Eritrea stammen. Skandalöserweise erhalten sie nach ihrer vorläufigen Aufnahme ein Schweizer Visum, das ihnen die Rückreise nach Eritrea erlaubt. Offenbar reisen sie dort völlig sicher vor jeder Verfolgung ein. Die Geschichte von der gefährlichen Dienstverweigerung erweist sich als Märchen.
Frau Bundespräsidentin Calmy-Rey, in der Fragestunde vom Montag hat das EJPD bestätigt, dass vorläufig Aufgenommene, beispielsweise aus Eritrea stammend, in ihr Herkunftsland zurückreisen können. Ich frage Sie deshalb: Wie viele Dienstverweigerer, die vorläufig aufgenommen worden sind, sind nach Eritrea zurückgereist? Und generell: Wie viele vorläufig aufgenommene Personen reisen problemlos in ihre Herkunftsländer zurück, in denen sie angeblich verfolgt werden?
Nun sollen also neben dem bisherigen Asylbewerberstrom auch noch Libyer, Tunesier und Ägypter als Flüchtlinge in die Schweiz strömen. Flüchtlinge aus Bürgerkriegsregionen werden bei uns in der Regel vorläufig aufgenommen. Sie haben damit Anrecht auf Sozialhilfe. Ehepartner und Kinder werden ebenfalls als Flüchtlinge anerkannt. Es ist zu befürchten, dass die Schweiz das Asylrecht auch im Fall der Asylbewerber aus Nordafrika wieder viel larger anwenden wird als die übrigen europäischen Staaten. Damit entsteht erneut eine Sogwirkung. Die Flüchtlinge werden hauptsächlich nach Frankreich, Deutschland und in die Schweiz drängen. Die europäischen Südstaaten werden wie bislang möglichst wenige von ihnen registrieren und sie raschestmöglich nach Norden schicken. Es ist vorauszusehen, dass es einmal mehr hauptsächlich junge Männer sein werden, die sich bei uns als Flüchtlinge melden, denn die Ärmsten der Armen können sich die Schlepper nicht leisten, sie können sich gar nicht auf den Weg machen. So gesehen sind es immer die Falschen, die es bis nach Europa schaffen. Weil es auch bei uns mit ihrer meist niedrigen Qualifikation nicht zum beruflichen Einstieg reicht, werden sie rasch zu Problemfällen. Wegen ihres kulturellen Migrationshintergrundes und losgelöst von der Kontrolle ihrer familiären Strukturen werden sie überdurchschnittlich rasch kriminell.
Die Zahlen sprechen eine deutliche Sprache. Die Schweiz ist in Sachen Asyl weit grosszügiger als fast alle EU-Staaten. Irgendwann stösst selbst unsere Solidarität an Grenzen. Solange die übrigen europäischen Staaten nicht annähernd den Anteil an Ausländern, Asylbewerbern und anerkannten Flüchtlingen aufweisen wie wir, ist es nicht an uns, die Grenzen für alle zu öffnen.

Marra Ada (S, VD): Madame Rickli, vous avez parlé de 16 000 demandes d'asile déposées en 2008. Savez-vous que seul 0,2 pour cent des demandes est accepté, autrement dit que la Suisse n'accepte que 80 demandes environ par année? Ce sont des chiffres tout à fait corrects et même plus bas que ceux du Danemark notamment, pour prendre un pays membre de l'Union européenne.

Rickli Natalie Simone (V, ZH): Das zeigt ja eben genau, dass der grösste Teil der Flüchtlinge, die in unser Land kommen, eben keine richtigen Flüchtlinge sind, sondern Wirtschaftsflüchtlinge. Die Zahlen sprechen für sich.

Lustenberger Ruedi (CEg, LU): Neben all dem teilweise hochstehenden geopolitischen Philosophieren hier vorne stelle ich gerade bei Kontakten mit Behördenmitgliedern in den Gemeinden und den Kantonen immer wieder fest, dass dort eine grosse Besorgnis hinsichtlich der Entwicklungen herrscht, über die wir heute diskutieren. Dabei höre ich immer wieder die gleichen Fragen, beispielsweise: Hat der Bund ein Konzept für die Unterbringung, wenn innert kurzer Zeit eine grosse Anzahl Flüchtlinge aus den Maghreb-Staaten in unser Land kommt? Wo und wie können diese Menschen bei uns untergebracht werden? Welche Hilfestellungen kann und will der Bund den Kantonen und den Gemeinden in dieser Situation leisten? Ist es beispielsweise möglich, dass für eine beschränkte Zeit bundeseigene Immobilien für diese Unterbringung bereitgestellt werden können? Ist der Bund auch vorbereitet, wenn es einmal darum geht, eine konsequente Rückführung zu organisieren, wenn sich die Lage im Maghreb beruhigt hat und dort wieder Friede eingekehrt ist?
Frau Bundespräsidentin, diese Fragen würden sich ja in erster Linie an die Vorsteherin des Justiz- und Polizeidepartementes richten. Ich habe selbstverständlich Verständnis, dass Frau Bundesrätin Sommaruga heute im Ständerat engagiert ist und dort ihre Vorlagen zu vertreten hat. Aber gleichwohl hätten wir es geschätzt, wenn man die Traktandenliste so hätte gestalten können, dass Frau Sommaruga als Bundesrätin, die für die Umsetzung der grossen Fragen zuständig ist, hier anwesend wäre.

Lang Josef (G, ZG): Geschätzter Kollega Lustenberger, Sie haben vorhin gesagt, Sie wollten sich nicht in den Höhen der Philosophie bewegen. Ihre Partei hat einen Anspruch, der noch höher ist als philosophisch, er ist theologisch. Ihre Partei nennt sich christlich. Ich würde gerne von Ihnen wissen, was Ihre konkrete Argumentation zu einem Ereignis, das nicht einfach etwas Alltägliches ist, mit dem hohen C-Anspruch Ihrer Partei zu tun hat.

Lustenberger Ruedi (CEg, LU): Herr Kollega Lang, ich habe in Absprache mit meiner Fraktion den Part übernommen, heute hier die konkreten Fragen vorzutragen, die sich auf Gemeinde- und Kantonsebene stellen. Wenn Sie die christliche Ethik oder das christliche Gedankengut ansprechen, dann kann ich Ihnen sagen: Die CVP hat noch nie in irgendeiner Art und Weise eine Asylverweigerung postuliert oder eine solche gegenüber Menschen durchgesetzt, die an Leib und Leben gefährdet sind. Diese Haltung unserer Partei ist eindeutig, ist klar. Was wir allerdings auch immer wieder betont haben, ist Folgendes: Überall dort, wo grosszügig Hilfe geleistet wird, wie auch wir das postulieren, ist ein Stück weit auch die Türe für Missbräuche offen, und diese Missbräuche bekämpfen wir.

