Texte déposé
Dans les programmes nationaux existants ou prévus qui visent à intégrer les jeunes et à prévenir la violence juvénile, et notamment lors de la mise en oeuvre des mesures décidées sur la base du rapport du Conseil fédéral "Les jeunes et la violence", adopté le 25 mai 2009, le Conseil fédéral est chargé de mettre l'accent sur les relations entre les enfants ou les jeunes et les adultes de sexe masculin avec lesquels ils sont en relation (père, mentors, enseignants, etc.). A cet effet, des mesures particulières seront introduites - ou des projets existants complétés - pour que les pères issus de milieux peu instruits et socialement défavorisés et ceux issus de la migration se sentent eux aussi concernés.
Développement
Des études récentes ont montré que le parcours de vie des jeunes qui commettent des actes de violence se distingue souvent, parmi d'autres facteurs, par l'absence de figures paternelles. Le phénomène concerne tout particulièrement les jeunes de sexe masculin vivant en Suisse, surtout s'ils sont issus de la migration ou d'un milieu peu instruit et socialement défavorisé.
Ces jeunes adoptent souvent une conception de la virilité inconciliable avec notre politique d'égalité entre femmes et hommes, ce qui complique leur intégration à la société et au marché du travail. Quand on y ajoute les risques particuliers liés à leur origine (couche sociale ou migration), il en résulte une propension accrue à commettre des actes de violence.
Il est donc essentiel de remettre en question les conceptions dominantes relatives à la virilité. Les pères devront être davantage associés à cette remise en question, un aspect qui a été négligé jusqu'ici dans les discussions consacrées à la violence juvénile, y compris dans le rapport de 2009 du Conseil fédéral "Les jeunes et la violence". A ce jour, presque rien n'a été entrepris pour que les pères issus d'un milieu peu instruit et socialement défavorisé, notamment les pères issus de la migration, puissent assumer leur rôle au quotidien tout en étant capables de promouvoir l'idée de l'égalité entre femmes et hommes.
Cet état de choses doit être modifié dans le cadre du programme national consacré à la violence juvénile. Le fait que des proches de sexe masculin assument leurs responsabilités peut en effet avoir un effet préventif contre les actes de violence.
Avis du Conseil fédéral
du
08.09.2010
Le Conseil fédéral a adopté le 11 juin 2010 deux programmes nationaux visant à promouvoir une prévention efficace de la violence et à améliorer la protection des jeunes face aux médias. Ces programmes sont fondés sur le rapport du Conseil fédéral du 20 mai 2009 "Les jeunes et la violence - pour une prévention efficace dans la famille, l'école, l'espace social et les médias", qui montre notamment que les normes de virilité légitimant la violence et la présence ou l'absence de personnes de référence masculines sont des thèmes importants à traiter dans le cadre du travail préventif.
Le programme national de prévention "Les jeunes et la violence" vise en premier lieu l'échange d'expériences et l'apport d'un soutien professionnel aux milieux cantonaux et communaux compétents pour la prévention de la violence. Mais l'organisation concrète des mesures de prévention doit se faire sur place. Il s'agira de trouver les moyens de mieux atteindre les familles à risque, et en particulier les pères, pour les convaincre de la pertinence des objectifs visés par la formation des adultes. On peut en dire autant des activités prévues dans le cadre du programme national "Protection de la jeunesse face aux médias et compétences médiatiques". Le Conseil fédéral considère donc que la demande de l'auteur de la motion est satisfaite.
Proposition du Conseil fédéral du 08.09.2010
Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion.