(ats) Simonetta Sommaruga quitte le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC), alors que plusieurs gros dossiers sont encore ouverts. Son ou sa successeure devra notamment assurer l'approvisionnement énergétique du pays pour les années à venir.

Le risque de pénurie d'électricité cet hiver agite l'Europe depuis des mois. Berne a déjà pris plusieurs mesures: réserve hydroélectrique, centrales de réserve, groupes électrogènes de secours, augmentation des capacités de stockage et des options de livraison de gaz, mécanisme de sauvetage pour les grands électriciens ou encore campagne nationale d'économie.

Simonetta Sommaruga était sur tous les fronts ces derniers mois, si bien que la Suisse est sur de bons rails. Son ou sa successeure devra poursuivre sur cette lancée, et notamment tenter d'obtenir des accords de soutien mutuel avec les pays voisins. A long terme, un accord sur l'électricité avec l'Union européenne - au point mort depuis l'arrêt abrupt des négociations sur l'accord-cadre avec Bruxelles - devrait être négocié.

Réforme maous de l'énergie

Parallèlement, il faudra mener à bien la transition énergétique et accroître la production indigène pour réduire les dépendances aux importations d'énergies fossiles. Simonetta Sommaruga a proposé d'accélérer les procédures d'autorisation pour les grandes installations hydrauliques et éoliennes, et présenté une grande réforme de l'énergie.

Le projet entend augmenter la production d'électricité issue des énergies renouvelables, en particulier en hiver. Le ou la nouvelle cheffe du DETEC devra le défendre devant le Parlement, dont certains membres devraient profiter de l'occasion pour essayer d'affaiblir les exigences environnementales.

Il ou elle mènera également la campagne pour le contre-projet à l'initiative pour les glaciers. Tout juste bouclé par le Parlement, il vise la neutralité carbone d'ici 2050. Des programmes d'encouragement pour le remplacement des chauffages polluants, l'assainissement énergétique et l'innovation dans les entreprises sont prévus. Tout comme une offensive pour l'énergie solaire.

L'udc a saisi le référendum. Le parti est pour l'instant bien isolé sur le dossier, mais il table sur son dernier succès contre la loi sur le CO2. Une nouvelle révision du texte est d'ailleurs également sur le pupitre des parlementaires. Il mise sur des incitations, et non plus des taxes. L'objectif est de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 d'ici 2030.

Outre l'énergie, la protection de la biodiversité et du paysage seront aussi au programme. Deux initiatives sont discutées sous la Coupole. Un contre-projet est opposé à chacune. Il est question de protéger 17% du territoire et de mettre ces aires en réseau, mais aussi de stabiliser le nombre de bâtiments en territoire non constructible avec toutefois des exceptions.

Médias et PostFinance

L'avenir de l'aide aux médias, le futur statut de PostFinance ou encore les problèmes financiers des CFF donneront également du fil à retordre au ou à la successeure de Simonetta Sommaruga. Le peuple a refusé en février une enveloppe de 151 millions pour soutenir les journalistes. Et le Parlement n'a pas voulu sauver les points incontestés du projet dans la foulée.

En septembre, les députés ont encore enterré le projet de privatisation de PostFinance, qui devait permettre à la filiale de la Poste d'octroyer des crédits et des hypothèques en toute autonomie. Quant aux CFF, ils ont enregistré une perte de 142 millions de francs au premier semestre 2022, et peinent toujours à se remettre de la baisse de passagers liée à la crise du coronavirus.