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00.014 |
11ème révision de l'AVS |
Message du
2 février 2000 concernant la 11e révision de l'assurance-vieillesse et
survivants et le financement à moyen terme de l'assurance-vieillesse,
survivants et invalidité (FF 2000 1771)
Situation
initiale
La 11e révision de l’AVS poursuit un double objectif: la
consolidation des bases de financement de l’AVS à moyen et à long terme et
l’introduction d’un dispositif de retraite à la carte qui tienne compte de
considérations sociales. Le Conseil fédéral a inscrit la 11e révision de l’AVS
dans le cadre général du développement et de la consolidation financière de
l’ensemble des assurances sociales. Il a mené d’importants travaux
préparatoires dans ce sens (rapport sur les trois piliers, rapports du groupe
de travail interdépartemental «Perspectives de financement des assurances
sociales» IDA FiSo 1 et IDA FiSo 2).
En guise d’introduction, le message débute par une vue d’ensemble des
mesures déjà prises ou prévues par le Conseil fédéral pour les assurances
sociales, ainsi que par une vue d’ensemble des perspectives de celles-ci à
moyen et à long terme; il est également montré comment la 11e révision de l’AVS
s’intègre dans ce contexte. Les propositions contenues dans la présente
révision ont trait au domaine de la prévoyance vieillesse, survivants et
invalidité. L’évolution démographique influe sur la situation financière de
l’AVS. L’allongement de l’espérance de vie et donc l’augmentation des retraités
par rapport aux personnes actives exposent cette assurance à des problèmes
financiers grandissants, accentués par la conjoncture économique défavorable de
ces dernières années. Dans un premier temps et à titre de mesure immédiate de
consolidation de l’AVS, le Conseil fédéral et le Parlement ont relevé la TVA
d’un point à partir de 1999. Les fonds supplémentaires disponibles restent
toutefois insuffisants pour assurer à l’AVS un équilibre financier durable.
Soucieux de ne pas pénaliser l’économie par une hausse des charges salariales,
le Conseil fédéral propose de compléter le financement de l’AVS et celui de
l’AI, déficitaire depuis longtemps, par un nouveau relèvement de la TVA. Ce
relèvement sera échelonné: la première étape en faveur de l’AVS et de l’AI est
prévue pour 2003. La seconde étape aura lieu lorsque le Fonds de compensation
de l’AVS tombera au-dessous de 70 % des dépenses annuelles. Un tel projet de
financement implique une modification de la Constitution fédérale, qui
conférerait à la Confédération des compétences financières nouvelles. Pour le
cas où le second relèvement de TVA serait refusé (ce second relèvement devrait
devenir nécessaire à partir de 2006), le législateur devrait procéder à des
correctifs dans le secteur des prestations, lors de l’adaptation des rentes.
Pour consolider la situation financière de l’AI aussi rapidement que possible,
un transfert de 1,5 milliard de francs sera effectué du Fonds de compensation
des APG en faveur de l’AI. Parallèlement à la consolidation du 1er
pilier, le Conseil fédéral entend adapter l’AVS aux exigences nouvelles de
l’économie et de la société. Il s’agit en particulier d'assouplir l’âge de la
retraite. Le Conseil fédéral propose, d’une part, de fixer l’âge légal de la
retraite à 65 ans pour les deux sexes. Il s’agirait là de l'âge de référence donnant
droit à la perception de la rente de vieillesse sans autre condition. Cet âge
s’appliquerait tant à l’AVS qu’à la prévoyance professionnelle obligatoire. Par
ailleurs, le Conseil fédéral souhaite introduire un dispositif de retraite à la
carte pour répondre aux besoins individuels et en particulier à ceux des
personnes exclues du marché du travail avant 65 ans. Le dispositif de la
retraite à la carte prévoit, dans l’AVS comme dans le régime obligatoire de la
prévoyance professionnelle, une fourchette allant de 62 à 65 ans. En outre, les
assurés pourront percevoir dès 59 ans la moitié de la rente de vieillesse. Dans
le cas de l’AVS, un aménagement de la retraite à la carte acceptable du point
de vue social s’impose. Aussi le calcul de la diminution de la rente anticipée
s’effectuera en fonction du montant du revenu moyen déterminant pour le calcul
de la rente et de la perte de cotisations occasionnée à l’AVS. Par ailleurs, la
11e révision de l’AVS uniformisera les conditions donnant
droit à des rentes de veuve et de veuf. La 10e révision de l’AVS a
introduit la rente de veuf. La 11e révision limitera
progressivement le droit à la rente des veuves et l'alignera sur celui des
veufs. Inversement, les conditions d’octroi de la rente de veuf seront moins restrictives.