Fässler-Osterwalder Hildegard (S, SG): Auf die vierte Frage in der dringlichen Interpellation der SP-Fraktion antwortet der Bundesrat: "Die Schweiz verfügt im Hinblick auf Regimes, die die Grundrechte der zivilen Bevölkerung verletzen, über wirksame Instrumente wie den Menschenrechtsdialog, Uno-Sanktionen, aber auch die Blockierung von Vermögenswerten von Diktatoren und ihrem Umfeld." Damit wird die Frage nach einer anderen Aussen- und Aussenwirtschaftspolitik gegenüber Gewaltherrschaften als gegenüber demokratischen Staaten nicht beantwortet. Die Schweiz darf nicht nur im Nachhinein mit Sanktionen und Blockierungen reagieren, sondern sie muss generell ihre staatlichen Beziehungen zu autokratischen Ländern überdenken. Das gilt zum Beispiel für den Abschluss von DBA und Freihandelsabkommen, und da möchte ich daran erinnern, dass wir ein Doppelbesteuerungsabkommen mit Nordkorea paraphiert

AB 2011 N 429 / BO 2011 N 429
haben - mit Nordkorea, einem Regime des Hungers. Ich möchte davor warnen, dieses Abkommen zu unterzeichnen.
Ich erwarte vom Bundesrat zwei konkrete Massnahmen:
1. Den Beitritt der Schweiz zum Uno-Übereinkommen gegen die Anwerbung, den Einsatz, die Finanzierung und die Ausbildung von Söldnern. In Libyen setzt der Diktator Ghaddafi der demokratischen und sozialen Protestbewegung Söldner entgegen, die er im Ausland angeheuert hat. Diese lassen sich weit gefügiger als ordentliche einheimische Sicherheitskräfte im brutalen Unterdrückungskrieg gegen die eigene Bevölkerung einsetzen. Das Söldnertum hat in Libyen eine lange Tradition - ein Unikum in Nordafrika. Die momentane bittere Erfahrung zeigt, welche verheerenden Folgen von Söldnertruppen ausgehen. Die Uno-Generalversammlung hat deshalb am 4. Dezember 1989 die Internationale Konvention gegen die Anwerbung, den Einsatz, die Finanzierung und die Ausbildung von Söldnern verabschiedet. Diese Konvention ist seit 2001 in Kraft. Heute gehören ihr 32 Staaten an, darunter Belgien und Italien. Zehn weitere Staaten haben sie unterzeichnet, zum Beispiel Deutschland. Es ist dringend, dass wir hier auch mitmachen.
2. Ein sofortiges Verbot von Kriegsmaterialexporten in Autokratien. Der Katalog der Ausschlusskriterien der Kriegsmaterialverordnung setzt den Verfassungsauftrag zur Förderung der Demokratie, den der Bundesrat in seiner Antwort auch zitiert, nicht um. Die aktuelle Verordnung schliesst die Belieferung von Autokratien nicht aus. Saudi-Arabien zum Beispiel ist seit Jahren ein wichtiger Empfängerstaat von Schweizer Kriegsmaterial.
Ich möchte auf den Besuch von André Blattmann in den Vereinigten Arabischen Emiraten nicht mehr eingehen. Dass dieser Besuch grundfalsch war, ist völlig klar. Wir sollten aufhören, mit Potentaten Rüstungsgeschäfte anzubahnen oder sie gar einzugehen, denn das widerspricht unserer Verfassung.

Nidegger Yves (V, GE): Je crois que nous avons un ou plusieurs problèmes de vocabulaire. Le mot "réfugié" a une définition en droit international qui n'a pas grand-chose à voir avec l'idée de migrants venant du sud vers le nord en quête de conditions matérielles de vie meilleures. Quant au mot "potentat", il est tellement vague dans sa définition qu'il permet à la Suisse d'avoir à son propos une politique totalement cynique.
Je vous rappelle d'abord qu'à la session d'automne nous avons adopté une loi sur la restitution des avoirs illicites qui devait permettre - enfin - au Conseil fédéral de ne plus avoir à agir sur la seule base du droit d'urgence, c'est-à-dire sans base légale, et dont le maître mot était la subsidiarité. Une subsidiarité qui n'a pas résisté à l'appétit de se pousser sur le devant de la photo pour être le premier dans l'histoire à bloquer "quelque chose de tunisien" lorsqu'il y a eu des manifestations là-bas. "Quelque chose", soit à peu près n'importe quoi, car je vous rappelle que l'ordonnance du 19 janvier 2011 instituant des mesures à l'encontre de certaines personnes originaires de la Tunisie a été modifiée le 4 février sous deux aspects: tout d'abord 23 noms sur les 48 que comporte l'ordonnance aujourd'hui avaient été omis par la Suisse. C'est dire que la moitié des personnes visées - des cibles qui étaient considérées comme telles par les Tunisiens, dont on n'a pas attendu qu'ils demandent de l'aide pour les aider malgré eux -, ont disposé de quinze jours pour s'organiser et prendre leurs dispositions avec leurs éventuels avoirs qu'elles auraient eus en Suisse; c'est un effet de surprise à la Rantanplan! Le deuxième aspect du problème, c'est que cinq personnes qui n'avaient rien à voir avec le régime incriminé ont été qualifiées de potentats, avec des conséquences économiques pour elles qui font qu'elles doivent aujourd'hui attaquer le Conseil fédéral en réparation.
Il y a eu ensuite le cas de l'Egypte où l'on a également bloqué des comptes rapidement. On a vu passer à Genève un certain nombre de détenteurs de fortunes en provenance des pays du Golfe, venus interroger leurs banquiers sur la définition du mot "potentat". Sont-ils ou ne sont-ils pas des potentats? Doivent-ils déplacer tout de suite leurs avoirs à Singapour ou attendre encore?
Puis est arrivé le cas de la Libye. Et ce ne sont pas les avoirs des potentats que l'on bloque, mais les avoirs des potentats contestés. A tel point que si Monsieur Kadhafi devait l'emporter, on devrait se demander si la logique du Conseil fédéral ne le conduirait pas à bloquer ensuite les avoirs des rebelles qui ont, pendant un certain temps, détenu le contrôle sur une partie du territoire en tant que potentat. Sauf à considérer qu'être toujours du côté du plus fort serait une devise morale, l'attitude de la Suisse relève d'un pur cynisme. A vouloir être toujours dans le vent sans savoir où souffle celui de l'histoire, on s'abonne aux énergies renouvelables des erreurs et des bourdes à répétition.

Müller Philipp (RL, AG): Was zurzeit in Nordafrika passiert, geht uns alle an, sei es, weil wir emotional betroffen sind, sei es, weil wir früher oder später mit einer hohen Zahl von Asylsuchenden konfrontiert sein werden, sei es, weil uns bewusstwird, dass unsere Asylstrukturen für solche Fälle nicht gerüstet sind. Ende Februar 2011 befanden sich in der Schweiz nicht weniger als 37 000 Personen im Asylprozess, und dies ohne die Auswirkungen der Ereignisse, wie sie zurzeit in Nordafrika geschehen. Das muss uns zu denken geben. Zu denken geben muss uns auch, dass heute ein Asylverfahren durchschnittlich zwei bis drei Jahre dauert. Damit ist auch klar, dass der Vollzug eines negativen Entscheides praktisch unmöglich wird. Wir führen aufwendige Verfahren durch, nur um am Ende festzustellen, dass ein Vollzug kaum noch realisierbar ist. Wir nehmen zur Kenntnis, dass die Statistik der erledigten Gesuche letztlich das Produkt einer hohen Anerkennungsquote und einer ebenso hohen Zahl von vorläufig Aufgenommenen ist.
Die heutigen Asylstrukturen entsprechen dem Flüchtlingsbild der 1970er und 1980er Jahre. Sie sind den heutigen Anforderungen nicht mehr gewachsen. Die Reformunfähigkeit in diesem Bereich hat eine jahrelange Tradition. Wir schrauben am Gesetz und werden von der Entwicklung überholt; wir verschärfen das Gesetz und müssen feststellen, dass dies keine Auswirkungen auf den effektiven Vollzug hat. Wie immer wir zur Asylpolitik stehen, wir müssen anerkennen, dass wir heutigen Fluchtbewegungen nicht gewachsen sind. Reflexe werden zum Programm, ohne mittel- oder gar langfristige Perspektiven. Wir alle sind aufgefordert, die skandalös lange Dauer von Asylverfahren drastisch zu verkürzen. Wir sind gefordert, unser nostalgisches Flüchtlingsbild über Bord zu werfen. Wir sind gefordert, den heutigen Fluchtbewegungen mit aktualisierten Asylstrukturen und einer modernen Asylgesetzgebung gerecht zu werden. Vor allem aber ist die Exekutive, sind die Behörden gefordert, dem Willen des Gesetzgebers nachzuleben.
Die FDP-Liberale Fraktion hat konkrete Vorstellungen, wie den aktuellen Anforderungen begegnet werden soll. Im Vordergrund stehen dabei vier Punkte:
1. Erste Priorität hat ganz klar die Aussenhilfe. Wir helfen der Staatengemeinschaft vor Ort, Auffangzentren einzurichten, um die Flüchtlinge mit Lebensmitteln, Medikamenten und Kleidern zu versorgen. Wir unterstützen die Logistik, um Vertriebene in ihre Heimatländer zurückzubringen. Wir unterstützen die Dublin-Behörden vor Ort bei der Erstbefragung von in Süditalien gestrandeten Asylsuchenden.
2. Das Dublin-Abkommen ist konsequent umzusetzen. Die hierfür zuständigen EJPD- und EDA-Vorsteherinnen sind gehalten, das Dublin-Abkommen durchzusetzen, statt das falsche Signal auszusenden, die Schweiz sei zur Aufnahme von Flüchtlingen bereit.
3. Das Grenzwachtkorps ist zu verstärken; es ist personell aufzustocken und mit subsidiärer Hilfe der Armee zu verstärken. Eine Aufstockung muss bedarfsgerecht und nicht unter politischen Aspekten erfolgen.
4. Während eines laufenden Verfahrens sollen Asylsuchende sowohl in Krisen- wie auch in normalen Zeiten nicht auf die Kantone und Gemeinden verteilt werden. Ein Erstentscheid ist in Empfangs- und Aufenthaltszentren zu fällen, die vom Bund betrieben werden. Bei fehlenden

AB 2011 N 430 / BO 2011 N 430
Unterbringungskapazitäten des Bundes ist die Unterbringung in leerstehenden Truppenunterkünften zu prüfen.
Das sind die Vorstellungen, die die FDP-Liberale Fraktion zu diesem Thema hat, sei es auf die aktuellen, sei es auf die sogenannt normalen Verhältnisse bezogen.

Fehr Hans (V, ZH): Herr Kollege Müller, Sie haben soeben gesagt, wir seien für einen asylpolitischen Ansturm nicht gerüstet. Wie verträgt sich das mit der Tatsache, dass Sie hinausposaunt haben, es stünden allein im Militärbereich 7000 Betten bereit?

Müller Philipp (RL, AG): Ja, Herr Fehr, haben Sie jetzt nicht zugehört? Ich habe ein Vier-Punkte-Konzept dargelegt: Erste Priorität hat die Aussenhilfe. Ja, darum geht es - wenn Sie dreinreden und nicht zuhören wollen, dann kann ich ja die Übung abbrechen.
Die Priorität war ganz klar: Wir helfen vor Ort mit Logistik, wir helfen bei Erstbefragungen in Süditalien. Weiter habe ich gesagt, dass wir auch das Dublin-Abkommen nicht einfach wegschmeissen wollen, sondern wir wollen, dass es durchgesetzt wird. Erst in der vierten Priorität, wenn die Leute da sind, wollen wir keine Verteilung auf Kantone und Gemeinden, damit der Vollzug später möglich ist; das ist die vierte Priorität. Das habe ich genau gesagt.

Sommaruga Carlo (S, GE): Monsieur Müller, j'ai entendu votre concept fondé sur quatre points, mais je n'ai pas du tout entendu quelle politique votre parti comptait mener pour faire en sorte que le développement économique de ces pays maintienne les jeunes chez eux afin qu'ils puissent trouver un avenir dans leur pays.

Müller Philipp (RL, AG): Wenn Sie mir nochmals fünf Minuten Redezeit geben, Herr Sommaruga, kann ich Ihnen auch dieses Konzept noch darstellen.

Fehr Hans (V, ZH): Frau Bundespräsidentin, ich stelle fest, dass Sie heute eine neue Brille haben - ich habe Sie jedenfalls noch nie damit gesehen. Es ist eine schöne Brille, sie steht Ihnen gut, und ich hoffe, sie bringt Ihnen auch in dieser Frage einen noch besseren Durchblick.
Herr Vischer hat davon gesprochen, in Nordafrika sei eigentlich eine politische Revolution im Gang. Die "NZZ" hat vor Kurzem sehr gut geschrieben, es sei im Grunde genommen weder eine Demokratiebewegung noch eine politische Revolution, sondern eine Wohlstandsrevolution. Ich glaube, das trifft den Kern der Sache. Mit anderen Worten: Die Leute, die jungen Männer, haben keine Perspektive; sie wollen nach Europa, sie wollen eine ökonomische Perspektive, ein besseres Leben, und darum fallen sie nicht unter das Asylgesetz.
Aufgrund der Tatsache, dass das Internationale Zentrum für Migrationsentwicklung in Wien klargestellt hat, dass die Schweiz bei der Aufnahme von Asylbewerbern europaweit im Spitzenbereich liege und ein Magnet für Asylanten sei, können wir auch in Anbetracht des Nordafrika-Problems kühlen Kopf bewahren. Es nützt überhaupt nichts, wenn die SP nun versucht, auf "Aktivitis" zu machen, das Thema Potentatengelder zelebriert und sich über deren Weisswäscherei entsetzt. Dass Sie von der SP Demokratiebewegungen unterstützen wollen, ist ja gut und recht, aber da haben Sie ein Glaubwürdigkeitsproblem, weil Ihre Spitzenvertreter bis vor Kurzem genau zu diesen Diktatoren sehr gute Beziehungen hatten. Völlig falsch ist es auch, wenn man nun Einladungen und Signale nach Nordafrika sendet: Kommet her zu uns, die Türen sind offen, die Betten sind gemacht! Das ist ein falsches, ein gefährliches Signal. Ebenso falsch ist es, wenn Herr Müller sagt, 7000 Militärunterkunftsplätze seien bereit.
Im Wissen, dass es vor allem um junge Männer geht, sagt Frau Bundesrätin Sommaruga: Wir können euch zwar als Flüchtlinge nicht dabehalten, aber ihr jungen Männer aus Nordafrika könnt bei uns eine Ausbildung machen. Das zu sagen ist ebenso naiv wie verheerend, denn die Leute werden nicht mehr zurückgehen, das funktioniert nicht.
Libyen mag bezüglich Flüchtlingen eine Ausnahme sein. Da müssen wir zuerst schauen, wie sich die Dinge definitiv entwickeln. Wenn Ghaddafi an der Macht bleibt, kann es eine Anzahl Flüchtlinge, also an Leib und Leben Bedrohte, geben.
Die Schweiz hat nach Auffassung der SVP-Fraktion Folgendes zu tun:
1. Sie soll humanitäre Hilfe vor Ort leisten, mit dem Roten Kreuz, der Deza usw. Das ist eine wichtige Aufgabe, damit die Leute dort bleiben.
2. Wir müssen Schengen/Dublin unter allen Umständen durchsetzen, beides funktioniert heute nicht.
3. Weil wir kein Vertrauen in Schengen/Dublin haben, müssen wir unsere Grenze rigoros kontrollieren. Da gibt es gewaltige Defizite, vor allem an der Südgrenze. Es kommen ganze Züge, die nicht einmal zu zwanzig Prozent kontrolliert werden. Darum braucht es den Ausbau des Grenzwachtkorps zur Sicherung der Landesgrenze. Zudem muss dessen Verstärkung durch das Militär geplant werden. Wenn Asylbewerber an die Grenze kommen, soll man sie nicht an Kantone und Gemeinden verteilen, sondern die Abklärung rasch vor Ort vornehmen und jene, die keine Flüchtlinge sind, zurückschicken.

Ingold Maja (CEg, ZH): Herr Kollege, Sie haben diese Revolution in eine "Wohlstandsrevolution" umgetauft. Die SVP ist wirklich Künstlerin im Umdefinieren von Begriffen. Können Sie noch genauer begründen, inwiefern das eine "Wohlstandsrevolution" sein soll? Ich finde das skandalös.

Fehr Hans (V, ZH): Wenn Sie genau zugehört hätten, wüssten Sie, dass ich den Begriff "Wohlstandsrevolution" in einem Artikel in der "NZZ" vom 8. März 2011 gelesen habe. Geschrieben wurde er von einem intelligenten Mann. Dieser hat geschrieben: Natürlich wird heute die Revolution in Nordafrika als Demokratiebewegung verkauft, aber eine Revolution, mag man sie auch bewundern - ich verstehe das -, reisst zuerst einmal herunter; es ist nachher praktisch nichts mehr da, und es braucht einen mühseligen Aufbau der Strukturen. Die Leute haben ja kaum je etwas von Demokratie gehört; sie wollen Wohlstand, ein besseres Leben, sie leiden unter Arbeitslosigkeit, die Nahrungsmittelpreise werden immer höher, sie haben riesige Probleme ökonomischer Natur, und darum suchen sie ihr Heil in Europa.
Dafür ist unser Asylgesetz aber nicht geschaffen, da müssen wir andere Massnahmen ergreifen, mit der Europäischen Union, mit der Uno und der Weltgemeinschaft, sofern das funktioniert.

Fehr Hans-Jürg (S, SH): Die Volksaufstände in Nordafrika zwingen uns zu einer Standortbestimmung und zu einem Strategiewechsel in der Aussenpolitik, vor allem aber in der Aussenwirtschaftspolitik. Wir haben in unseren bilateralen Beziehungen bisher kaum Unterschiede zwischen Demokratien und Diktaturen gemacht. Wir haben tausendfache Menschenrechtsverletzungen hingenommen; wir haben gefälschte Wahlen und das Fehlen von Demokratie hingenommen; wir haben die obszöne Bereicherung einer korrupten und gewaltbereiten Elite bei fortschreitender Verarmung der Bevölkerung hingenommen. Natürlich haben wir das alles nicht begrüsst und nicht gut gefunden, aber wir haben es geduldet. Wir haben geduldet, was wir nicht hätten dulden dürfen, denn Dulden ist letztendlich eine stillschweigende Form von Unterstützung.
Damit muss Schluss sein, wir müssen zurück zu dem, was uns Artikel 54 der Bundesverfassung vorgibt. Dort ist ganz klar festgelegt: Aussenpolitik heisst, Armut zu bekämpfen, Frieden, Demokratie und Menschenrechte zu fördern, die Umwelt zu schützen. Die Verfassung verlangt in den Beziehungen zu anderen Ländern eine Strategie der Unterschiede, denn wenn wir Armut bekämpfen sollen, können wir nicht mit

AB 2011 N 431 / BO 2011 N 431
Regimes kooperieren, die die Armut vergrössern; wenn wir die Demokratie fördern sollen, können wir nicht mit Regimes kooperieren, die Demokratie unterbinden; wenn wir Menschenrechte fördern sollen, können wir nicht mit Regimes kooperieren, die sie ständig missachten.
Eine Strategie der Unterschiede zu verfolgen heisst konkret: Exportverbot für Kriegsmaterial, Importverbot für Potentatengelder, Fortsetzung der Entwicklungszusammenarbeit, Fortsetzung der humanitären Hilfe. Es heisst sogar: Ja zu Wirtschaftsabkommen, aber nur dann, wenn sie an soziale, ökologische und menschenrechtliche Bedingungen geknüpft sind. Eine Strategie der Unterschiede heisst: nichts tun, was Diktaturen stabilisiert, und nur das tun, was die Lebensqualität der Völker verbessert.

Darbellay Christophe (CEg, VS): L'embrasement général des pays du Maghreb et des pays sur l'axe de Gibraltar à Téhéran ne peut pas laisser la plus vieille démocratie du monde indifférente. J'y vois deux défis majeurs: d'abord la chance extraordinaire de ces pays d'aller vers plus de droits, plus de démocratie et ensuite, le corollaire, qui est évidemment la question des réfugiés.
La Suisse doit se préparer à affronter ces deux défis. Elle doit d'abord aider ces pays sur place. De par sa position de pays neutre, de plus vieille démocratie du monde, la Suisse a un rôle à jouer. Il est un peu entaché, il est vrai, par l'initiative "contre la construction de minarets", mais elle n'a pas de passé colonial. Elle a une vraie crédibilité dans ces pays pour aider à mettre en place un système démocratique. Son expertise est reconnue dans le multipartisme, les libertés fondamentales, la liberté de la presse et l'ordre juridique.
Ces pays ne sont pas à proprement parler en voie de développement. Nous pouvons aussi leur donner les bases pour un développement économique, pour leur offrir des perspectives de travail, pour répondre à ce formidable espoir de cette population extrêmement jeune en créant de vraies conditions économiques favorables.
Mais nous devrons aussi gérer l'afflux de réfugiés. Et là, notre parti s'engagera toujours dans la tradition humanitaire de la Suisse pour les personnes qui sont menacées dans leur intégrité pour leurs idées. Par contre, il s'agit d'appliquer à la lettre les législations sur l'asile, sur les étrangers et les accords de Schengen/Dublin. Il faudra participer au renforcement des frontières extérieures de l'Union européenne, aider l'Italie qui est aux premières loges et qui a parfois tendance à placarder les lois sur le mur plutôt qu'à les appliquer vraiment. Et puis, il faut s'engager pour répartir équitablement ceux qui remplissent les critères pour obtenir le statut de réfugié, en fonction de la population de notre pays.
Nous devrons aussi renforcer, puisque nous sommes "aux deuxièmes loges", les frontières sud de la Suisse. Notre parti est préoccupé par la question du Tessin et nous saluons la décision de renforcer l'effectif du Corps des gardes-frontière dans ce canton. Il faudra peut-être aller encore plus loin et, si nécessaire, des missions subsidiaires pourront être confiées à notre armée.

Calmy-Rey Micheline, présidente de la Confédération: Le Conseil fédéral, qui est un collège et qui parle d'une seule voix, m'a priée de répondre à vos différentes interpellations urgentes.
Depuis le début de cette année, les révoltes populaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ont provoqué des changements majeurs, en Tunisie, en Egypte, et poussent d'autres pays de la région, non seulement en Afrique du Nord, mais également au Moyen-Orient et dans le golfe Persique, à envisager des mesures de libéralisation politique. Ces développements sont principalement la conséquence et la conjonction des trois facteurs suivants.
Le premier facteur est la pauvreté. Si vous songez que 40 pour cent du panier de la ménagère en Egypte est lié à des dépenses en matière d'alimentation, l'augmentation du prix des denrées alimentaires a certainement été un facteur déclencheur. Liés à cela, une répartition inégalitaire des ressources et le sentiment croissant d'injustices sociales.
Le deuxième facteur est l'exclusion des processus politiques d'une grande majorité de la population et l'absence de droits fondamentaux.
Le troisième facteur - et c'est l'un des reproches fondamentaux - est une dépendance excessive de ces régimes vis-à-vis de l'étranger. Cela a provoqué un sursaut de dignité qui, là aussi, a joué le rôle de déclencheur.
Ces différents éléments ont joué avec des pondérations variées selon les pays et ont été accompagnés d'éléments proprement locaux, compte tenu de la diversité des situations qui prévalent dans le monde arabo-musulman. Le fil rouge de ces différents mouvements de révolte est qu'ils ont été spontanés, menés par l'ensemble de la société civile - par des jeunes, par des femmes, des intellectuels - et par la grande majorité de la classe moyenne. Ce sont des personnes qui n'ont jamais connu d'alternance politique.
Ils ont été ensuite accompagnés par de rares forces organisées et notamment par des mouvements islamistes ou des personnes dont l'autorité et la représentativité sont largement autoproclamées. Il importe particulièrement de souligner que les bouleversements en cours ne s'inspirent pas de facteurs religieux. Il ne s'agit pas de "lire" ces mouvements avec les yeux de la révolution islamiste, avec des yeux vieux de trente ans. Il faut cependant escompter que dans un processus électoral libre et équitable, des partis politiques qui pourraient se réclamer de facteurs religieux pourraient obtenir des scores honorables.
Dès le début des manifestations, que ce soit en Tunisie, en Egypte, en Libye ou ailleurs, nous avons déployé toute une série de mesures d'urgence afin de répondre au mieux aux défis posés.
La première a été la condamnation. Tout d'abord, lors des manifestations entre opposants et forces de l'ordre, la Suisse a pris ouvertement position pour la protection des droits fondamentaux des manifestants, pour le respect des droits humains. Nous avons fermement condamné toutes les violations de ceux-ci et demandé aux autorités en place de ne pas utiliser la violence contre des manifestants pacifiques.
Deuxièmement, en ce qui concerne les citoyens suisses, dans le cadre de la protection de nos ressortissants, qu'ils soient touristes ou Suisses immatriculés à l'étranger, toutes celles et tous ceux qui avaient besoin d'une assistance pendant les troubles en Tunisie, en Egypte ou en Libye ont pu bénéficier de la protection consulaire de la Suisse. Des agents du pool d'intervention de crise ont été envoyés en renfort dans nos différentes ambassades, notamment à Tunis et au Caire.
Troisièmement, au sujet du gel des avoirs, le Conseil fédéral a ordonné avec effet immédiat le gel des actifs financiers des ex-présidents tunisien et égyptien ainsi que de leur entourage, et également le gel des avoirs de la famille Kadhafi. Sur la base de ces ordonnances, plusieurs dizaines de millions de francs suisses ont depuis lors été déclarés par diverses institutions financières. Le 24 février 2011, nous avons également bloqué des actifs de la famille Kadhafi, je l'ai dit, et ce blocage avait pour but d'éviter tout risque de détournement de biens publics et d'encourager les pays concernés à entamer des procédures d'entraide judiciaire avec la Suisse. Dans l'intervalle, tant les autorités tunisiennes que les autorités égyptiennes ont présenté des demandes d'entraide judiciaire à la Suisse. Ces demandes sont actuellement examinées par l'Office fédéral de la justice qui est compétent en la matière.
Par son action rapide et décidée, la Suisse a fait figure de pionnier et s'est ainsi assuré l'estime des Tunisiens et des Egyptiens. Au niveau international également, la manière prompte et résolue d'agir de la Suisse a reçu un accueil largement positif.
Quatrièmement, l'aide humanitaire d'urgence: dans le domaine humanitaire, nous avons réagi avec rapidité aux défis qui ont été posés et nous sommes venus en aide à toutes ces personnes qui nécessitent du soutien. Trois équipes d'intervention rapide et d'experts de l'Aide humanitaire de la Confédération et du Corps suisse d'aide humanitaire sont en mission en Tunisie et en Egypte pour évaluer les besoins

