Réunie le 29 octobre
2001, la commission a examiné le Protocole de Carthagène sur la prévention
des risques biotechnologiques relatif à la Convention sur la diversité
biologique, adopté le 29 janvier 2000 à Montréal. Il s'agit du
premier accord international à traiter spécifiquement des aspects de la
sécurité environnementale et sanitaire liés à l'utilisation des
organismes génétiquement modifiés.
Proposition de la commission
La commission propose à l'unanimité d'approuver le projet d'arrêté fédéral
ci-joint, habilitant le Conseil fédéral à ratifier le Protocole de Carthagène.
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Les enjeux du Protocole
Le Protocole de Carthagène représente une étape historique dans le développement
et l'application environnementale du génie génétique. En effet, il est
le premier accord international à traiter spécifiquement des aspects de
la sécurité environnementale et sanitaire liés à l'utilisation des
organismes génétiquement modifiés.
Le Protocole de Carthagène vise à garantir que les organismes vivants
modifiés à l'aide de la biotechnologie moderne et susceptibles de présenter
un danger pour la conservation et l'utilisation durable de la diversité
biologique seront transférés, manipulés et utilisés en toute sécurité.
Il prévoit notamment une procédure d'accord préalable en connaissance
de cause, qui permet à tous les pays de décider d'importer ou non des
organismes vivants modifiés, à la lumière d'une notification contenant
les informations nécessaires à l'évaluation des risques pour
l'environnement et la santé.
Par ailleurs, le Protocole permettra la mise sur pied d'un système
international d'échanges d'informations en matière de sécurité
environnementale et sanitaire des biotechnologies, et d'affermir la coopération
scientifique et technique entre le Nord et le Sud en matière de
renforcement des capacités techniques et institutionnelles et
d'harmonisation des procédures au niveau international.
La Suisse a signé le Protocole de Carthagène le 24 mai 2000. Le
Protocole entrera en vigueur 90 jours après la 50e ratification.
La ratification et la mise en oeuvre du Protocole ne nécessiteront aucune
modification d'ordre législatif, et elles n'entraîneront pas de conséquences
significatives pour les entreprises. Il sera cependant nécessaire de créer
un poste de correspondant national, donc de doter l'OFEFP d'un poste supplémentaire.
Considérations de la commission
Le Protocole de Carthagène a déjà été évoqué au sein de la commission
dans le cadre du débat consacré à Gen-lex: la CSEC avait notamment
demandé au mois d'août 2000 à l'administration de lui remettre un
rapport sur le point de savoir si l'adhésion au Protocole entraînerait
pour la Suisse l'obligation de modifier son droit national. Elle rappelle
à cet égard qu'il avait été constaté à l'époque que le droit suisse
était déjà en conformité avec les obligations prévues par le
Protocole relativement à l'importation d'organismes vivants modifiés, et
que par conséquent, mis à part l'adaptation des ordonnances d'exécution
de la loi sur la protection de l'environnement, et plus particulièrement
de l'ordonnance sur la dissémination dans l'environnement, la
ratification et la mise en œuvre du Protocole seraient sans incidences
sur le plan juridique.
La Suisse n'a aucune raison de ne pas ratifier le Protocole de Carthagène,
bien au contraire, puisqu'il ne fait que matérialiser les décisions
prises au Sommet de Rio sur la biodiversité.
Enfin, on notera incidemment l'apparition, remarquable dans un texte
consacré au génie génétique, du principe du consentement éclairé, précédemment
réservé au domaine des droits de l'homme (cf. art. 7:
"Application de la procédure d'accord préalable en connaissance de
cause"). Eu égard à ce qui précède, la commission propose sans opposition
d'approuver le projet d'arrêté fédéral habilitant le Conseil fédéral à ratifier le Protocole. |