Le Conseil fédéral juge socialement acceptable une telle mesure qui permettra
de réduire progressivement les dépenses de l’AVS. L’unification des rentes de
veuve et des rentes de veuf ne sera donc réalisée qu’au terme d’une phase de
transition. Le Conseil fédéral prévoit encore, parallèlement à certaines
dispositions d’ordre technique, de renforcer la solidarité dans le domaine des
cotisations et de procurer ainsi des recettes supplémentaires considérables à
l’AVS. Les mesures envisagées toucheront d’une part les personnes exerçant une
activité indépendante (par l’augmentation de leur taux de cotisations et par le
gel de la limite supérieure de revenu du barème dégressif de cotisations) et
d’autre part les personnes retraitées exerçant une activité lucrative (par la
suppression de la franchise dont elles bénéficient sur leur obligation de
cotiser). Enfin, des économies seront également réalisées grâce au
ralentissement du rythme d’adaptation des rentes. L’AVS reposera ainsi sur des
bases financières solides et sera adaptée aux conditions qui prévaudront à
l’avenir. Le message évoque en outre l’affectation éventuelle d’une partie des
réserves d’or de la Banque nationale afin d’atténuer les répercussions sociales
de la 11e révision de l’AVS. Cette possibilité sera examinée
dans le cadre des travaux sur l’utilisation de cet or.
Délibérations
Projet 1
Arrêté fédéral
sur le financement de l'AVS/AI par le biais d'un relèvement de la taxe sur la
valeur ajoutée
09-05-2001 CN
Décision modifiant le projet du Conseil fédéral.
28-11-2002 CE Divergences.
04-03-2003 CN Divergences.
10-03-2003 CE Divergences.
06-05-2003 CN Divergences.
04-06-2003 CE Divergences.
25-09-2003 CN Décision conforme à la proposition de la
Conférence de conciliation.
25-09-2003 CE Décision conforme à la proposition de la
Conférence de conciliation.
03-10-2003 CN L'arrêté est adopté en votation finale. (130:43)
03-10-2003 CE L'arrêté est adopté en votation finale. (35:2)
Projet 2
Loi
fédérale sur l'assurance-vieillesse et survivants (11e révision de l'AVS)
09-05-2001
CN Décision modifiant le projet du Conseil fédéral.
28-11-2002
CE Divergences.
06-05-2003
CN Divergences.
04-06-2003 CE Divergences.
17-09-2003 CN Divergences.
18-09-2003 CE
Divergences.
25-09-2003 CN Décision conforme à la proposition de la
Conférence de conciliation.
25-09-2003 CE Décision conforme à la proposition de la
Conférence de conciliation.
03-10-2003 CN La loi est adoptée en votation finale. (109:73)
03-10-2003 CE La loi est adoptée en votation finale. (34:9)
Projet 3
Loi
fédérale concernant le transfert de capitaux du Fonds de compensation du régime
des allocations pour perte de gain en faveur de l'assurance-invalidité
13-12-2001 CN Décision conforme au projet du
Conseil fédéral.
26-09-2002 CE Divergences.
02-10-2002 CN Adhésion.
04-10-2002 CN La loi est adoptée en votation finale. (142:36).
04-10-2002 CE La loi est adoptée en votation finale. (43:0)
Projet 1
Au chapitre de
l’arrêté sur le financement de l’AVS/AI, la discussion a essentiellement porté,
en commission comme dans les Chambres, sur le droit de la Confédération à
disposer d’une part du supplément de TVA à percevoir et sur le montant de ce
supplément.
Dans un premier
temps, au Conseil national, le groupe UDC a proposé d’alimenter le fonds
de compensation de l’AVS avec les réserves monétaires excédentaires de la
Banque nationale, alors qu’une minorité emmenée par Rudolf Rechsteiner (S, BS)
souhaitait verser le bénéfice net de la Banque nationale, sous réserve d’une
part destinée à la Confédération et aux cantons, au fonds de compensation. Ces
deux propositions ont été rejetées. Les députés du Conseil national ont adopté
la base constitutionnelle permettant de relever la TVA de 1,5 % au maximum
en faveur de l’AVS, lorsque cela s’avère nécessaire pour assurer le financement
de l’assurance. En même temps, ils ont décidé, en accord avec la majorité de
leur commission, que la Confédération ne devait plus recevoir une part des
recettes des suppléments de TVA destinés à l’AVS dès l’entrée en vigueur de la
11e révision de l’AVS. En d’autres termes, la totalité de ces
recettes doit être versée au Fonds AVS (art. 112, al. 3, 5).
Le Conseil des
Etats a proposé de ne soumettre au peuple qu’un seul projet d’augmentation
de la TVA, celui en faveur de l’AI. Il a suivi le Conseil fédéral et maintenu
la part de la Confédération au produit de la TVA. Il a rejeté une proposition
de Toni Dettling (R, SZ) qui ne proposait qu’un relèvement de 0,8 % en
faveur de l’AI, insuffisant selon le rapporteur de la commission et le Conseil
fédéral pour assainir l’assurance invalidité.
Le Conseil
national a refusé une intervention uniquement en faveur de l’AI. Grâce à
une alliance des groupes UDC et socialiste, il a maintenu sa position concernant
la part de la Confédération par 105 voix contre 67. La Chambre du peuple n’a
pas voulu suivre une minorité de la commission qui proposait de se rallier au
Conseil des Etats. Après une discussion controversée sur le taux de relèvement
de la TVA en faveur de l’AI, le Conseil national a suivi la majorité de sa
commission et décidé ne n’accorder à l’AI qu’un relèvement de 0,8 % de
TVA, contrairement aux vœux du Conseil fédéral. Les propositions de minorité,
les plus généreuses comme les moins prodigues ont toutes été rejetées.
Le Conseil des
Etats a limité le recours à la TVA pour le financement de l’AVS et s’est
prononcé pour une augmentation de 0,5 %. Il a très clairement confirmé ses
décisions précédentes et conservé, par 39 voix contre 4, la part de la Confédération
au produit de la TVA. Contre l’avis du Conseil fédéral, il a refusé une
proposition de minorité de la commission et s’est prononcé, comme le Conseil
national, pour un relèvement de 0,8 % en faveur de l’AI.
Le Conseil
national s’est montré plus généreux que le Conseil des Etats et a accepté
un relèvement maximum de 1 % de la TVA en faveur de l’AVS, soit un demi
pourcent de moins que ce qu’avait souhaité le Conseil fédéral. Il n’a suivi
aucune des propositions de minorité qui voulaient soit s’en tenir à 0,5 %
comme le Conseil des Etats, soit suivre le Conseil fédéral, soit encore biffer
ce point. Il a réaffirmé ses précédents votes sur l’art. 112 Cst., al. 3, 5.
Le Conseil des
Etats s’est rallié au Conseil national sur un relèvement de 1 % de la
TVA mais a, en revanche maintenu, sa position sur le point le plus controversé
de l’arrêté : la part de la Confédération au produit de la TVA.
La Conférence
de conciliation s’est ralliée par 18 voix contre 5 à la solution du Conseil
des Etats, qui correspond dans les grandes lignes au projet initial du Conseil
fédéral. Elle a pris connaissance d’une motion du Conseil des Etats, qui
propose de revoir la question de la participation de la Confédération au
financement de l’AVS à l’avenir (03.3454).
Le Conseil national
et le Conseil des Etats ont suivi les décisions de la Conférence de
conciliation.
Projet 2
Le Conseil
national, qui se penchait en priorité sur la 11e révision de
l’AVS a adopté le projet de justesse, par 62 voix contre 60 et 63 abstentions,
économisant un peu plus de 500 millions au lieu des 1260 prévus dans le projet
du Conseil fédéral. Ce résultat reflète les tiraillements de la commission,
partagée sur la priorité à donner aux objectifs de la révision soit la
consolidation financière et un système de retraite plus flexible. En rejetant à
une nette majorité quatre propositions de renvoi, le Conseil national a émis,
dès le débat d’entrée en matière, un signal clair, montrant qu’il avait la
ferme intention de ne pas remettre le traitement de ce dossier.
Dans les débats,
on retrouve les différentes sensibilités politiques qui s’étaient exprimées en
commission : ceux qui défendaient la consolidation financière de l’AVS
avant tout et souhaitaient par conséquent éviter toute nouvelle prestation,
ceux qui voulaient des améliorations sociales et ceux qui auraient désiré
concilier ces deux tendances et proposaient des compromis. Au final, ni les
vœux de ceux qui revendiquaient le maintien intégral de l’acquis et un
engagement social plus conséquent pour un montant de 1,5 milliard de francs
afin de favoriser l’accès des revenus modestes à la rente anticipée, ni les
objectifs de ceux qui souhaitaient une consolidation indubitable du système
n’ont été pleinement satisfaits.
Le débat sur le
taux de cotisation des indépendants a mis à jour ces différentes sensibilités.
Alors que la majorité de la commission s’était rangée à l’avis du Conseil
fédéral, une minorité de la commission souhaitait porter le taux de cotisation
de 7,8 % à 8,4 % tandis qu’une autre minorité plaidait pour le statu
quo, solution qui a finalement été adoptée.
L’âge ordinaire
de la retraite a été fixé à 65 ans pour les femmes comme pour les hommes, ainsi
que le souhaitait le Conseil fédéral. Des propositions de minorité demandant de
conserver les règles actuelles ou de fixer à 62 ou même à 60 ans l’âge de la
retraite des personnes ayant cotisé durant 40 années complètes ont été
rejetées, au nom de considérations financières.
La question du
soutien social à la retraite à la carte a donné lieu à d’âpres débats. Alors
que la majorité de la commission s’était montrée plus généreuse que le Conseil
fédéral et recommandait des mesures d’accompagnement pour 800 millions, le
Conseil national, par la voix prépondérante de son président, s’est limité au cadre
financier proposé par le Conseil fédéral soit 400 millions. En cas de retraite
anticipée à 62 ans, la rente est réduite à vie de 11,3 à 16,5 % suivant le
revenu. Par rapport à la proposition initiale du Conseil fédéral, la réduction
sera un peu moins forte pour les bas revenus et un peu plus forte pour les
revenus moyens. Deux propositions de minorité ont été rejetées, aussi bien
celle qui proposait un modèle impliquant des charges supplémentaires d’un
montant de 1,5 milliard de francs que celle demandant une réduction actuarielle
qui permettrait de garantir la neutralité des coûts.
S’agissant de la
rente de veuve, la commission s’était partagée sur la question, sa majorité
ayant retenu une solution moins radicale mais calquée sur le modèle du Conseil fédéral.
Durant les débats, le Conseil fédéral, par l’entremise de Ruth Dreifuss, a
toutefois annoncé qu’il renonçait à sa disposition initiale, l’estimant trop
dure. La Chambre basse a finalement adopté une proposition de minorité qui ne
supprime la rente de veuve que pour les veuves n’ayant pas d’enfant. Une
proposition de Lucrezia Meier-Schatz (C, SG) demandant la suppression du
versement de rentes pour enfant aux personnes à la retraite a été acceptée de
justesse.
Le Conseil
national a, de plus, décidé à une nette majorité d’adapter les rentes à
l’évolution des salaires et des prix tous les 3 ans et non plus tous les deux
ans. Cette mesure permet de réaliser une économie de 150 millions de francs.
Lorsque le renchérissement dépasse 4 %, l’adaptation pourra intervenir
plus rapidement. Les députés se sont opposés aussi bien au statu quo qu’à une
autre proposition de minorité demandant de n’adapter les rentes que tous les
quatre ans, voire plus rapidement, si le taux de renchérissement dépasse
6 %. Ils ont confirmé le maintien de l’indice mixte comme base
d’adaptation des rentes (moitié indice des prix, moitié indice des salaires) et
refusé deux propositions de minorité prévoyant une pondération différente de
l’indice de rente.
Le Conseil
national a également accepté un nouvel article 33quater, pour le cas
où le fonds de compensation tomberait en dessous de 70 %. Si le peuple
refusait un relèvement de TVA pour l’AVS, les rentes ne seraient plus adaptées
qu’à l’évolution des prix.
Au vote sur
l’ensemble, les démocrates-chrétiens adoptent la loi, la majorité des UDC et
des radicaux s’abstiennent alors que le non domine chez les écologistes et les
socialistes.
Le Conseil des
Etats a remis en cause les propositions de sa commission préparatoire et
les décisions du Conseil national sur des points essentiels.
Il a suivi sa
commission préparatoire et s’est montré un peu moins généreux que la Chambre du
peuple avec les veufs et veuves. Les rentes de veufs ou de veuves ont été
ramenées à 60 % de la rente vieillesse, contre 80 % aujourd’hui. En
contrepartie, les rentes d’orphelin passent de 40 à 60%.
La Chambre haute
s’est clairement écartée du Conseil national et de sa commission en ce qui
concerne la retraite à la carte. La proposition de minorité emmenée par Erika
Forster-Vannini (R, SG) de fixer une réduction linéaire des rentes selon les
années d’anticipation a été acceptée par 26 voix contre 12. Les baisses de
rente en cas de retraite anticipée seront donc linéaires et définitives.
Il a créé une
autre divergence avec le Conseil national en fixant le taux de cotisation des
indépendants à 7,9 %.