AB 2011 N 432 / BO 2011 N 432
humanitaires, notamment dans les domaines médical, de l'eau potable, de l'hygiène et de l'habitat, et elles se coordonnent étroitement avec les autorités et les partenaires en place. Elles sont aussi venues appuyer les ambassades de Suisse au Caire et à Tunis.
De plus, la Confédération appuie le CICR qui porte assistance aux personnes victimes de la crise en Libye. Des équipes médicales du CICR ont été déployées, notamment à Benghazi, à l'est de la Libye, pour assister des patients dans les hôpitaux et les centres de santé. La contribution de la Suisse au CICR pour cette aide humanitaire d'urgence est de 500 000 francs.
La Croix-Rouge suisse soutient le Croissant-Rouge tunisien dans la prise en charge des personnes qui fuient la Libye. Là encore, la Confédération appuie ces activités avec un montant de 500 000 francs.
Pour ce qui concerne la migration, là aussi, aide humanitaire d'urgence: des experts du Corps suisse d'aide humanitaire renforcent l'Organisation internationale pour les migrations, ainsi que les activités de cette dernière par un montant de 2 millions de francs qui sont apportés respectivement par l'Aide humanitaire de la Confédération et par l'ODM.
L'Aide humanitaire de la Confédération soutient également les Nations Unies avec un montant correspondant pour la coordination humanitaire de la région, et le détachement d'un expert a été décidé pour renforcer la gestion de l'information humanitaire sur place.
En ce qui concerne le soutien à la transition, un expert suisse a été envoyé en Tunisie, sur demande des autorités tunisiennes, pour évaluer quels sont les besoins des autorités tunisiennes actuelles dans le processus de transition politique et pour envisager les domaines dans lesquels la Suisse pourrait apporter sa contribution.
Avant de parler des grandes orientations de la stratégie de la Suisse dans la région, il faut d'abord que je vous dise un mot sur les intérêts de la Suisse. Ceux-ci portent tant sur la politique de sécurité, la politique migratoire, que sur l'économie et la politique énergétique. Et, afin de les coordonner au mieux, le Conseil fédéral a décidé d'une stratégie globale de soutien à la transition, qui porte à la fois sur les domaines de migration, sur les domaines d'aide humanitaire, les réformes structurelles, le développement économique et la lutte contre la pauvreté.
Pour ce qui concerne la migration, les pays d'Afrique du Nord sont soumis actuellement à une forte pression migratoire. En Libye notamment, où vivent entre 1,5 et 2 millions de travailleurs étrangers, de nombreuses personnes fuient les affrontements. A ce jour, 267 427 personnes ont quitté la Libye: 112 402 d'entre elles se sont réfugiées en Egypte; 143 726 en Tunisie, 2205 au Niger et 9094 en Algérie. Depuis le début de l'année, près de 9000 personnes, essentiellement en provenance de Tunisie, sont arrivées sur l'île de Lampedusa. Compte tenu de l'incertitude qui règne, notamment en Libye, il est difficile de faire des prévisions fiables quant à l'évolution de la situation.
Le Conseil fédéral suit et évalue attentivement les événements en Afrique du Nord. Ni les pays européens, ni la Suisse n'ont observé jusqu'ici de hausse des mouvements migratoires. Ce que nous pouvons dire jusqu'ici, c'est que 9000 personnes sont arrivées à Lampedusa et que ce sont pour une très grande majorité des hommes jeunes, en recherche de travail, et qu'ils ne répondent pas aux critères pour une procédure d'asile.
La Suisse a entrepris des actions - notamment d'ordre humanitaire - directement dans les pays concernés par l'envoi du Corps suisse d'aide humanitaire, par la mise à disposition d'experts, notamment en appui de l'opération Hermes de Frontex en Méditerranée.
En ce qui concerne plus particulièrement Frontex, je tiens à préciser qu'en tant qu'agence de l'Union européenne, elle est tenue de respecter le droit international ainsi que les principes applicables en matière de droits humains et d'aide humanitaire. Lors de l'exécution de toutes les mesures de surveillance, il faut tenir compte des besoins particuliers des enfants, des victimes des passeurs, des personnes qui ont besoin d'une assistance médicale urgente ou d'une protection internationale, ainsi que de tout autre personne qui se trouve dans une situation particulièrement difficile. Dans les différents domaines tels que les analyses de risques, l'instruction, les rapatriements et les opérations, il existe depuis plusieurs années une bonne coopération de Frontex avec la Suisse, notamment avec le Corps des gardes-frontière et l'Office fédéral des migrations. Le Conseil fédéral considère que la collaboration avec Frontex est un élément très important pour la sécurité en Europe, et donc aussi pour la sécurité de la Suisse. Le Conseil fédéral est convaincu que les principes applicables en matière de droits humains et d'aide humanitaire sont respectés.
Les autorités cantonales et fédérales travaillent en étroite coopération, dans le but de faire face à une situation qui pourrait devenir un peu plus difficile. Le 24 février 2011, le comité d'experts élargi qui s'appelle "Procédure d'asile et hébergement" a tenu une séance spéciale pour évaluer la situation en Afrique du Nord. Un groupe de travail placé sous la direction de l'Office fédéral des migrations est chargé de faire le nécessaire et de préparer les mesures qui pourraient devoir être prises en cas de nécessité.
En ce qui concerne la politique extérieure, je crois vous l'avoir déjà fait savoir par ce que je viens de vous dire précédemment en matière d'aide humanitaire d'urgence: la Suisse s'emploie avant tout à coordonner ses activités avec les autres Etats. En tout état de cause, dans son ensemble, le partenariat dans le cadre de Schengen/Dublin fonctionne bien, quand bien même il y a parfois quelques difficultés entre l'office compétent de la Suisse et l'Unità Dublino à Rome.
Depuis l'accord d'association de la Suisse à Schengen/Dublin en décembre 2008, la Suisse a renvoyé en Italie 2354 personnes. Le nombre de renvois est relativement constant. Mais en tout état de cause, des Etats comme l'Italie sont plus particulièrement touchés par les flux migratoires en provenance d'Afrique du Nord. Le Conseil fédéral s'engage pour que l'accord de Dublin soit appliqué correctement par les partenaires européens, y compris par l'Italie. Ces Etats doivent néanmoins pouvoir compter sur la solidarité de la Suisse en situation de crise. C'est la raison pour laquelle notre pays soutient les activités de protection des frontières communautaires menées par Frontex en Méditerranée et participe à la mission de cette agence en Italie. Pour le Conseil fédéral, les efforts entrepris au sein de l'Union européenne doivent avoir pour but de permettre au système Dublin de supporter d'éventuelles sollicitations supplémentaires, et la Suisse apportera sa contribution à ces efforts. Une collaboration est indispensable pour faire face à une hausse éventuelle des migrations en provenance d'Afrique du Nord, en priorité au niveau international et directement dans les régions concernées, mais aussi à l'échelon fédéral entre les différents départements, de même qu'entre la Confédération, les cantons et les communes.
J'en viens maintenant aux mesures à court et à moyen terme, en particulier aux mesures de soutien à la transition. En Egypte et en Tunisie, la priorité est à la conduite par les autorités de transition de processus électoraux libres et équitables. La Suisse est prête à fournir une assistance technique pour la préparation des élections ainsi qu'à envoyer des observateurs pour l'ensemble des processus électoraux. Dans le contexte électoral également, la Suisse va s'engager auprès des sociétés civiles concernées afin de renforcer le rôle de ces dernières. Enfin, nous restons prêts à répondre positivement aux demandes qui pourraient nous être adressées de fournir un cadre de bons offices pour favoriser le dialogue et la confiance entre toutes les composantes de ces différentes sociétés.
Pour l'aide à la transition, les montants alloués par la Division politique IV section Sécurité humaine du DFAE sont de l'ordre de 5 millions de francs. Pour les différentes mesures d'aide humanitaire, y compris pour les mesures prises sur place pour soutenir le retour des réfugiés, les moyens prévus sont de l'ordre de 6 millions de francs.
Nous souhaitons pouvoir être présents dans l'est de la Libye pour soutenir les personnes qui sont dans le besoin. En
AB 2011 N 433 / BO 2011 N 433
Libye, les besoins sur le plan humanitaire sont énormes. Une équipe d'intervention rapide du Corps suisse d'aide humanitaire, qui est composée de Suisses et d'un Libyen, a quitté la Suisse pour tenter de voir s'il était possible d'apporter notre aide directement sur place. Les évaluations sont en cours. Sachez que le membre de l'équipe qui est d'origine libyenne a pu franchir la frontière et se rendre à Tobrouk en Libye, mardi 15 mars 2011, dans le but d'organiser un transport de matériel médical et de médicaments à destination de Benghazi.
Afin de faciliter la réception du matériel sur place, d'effectuer une analyse de la situation médicale à Benghazi, nous prévoyons d'analyser la situation de sécurité et de voir si nous pouvons envoyer des équipes sur le terrain. Bien sûr, nous veillerons à ce qu'elles puissent concevoir la durée de leur séjour de manière à répondre aussi à leurs besoins de sécurité.
J'en viens maintenant aux réformes structurelles. Dès que les autorités élues auront pu être mises en place dans les pays en transition, la Suisse va s'atteler à promouvoir des réformes institutionnelles qui visent à consolider la démocratie, le respect des droits humains et des libertés fondamentales, de même que l'Etat de droit. Les priorités s'orientent sur la réforme du secteur de la sécurité, la réforme du système judiciaire ainsi que le combat contre l'impunité, qui sont des éléments essentiels pour lutter contre les inégalités, la pauvreté, mais aussi des conditions-cadres pour que puisse fonctionner une croissance économique durable. La Suisse est également prête à fournir un soutien aux modifications constitutionnelles qui sont annoncées.
En termes de développement économique, le SECO travaille depuis de nombreuses années sur des projets en Afrique du Nord, notamment dans les domaines de l'infrastructure. Plus de 9 millions de francs ont été affectés à cette aide économique en Egypte pendant les dernières années. De nouveaux projets sont prévus dans d'autres domaines, comme le traitement des eaux usées, les déchets hospitaliers, le renforcement des secteurs financiers et privés. La Suisse s'engage également au travers du travail de la DDC pour soutenir la création d'emplois, et en particulier la formation professionnelle orientée sur les besoins du marché et adaptée aux conditions locales.
La lutte contre la pauvreté: dans ces pays où l'accès à l'eau constitue un problème majeur, la DDC travaille avec des partenaires locaux sur des projets qui ont pour but une utilisation plus efficace, plus durable et plus juste des ressources hydriques. Elle offre également aux autorités locales son expertise pour la mise en place d'une gouvernance très proche des gens.
En ce qui concerne la migration, la DDC soutiendra, par le biais de l'aide humanitaire et de la coopération au développement, à court et moyen terme, des activités et des projets, afin de protéger les migrants les plus vulnérables. Le but est de protéger ces personnes dans les pays d'origine et de transit et de soutenir ces pays dans la gestion de ces flux migratoires. L'ODM et la DDC ont déjà de l'expérience dans ce type de projets et une collaboration entre ces deux offices en Afrique du Nord est envisageable.
Concernant le gel des avoirs, après avoir gelé rapidement les mouvements de fonds, la Suisse a maintenant intérêt à ce que les ayants droit légaux des avoirs gelés soient rapidement identifiés dans le cadre des procédures conformes aux exigences de l'Etat de droit et à ce que les avoirs acquis illégalement puissent être restitués. La Suisse est prête à apporter son soutien aux Etats concernés.
Une première mission d'évaluation d'experts suisses en matière d'entraide judiciaire a d'ores et déjà été envoyée en Tunisie. Cette mission a pour objectif d'expliquer aux autorités tunisiennes quelles sont exactement les informations dont nous avons besoin pour traiter les demandes de la Tunisie. Une offre d'assistance similaire a été faite à l'Egypte. La Suisse examine, en collaboration avec d'autres institutions, la question de savoir comment les Etats concernés peuvent être soutenus dans leurs efforts visant à faire aboutir les procédures judiciaires et d'entraide judiciaire.
Pour répondre précisément aux questions qui ont été posées concernant l'argent des potentats en Suisse, j'aimerais dire ici un certain nombre de choses. Tout d'abord, la législation suisse en matière de prévention du blanchiment d'argent et du financement du terrorisme n'interdit pas à un intermédiaire financier d'établir une relation d'affaires avec une personne dite politiquement exposée et ne lui interdit pas d'accepter ces fonds, à condition que ces derniers ne soient pas d'origine criminelle.
Toutefois, vu que ces personnes sont plus exposées qu'un citoyen normal à des crimes comme la corruption, le détournement de fonds publics, et que les relations d'affaires avec ces personnes peuvent entraîner des risques pour la place financière, la législation suisse prévoit un régime particulier de diligence accrue applicable à tous les intermédiaires financiers qui établissent une relation d'affaires avec une personne politiquement exposée.
Ce régime de diligence accrue est précisé à la section 5 de l'ordonnance de l'autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, la FINMA, sur la prévention du blanchiment d'argent et du financement du terrorisme. Ainsi, par exemple, l'admission et la poursuite d'une relation d'affaires avec une personne politiquement exposée doit être décidée par la direction à son plus haut niveau. L'intermédiaire financier doit établir l'origine des valeurs patrimoniales et de la fortune des personnes politiquement exposées ainsi que l'arrière-plan économique des versements entrants importants.
Pour plus de détails sur les obligations de diligence accrues et le système de surveillance interne à chaque intermédiaire financier, je vous renvoie à la réponse du Conseil fédéral à la question 2 de l'interpellation urgente 11.3031.
Mais je souhaiterais encore vous dire que la définition suisse d'une personne politiquement exposée est très large, en ce sens qu'elle couvre non seulement les personnes qui occupent des fonctions publiques importantes à l'étranger, mais aussi des entreprises et des personnes qui, de manière reconnaissable, sont proches de ces personnes pour des raisons familiales ou personnelles, ou pour des raisons d'affaires. Sur ce point, les règles suisses vont plus loin que les règles en vigueur au plan international, lesquelles n'exigent pas d'assimiler les proches de ces personnes politiquement exposées à ces dernières et, donc, de leur appliquer les obligations de diligence accrues.
Selon la loi sur le blanchiment d'argent, tout intermédiaire financier qui a un soupçon fondé que des valeurs patrimoniales proviennent d'un crime ou servent au financement du terrorisme doit faire une communication de soupçon au Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent et bloquer ces valeurs patrimoniales.
Cette obligation vaut pour toutes les relations d'affaires, que le client ou l'ayant droit économique soit une personne politiquement exposée ou pas. Le seul fait qu'une personne politiquement exposée soit le client d'un intermédiaire financier ne suffit pas à engager une obligation de communication au MROS, le Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent, selon la loi sur le blanchiment d'argent; il faut toujours qu'il existe des soupçons fondés quant à l'origine criminelle des valeurs patrimoniales. Et parmi les éléments qui peuvent motiver de tels soupçons figurent par exemple des indications révélant que des enquêtes pénales sont en cours contre ces personnes physiques ou morales, en Suisse ou à l'étranger.
Les mesures de gel ordonnées par le Conseil fédéral sont des mesures préventives. Le but est d'éviter que des valeurs patrimoniales, éventuellement acquises de façon illégale, ne soient retirées de la Suisse et de permettre aux autorités judiciaires des Etats concernés d'adresser à la Suisse des demandes d'entraide. La question de la légalité de l'origine des fonds bloqués doit être tranchée dans le cadre de ces procédures d'entraide ou de la procédure nationale pénale sur lesquelles s'appuient les demandes d'entraide judiciaire.
