Le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et son homologue chinois Wang Yi ont pris cette décision à la fin novembre lors d'un entretien téléphonique. Ils ont convenu que les responsables du dossier des droits de l'homme s'entretiendraient en décembre pour fixer notamment l'agenda et les points forts de cette rencontre.
Ils tireront aussi un bilan de ce dialogue qui se déroule depuis 30 ans. Ce processus est "bien plus qu'un dialogue entre fonctionnaires", a insisté M. Cassis devant le Conseil des Etats. Il permet des échanges entre experts de domaines précis, cela a notamment été le cas entre experts du secteur des prisons.
La question des droits de l'homme est un "élément central" de la Stratégie Chine approuvée en mars par le Conseil fédéral. Elle est désormais thématisée de manière conséquente à chaque rencontre bilatérale et multilatérale. Mais cette stratégie ne remplace pas le dialogue sur les droits de l'homme, l'instrument qui permet d'aller le plus à fond sur ces questions, a souligné M. Cassis.
Motion rejetée
Le Tessinois s'exprimait lors du débat sur une motion du Conseil national chargeant le Conseil fédéral de renforcer la promotion des droits humains en Chine par différentes mesures concrètes. Ce texte a été rejeté par 29 voix contre 11.
Les sénateurs soutiennent sans conteste cet objectif, a expliqué Matthias Michel (PLR/ZG) au nom de la commission. Ils considèrent toutefois que les objectifs de cette motion sont déjà remplis par le Conseil fédéral et que cette intervention ne serait pas judicieuse dans la pratique.
Un avis contesté par la gauche. La situation en Chine n'a jamais été aussi grave, les droits de l'homme sont bafoués depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping il y a dix ans, a insisté Carlo Sommaruga (PS/GE). Il est nécessaire d'agir face à Pékin.
La Suisse a tout fait pour promouvoir ses intérêts économiques et renforcer ses relations économiques avec la Chine, alors que les droits l'homme restent un dossier "secondaire", a-t-il déploré.