Derder Fathi (RL, VD):
Le Conseil fédéral vous propose donc d'accorder un crédit d'ensemble de 50 millions de francs, vous l'avez compris, pour les installations sportives d'importance nationale. Cela a été dit dans cette salle, il s'agit du quatrième volet du programme CISIN, le quatrième depuis 1998. C'est beaucoup d'argent. Pour rappel, près de 100 millions de francs ont déjà été dépensés; 50 nouveaux millions sont proposés. Trente projets ont été soutenus, pour un volume total de 1 milliard de francs suisses. 150 millions d'argent public, c'est beaucoup d'argent, mais c'est très bien! C'est très bien ainsi. Nous avons besoin, cela a été dit dans cette salle, d'installations sportives. Le Conseil fédéral soutient maintenant ainsi onze nouveaux projets, dans le domaine du tennis, du hockey sur glace, du football, à Lausanne, Winterthour, Saint-Moritz, etc. C'est excellent et c'est très bien ainsi.
J'en suis très heureux. Sportif moi-même, je suis père d'enfants sportifs. Je suis très heureux de la mise sur pied, par exemple, d'un centre national de hockey sur glace, mon fils aîné jouant au hockey sur glace. C'est très bien, j'en suis ravi. En tant que Lausannois, je suis heureux qu'il y ait un soutien pour une salle de sports et pour un nouveau stade d'athlétisme. En tant que Suisse, je suis globalement heureux que l'on soutienne le sport en Suisse. Tout cela est génial, bon pour le sport et bon pour le développement et la formation de notre pays et de ma ville.
Mais ensuite, une fois qu'un projet est sous toit, tel qu'il a été soumis par le Conseil fédéral, il demande un financement, qu'il obtient. On y va! Le Conseil fédéral demande 50
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AB 2012 N 994 / BO 2012 N 994
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millions de francs pour poursuivre le programme CISIN: d'accord pour les 50 millions! Soyons sérieux, nous sommes aujourd'hui en période de resserrement budgétaire, le conseiller fédéral nous l'a dit. Que nous dit à ce propos la Commission des finances? Elle nous dit: "D'accord pour 50 millions de francs, pas un franc de plus!" Je pensais donc naïvement, en tant que nouveau parlementaire, que la Commission de la science, de l'éducation et de la culture serait sage et qu'elle s'en tiendrait au projet du Conseil fédéral. Mais non, la commission a, pour une raison que je n'ai toujours pas très bien comprise, décidé de porter le budget à 70 millions de francs, soit 20 millions de plus. Pourquoi 20 millions? Aucune idée! Pour quels projets? Aucune idée! Les 20 millions de francs ont été fixés à peu près au pif, parce que cela faisait joli dans le paysage et parce que cela faisait plaisir à mon fils et qu'accessoirement, pour être tout à fait franc, cela faisait plaisir aux électeurs. Il faut être conscient de ce fait. Je suis content pour mon fils, mais ce n'est pas sérieux, je le répète. Pensons précisément à nos enfants.
Si nous voulons augmenter des budgets, dans une période de difficultés économiques, il faut les justifier dans le détail. Aujourd'hui, aucune augmentation de budget n'est acceptable sans une justification sérieuse, serrée, argumentée. Or, dans le cas qui nous occupe, la décision d'inscrire ces 20 millions de francs à l'article 1 alinéa 3 a été prise en quelques minutes en commission, sans justification, sans argumentaire, au pif!
Si le Conseil fédéral avait prévu un crédit de 70 millions de francs, aurions-nous demandé 90 millions, juste par principe? Non! Ceci, je le répète, n'est pas sérieux. Augmenter un budget sans justification, c'est commettre le geste irresponsable qui plonge actuellement l'Europe dans la crise. C'est symboliquement - c'est symbolique, certes, seulement 20 millions de francs - irresponsable.
Je le sais, c'est une décision difficile à prendre, notamment électoralement, ce n'est pas très populaire. Nous avons tous un ami, des électeurs dans le monde du sport qui veulent 1 million de francs pour leur stade de football ou d'athlétisme, mais il en va de nos responsabilités de parlementaires.
Au nom du groupe libéral-radical, je vous demande donc de vous en tenir au projet du Conseil fédéral et de soutenir la proposition de la minorité.