(ats) Le financement de la chaussée roulante, qui permet de transporter les camions par le rail, sera prolongé jusqu'en 2028. Le Conseil des Etats s'est rallié jeudi par 25 voix contre 15 à la proposition du National. L'UDC demandait la fin du soutien dès l'année prochaine.

Le financement de la chaussée roulante actuel prend fin cette année. Ce mode de transport est en train d'être remplacé petit à petit par le transport combiné non accompagné (TCNA). Mais mettre fin abruptement à la chaussée roulante dès 2024 pourrait remettre un grand nombre de camions sur la route, 77'000 selon des estimations.

Le Conseil fédéral proposait donc de poursuivre le soutien jusqu'en 2026. C'est un compromis entre les intérêts de la politique de transfert de la route au rail et ceux de la politique financière, a soutenu le ministre des transports Albert Rösti. Mais le National s'est prononcé pour aller jusqu'en 2028.

2028: un choix raisonnable

Un choix qu'a largement suivi la gauche et le Centre au Conseil des Etats. Stefan Engler (Centre/GR) a rappelé que les capacités du terminal de Novare seront prêtes d'ici 2028, ce qui plaide pour un financement jusqu'à cette date. La chaussée roulante permet d'éviter des bouchons de 5 km chaque jour sur les autoroutes suisses, a-t-il insisté.

Heidi Z'Graggen (Centre/UR) a aussi plaidé pour ce mode de transport, même si ça coûte. "Les Autrichiens du Brenner nous envient notre article constitutionnel sur la protection des Alpes", a-t-elle dit.

La droite dure aurait préféré s'en tenir à 2026. "On peut partir de l'hypothèse qu'il n'y aura pas de report de trafic sur la route après", a indiqué Thierry Burkart (PLR/AG) au nom de la commission. Le système actuel est en perte de vitesse et ne devrait plus être subventionné plus longtemps que nécessaire, a-t-il ajouté.

Le ministre des transports Albert Rösti a également parlé du "début de la fin" de cette histoire ferroviaire. Il a encore invoqué la situation financière de la Confédération. Sans succès.

Avec l'option 2028, l'enveloppe s'élèvera à 106 millions de francs, soit 20 millions par année et 6 millions pour les frais de liquidation. L'option 2026 se serait chiffrée à 64 millions (2024-2026). Au vote sur l'ensemble, le projet a passé par 37 oui contre 5 non.

Pic en 2015

La chaussée roulante existe en Suisse depuis 1968. Les opérateurs de Hupac et RAlpin ont d'abord proposé des liaisons entre Fribourg-en-Brisgau (D) et Novare (I) via l'axe du Lötschberg-Simplon, ainsi que diverses liaisons via l'axe du Saint-Gothard. Les routes transalpines suisses ont ainsi été soulagées en 2005 de plus de 100'000 courses de camions par an, selon le rapport du Conseil fédéral.

En 2015, un record absolu a été atteint sur la chaussée roulante avec plus de 110'000 véhicules transportés. En 2020, le nombre de camions a chuté à 56'000 en raison de la pandémie.

Depuis la mise en service du tunnel de base du Ceneri et du corridor 4 mètres en décembre 2020, il est possible de transporter des semi-remorques à grand gabarit par le rail sur l'axe du Saint-Gothard. Ce secteur a fortement augmenté depuis. Le transit se fait ainsi de plus en plus avec des semi-remorques grutables.