Rossini Stéphane (S, VS):
Cette initiative parlementaire vise à renforcer la capacité des entreprises de remontées mécaniques à garantir la sécurité des usagers des pistes sur leur domaine skiable.
Effectivement, les entreprises de remontées mécaniques sont confrontées à la question sensible de la gestion des avalanches liées bien évidemment à la situation météorologique, mais surtout aussi à l'insouciance, voire à l'inconscience de certains adeptes du ski hors-piste qui peuvent mettre en danger des personnes qui skient raisonnablement sur les pistes balisées. Cette problématique est régulièrement mise à l'ordre du jour et d'actualité sur les différents domaines skiables de ce pays. En effet, les entreprises de remontées mécaniques qui desservent des domaines skiables doivent garantir la sécurité des usagers, c'est-à-dire des personnes qui prennent un abonnement et qui utilisent les pistes balisées.
Très concrètement, dans la réalité on observe que, lorsque les chutes de neige sont abondantes, les usagers ne respectent pas toujours la signalisation et que les amateurs de ski hors-piste mettent en danger la vie des autres usagers du domaine skiable. Cette situation est considérée comme particulièrement préoccupante, notamment par les responsables de la sécurité qui ont de la difficulté à faire respecter la signalisation sur les domaines skiables. Très souvent, ces pisteurs, comme on les appelle en français, se trouvent impuissants face aux violations quasi systématiques de la signalisation.
Aujourd'hui, les responsables d'avalanches ne peuvent être sanctionnés qu'une fois la vie d'autrui mise en danger, c'est-à-dire lorsque les accidents se sont produits. Cela s'avère parfaitement inefficace du point de vue de l'action que doivent intenter les responsables de la sécurité puisque, effectivement, on ne peut agir et punir qu'une fois que les problèmes sont arrivés, que la catastrophe a eu lieu.
Par conséquent, mon initiative parlementaire ne vise pas à réduire les libertés individuelles, à interdire aux montagnards de pratiquer la haute montagne et la randonnée; elle vise simplement à donner un instrument supplémentaire aux responsables de la sécurité, et cet instrument, c'est notamment la possibilité d'infliger des amendes.
Aujourd'hui, très concrètement, lorsque des personnes violent la signalisation de manière répétée, parfois, à titre très exceptionnel, on leur retirera l'abonnement qu'elles ont acheté. Cette situation est manifestement insatisfaisante et les professionnels, au-delà du discours officiel des responsables des remontées mécaniques - parce que, bien évidemment, derrière le discours officiel se trouve aussi toute l'hypocrisie de la publicité que l'on fait pour vendre nos pistes, nos montagnes aux touristes -, les gens du terrain, ceux qui sont sur les pistes pour faire respecter la signalisation, sont parfois démunis. Mon initiative parlementaire a donc pour but de donner un instrument supplémentaire, un instrument qui doit être utilisé avec beaucoup de parcimonie dans un cadre extrêmement strict: ce sont les services de sécurité eux-mêmes qui définiront le périmètre, la période de temps concernée par ce respect absolument strict de la signalisation.
Pour que cette démarche puisse être entreprise, il faut une base légale. C'est ce que demande mon initiative parlementaire. Cette dernière se veut une mesure pragmatique pour apporter des sanctions proportionnées à des moments très particuliers et dans des périmètres définis par les remontées mécaniques.
Dans la discussion sur cette initiative parlementaire, il y a eu de grands débats sur la question de la responsabilité individuelle, sur la question de la prévention. Ces grandes envolées lyriques n'ont pas grand-chose à voir avec le pragmatisme de celles et ceux qui sont concernés au quotidien par cette question. La prévention, oui, on peut la faire, mais avec les populations de nos cantons, par exemple avec les jeunes dans nos écoles. Mais environ 97, 98 ou même peut-être 99 pour cent des skieurs en Suisse sont des étrangers; va-t-on mener des campagnes de prévention en Suède, en Grande-Bretagne? Je pense que c'est illusoire.
Quand on entend les responsables de la sécurité des grands domaines skiables - j'en ai entendu beaucoup et on les a aussi entendus à la télévision -, on constate qu'ils sont sans armes pour lutter contre les violations des règles de sécurité sur les domaines skiables.
Par conséquent, je vous propose de donner suite à mon initiative parlementaire qui va permettre aux acteurs de se mettre autour de la table pour trouver des solutions. On ne peut pas tout simplement s'offusquer, être scandalisé quand les accidents surviennent et ne pas avoir envie d'agir. Non,
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AB 2011 N 2064 / BO 2011 N 2064
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les accidents de montagne ne sont pas toujours dus à la fatalité. Il y a des moments où les conditions sont extrêmement délicates, et durant ces moments-là, il faut pouvoir être strict, il faut être sévère tout simplement. C'est l'essentiel pour protéger la vie de celles et ceux qui skient en respectant la signalisation sur des pistes qu'on leur vend comme étant des pistes sécurisées.