Au vote sur
l’ensemble, la loi a été nettement adoptée par 32 voix contre 5.
Le Conseil
national a maintenu ses principales divergences avec le Conseil des Etats.
Par 90 voix contre 83, il a décidé de conserver le montant de 400 millions pour
adoucir les réductions de rente en cas de retraite anticipée. La droite aurait
préféré se rallier au Conseil des Etats alors que la gauche aurait souhaité
débourser 600 millions. Cette dernière proposition a été repoussée par 110 voix
contre 63. La Chambre du peuple a également, par 94 voix contre 63, maintenu sa
décision de ne pas toucher au taux de cotisation des indépendants qui reste
fixé à 7,8 %. Par 93 voix contre 75, une majorité réunissant la gauche et
le PDC a refusé de se rallier au modèle du Conseil des Etats concernant la
rente de veuves.
Après un échange
animé entre le rapporteur de la CSS-CE Bruno Frick (C, SZ) et le président de
la Confédération sur la nécessité et la possibilité d’étudier le sort de l’AVS
à moyen ou à très long terme, le Conseil des Etats s’est à nouveau
penché sur la révision de l’AVS. Si la Chambre haute s’est ralliée au Conseil
national sur le taux de cotisation des indépendants, elle a maintenu ses
positions, sur les points très controversés du projet, à savoir la retraite
anticipée et les rentes de veuves. Ni l’appel de la radicale Christine Beerli
(R, BE) à soutenir la proposition de minorité de la commission en faveur des
400 millions pour adoucir les réductions de rente en cas de retraite anticipée,
ni l’appui de Pascal Couchepin à cette solution n’ont réussi à faire changer
d’avis les sénateurs. Par 29 voix contre 9, ils ont maintenu une réduction
linéaire des rentes selon les années d’anticipation. Par 21 voix contre 18, ils
ont également confirmé leur décision de réduire de 80 % à 60 % les
rentes de veuve avec enfants, tout en portant de 40 à 60 % les rentes pour
orphelins.
Par 90 voix
contre 78, le Conseil national a rejeté le modèle plus restrictif des
rentes de veuve proposé par le Conseil des Etats et soutenu par le Conseil
fédéral. Alors que la majorité de la commission a estimé pouvoir se rallier à
la conception du Conseil des Etats, une forte minorité, composée de radicaux,
démocrates-chrétiens et socialistes a trouvé qu’une rente réduite à 60 %
créait des conditions particulièrement injustes après l’extinction du droit à
la rente d’orphelin, surtout pour les femmes à revenus modestes qui n’auraient
pas droit à un complément LPP faute d’avoir été en mesure d’y contribuer. La
majorité de la commission a proposé de maintenir la décision du Conseil
national, à savoir accorder 400 millions pour assurer la flexibilisation aux personnes
ayant les revenus les plus modestes. Une minorité emmenée par Pierre Triponez
(R, BE), a demandé de renoncer à un tel subventionnement et d’appliquer un pur
calcul actuariel. Le Conseil national a finalement soutenu la demande de
Jean-Michel Cina (C, VS) selon laquelle, pour les femmes, le taux de réduction
serait réduit de moitié pendant dix ans.
La Conférence
de conciliation, réunie le 23 septembre a approuvé la proposition du
Conseil des Etats concernant la rente des veuves, avec une prolongation de la
période transitoire. En ce qui concerne la préretraite, elle a approuvé une
proposition de compromis qui stipule que les taux de réduction ne seront
réduits de moitié (3,4 %) que pour les femmes nées entre 1948 et 1952 et
seulement en cas de retraite anticipée d’une année, c’est-à-dire à partir de 64
ans.
Malgré les
protestations des groupes vert et socialiste, qui ont souligné la diminution
des prestations envisagée par la 11e révision de l’AVS, le Conseil
national a approuvé par 100 voix contre 70 les décisions de la Conférence
de conciliation.
Au Conseil des
Etats, Christiane Brunner (S, GE), pour qui les promesses concernant la
flexibilité de la retraite ont été trahies dans les travaux parlementaires sur
la 11e révision a proposé de rejeter les décisions de la Conférence
de conciliation, mais n’a pas été suivie. C’est par 32 voix contre 6 que la
Chambre haute s’est ralliée aux décisions de la Conférence de conciliation.
Le projet 1
a été rejeté par le peuple le 16 mai 2004 avec 68,6 % de non et par tous les
cantons.
Le projet 2
a été rejeté par le peuple le 16 mai 2004 avec 67,9 % de non et par tous les
cantons.