Texte déposé
Au Centre d'enregistrement des requérants et requérantes d'asile (CERA) de Genève, un mur de la honte est en train de se construire.
On mure le bord de la terrasse, longue d'une dizaine de mètres, déjà enserré par un vaste grillage surmonté de barbelés.
Les travaux, financés par le régisseur (régie Moser et Cie) du CERA, devraient être terminés d'ici une à deux semaines.
Je pose dès lors les questions suivantes au Conseil fédéral:
- Est-il vrai que la construction de ce mur se fait sur demande du CERA?
- Le Conseil fédéral peut-il stopper cette construction de la honte?
- Le Conseil fédéral n'est-il pas d'avis qu'il faudrait plutôt construire des ponts entre les différentes communautés vivant dans notre pays au lieu d'emmurer des personnes qui viennent chercher refuge chez nous?
Risposta del Consiglio federale
del
13.08.1997
En préambule, il sied de préciser les affirmations de l'interpellatrice. Le grillage existant n'a jamais été surmonté de barbelés. Il a été posé à l'époque par mesure de sécurité pour éviter des accidents.
L'Office fédéral des réfugiés est locataire et non propriétaire de l'immeuble sis 41, avenue de la Praille. La régie Moser et Cie n'est donc pas le régisseur du CERA, mais des immeubles voisins No 35 et 37, et ne finance donc pas les travaux en cours. Ceux-ci sont pris en charge par le propriétaire de l'immeuble.
Le 13 juin 1996, par l'intermédiaire de la régie précitée, l'Office fédéral des réfugiés a été saisi d'une pétition des locataires. Cette pétition faisait mention notamment du bruit provoqué par les demandeurs d'asile se trouvant sur la terrasse. En conclusion, la gérance était sommée de prendre des mesures immédiates. La teneur en était la suivante:
"Ces mesures doivent à notre avis être radicales et consister soit en l'interdiction d'accès à ce toit, soit en la construction d'un mur ...."
Sur initiative et convocation de l'Office fédéral des réfugiés, une séance s'est déroulée le 10 juillet 1996 au CERA. Elle réunissait un représentant de la gérance, un représentant du Service immobilier de la Ville de Carouge, des représentants des locataires et deux membres de l'Aumônerie genevoise oecuménique auprès des requérants d'asile. Après plus d'une heure de discussion, l'ensemble des participants a dû se rendre à l'évidence que seule la solution de construire un mur paravent était envisageable.
Vu ce qui précède, il y a lieu de constater ce qui suit:
- L'Office fédéral des réfugiés a ordonné les travaux sur mandat de l'ensemble des participants à la réunion du 10 juillet 1996, et donc pas de sa propre initiative.
- Il est inutile de se demander s'il faut arrêter les travaux, puisque des inconnus ont détruit le mur le 28 juin 1997. On examine actuellement s'il faut prendre des mesures et, dans l'affirmative, lesquelles. Il s'agit avant tout de tenir compte des intérêts de tous et de veiller à améliorer les relations entre voisins.