Ainsi, le fait que des avoirs ou autres ressources soient gelés sur la base des ordonnances du Conseil fédéral ne veut pas dire pour autant que ces avoirs ou que ces ressources proviennent effectivement de crimes et que les
AB 2011 N 434 / BO 2011 N 434
intermédiaires financiers devaient avoir des raisons suffisantes de soupçonner une origine criminelle de ces fonds, et donc d'effectuer une communication au Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent (MROS), selon la loi sur le blanchiment d'argent.
Il en découle que l'acceptation d'avoirs de personnes politiquement exposées et l'absence de communication au MROS par le passé n'impliquent pas automatiquement une violation des devoirs de diligence et de communication au sens de la loi sur le blanchiment d'argent. Seul un examen a posteriori des cas concrets permet de déterminer s'il y a eu violation des obligations prévues par la loi sur le blanchiment d'argent. La FINMA contrôle chaque année, auprès de chaque intermédiaire financier, le respect des obligations de diligence qui sont prévues par la loi sur le blanchiment d'argent, dont font parties les dispositions relatives aux personnes politiquement exposées, soit directement, soit en faisant appel à des sociétés de révision.
En ce qui concerne plus précisément les personnes politiquement exposées, il est important de souligner que la FINMA vérifie actuellement si certaines banques ont bien respecté leurs obligations de diligence prévues par la loi sur le blanchiment d'argent dans les affaires tunisienne, égyptienne et libyenne. Elle a précisé dans un communiqué publié vendredi dernier sur son site Internet qu'elle donnera des informations quant au résultat de ces vérifications et prendra des mesures si nécessaire.
Vu ce qui précède, le Conseil fédéral est d'avis que si certains intermédiaires financiers n'ont pas procédé au blocage, sur la base de la loi sur le blanchiment d'argent, des avoirs des personnes listées dans les récentes ordonnances du Conseil fédéral, cela ne résulte pas d'une lacune dans le système suisse de prévention de blanchiment d'argent, mais du fait que ces intermédiaires financiers n'avaient pas de raisons suffisantes pour soupçonner que ces avoirs provenaient d'un crime. La vérification que mène actuellement la FINMA permettra de déterminer si les intermédiaires financiers concernés ont respecté leurs obligations et n'ont à juste titre pas effectué de communication au MROS et de blocage sur la base de la loi sur le blanchiment d'argent.
En ce qui concerne maintenant une éventuelle amélioration de l'exécution de la loi sur le blanchiment d'argent, le Conseil fédéral est d'avis qu'aucune mesure supplémentaire ne paraît s'imposer dans l'immédiat en ce qui concerne l'application de la loi sur le blanchiment d'argent et ses dispositions d'exécution. Mais nous évaluons constamment la situation d'un éventuel besoin dans ce domaine. Nous rappelons qu'en ce qui concerne les personnes politiquement exposées (PPE), le système mis en place par la loi sur le blanchiment d'argent et les dispositions d'exécution répondent aux exigences internationales et vont même plus loin.
Cela dit, seule une analyse rétrospective du gel des avoirs, décidée en vertu des ordonnances à l'encontre de certaines PPE de Tunisie, d'Egypte et de Libye, ainsi que du dispositif suisse de lutte contre le blanchiment d'argent, permettra de déterminer si malgré tout une modification de la loi sur le blanchiment d'argent pourrait s'avérer nécessaire.
Pour terminer, j'aimerais attirer votre attention sur le rapport publié vendredi dernier par la FINMA relatif aux obligations de diligence en relation avec les PPE. Ce rapport commente les obligations de diligence des banques, la surveillance exercée par la FINMA en relation avec les dispositions sur le blanchiment d'argent et l'intégration des règles suisses dans le contexte international.
Quant à l'entrée en vigueur de la "loi Duvalier" au 1er février 2011, cette loi s'applique à titre subsidiaire dans les cas où l'entraide judiciaire qui est déposée par un pays d'origine des fonds n'aboutit pas pour des raisons variées et diverses - le plus souvent une fragilité et un manque de capacité de l'Etat demandeur. Elle n'intervient donc pas au stade du blocage des fonds, ce que le Conseil fédéral a décidé récemment.
Je souhaiterais évoquer encore une question. La statistique des exportations suisses de matériel de guerre indique que les Etats qui connaissent actuellement des soulèvements n'ont pas reçu par le passé de matériel de guerre de la Suisse ou seulement de manière très limitée. Quelques livraisons ont été effectuées en 2009 et 2010: elles concernaient principalement des systèmes de défense antiaérienne ainsi que des pièces détachées de munitions s'y rapportant qui, en principe, ne peuvent pas être utilisés contre la population civile. Le Conseil fédéral a procédé en 2008 à une révision de l'ordonnance sur le matériel de guerre et celle-ci précise désormais des critères d'exclusion qui interdisent l'octroi d'autorisations d'exportation. Il ne devrait donc pas y avoir d'exportation de matériel de guerre si l'un des critères suivants est rempli:
- tout d'abord, le pays de destination est impliqué dans un conflit armé interne ou international;
- le pays de destination viole systématiquement et gravement les droits humains;
- le pays de destination figure parmi les pays les moins avancés sur la liste en vigueur des pays bénéficiaires de l'aide publique au développement établie par le Comité d'aide au développement de l'OCDE;
- il y a de forts risques que, dans le pays de destination, les armes à exporter soient utilisées contre la population civile ou bien encore qu'elles soient transmises à un destinataire final non souhaité.
En 2009, le Conseil fédéral a modifié sa pratique à l'égard de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie saoudite. Depuis, plus aucune nouvelle autorisation n'est accordée pour l'exportation de matériel de guerre dans ces trois pays, à l'exception des munitions et des pièces de rechange destinées au matériel de guerre dont la livraison aurait été autorisée antérieurement.
Les mouvements de révolte qui ont secoué l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient depuis le début de l'année et qui ont renversé les régimes en Tunisie et en Egypte revendiquent la démocratie, les libertés fondamentales, une participation politique représentative et de meilleures conditions socioéconomiques. La Suisse, conformément à ses objectifs de politique extérieure, s'est toujours engagée dans ces domaines, car ils sont des gages de stabilité à long terme.
La stratégie de la Suisse comprend une série de mesures urgentes pour lesquelles le Conseil fédéral a débloqué un total de 12 millions de francs suisses. Ce sont des mesures d'aide humanitaire, de soutien aux migrants et d'aide à la transition. A moyen et à long terme, les mesures visent à favoriser le développement économique, l'accompagnement des mouvements démocratiques et le renforcement de la société civile. On prévoit des programmes de lutte contre la pauvreté et de soutien, je le répète, aux migrants, à considérer comme les personnes parmi les plus vulnérables.
Ces moyens représentent un total et des transferts de rubriques budgétaires à court et moyen terme pour la DDC de 20 à 30 millions de francs par année pour les années 2011 et 2012.
La Suisse s'engage donc vraiment en Afrique du Nord, avec une forte volonté d'accompagner et de contribuer au processus de transition politique dans l'ensemble de la région. Les réformes démocratiques en cours dans ces pays doivent mener à une plus grande stabilité sur le long terme, contribuer à la réalisation des aspirations populaires et bien sûr à la protection des intérêts de notre pays, c'est-à-dire à la sécurité et au bien-être des Suissesses et des Suisses.

Le président (Germanier Jean-René, président): Nous sommes au terme de ce débat sur les sept interpellations urgentes.

AB 2011 N 435 / BO 2011 N 435

Rückkehr zum SeitenbeginnRemonter

Home