(ats) La Suisse n'a pas à durcir sa politique d'immigration. Le Conseil des Etats a très nettement rejeté mercredi deux motions de Marco Chiesa (UDC/TI) qui demandait des mesures fermes pour maîtriser les arrivées des étrangers.

L'udc avait demandé un débat en session extraordinaire pour revoir les fondements de la politique migratoire de la Suisse. Mais hormis deux ténors de la droite dure, personne n'a pris la peine de débattre.

Marco Chiesa, à l'origine des deux motions, estime pourtant que "la Suisse subit une immigration de masse". La population en Suisse s’est accrue de près de 2 millions de personnes depuis 2002. Pour lui, la libre-circulation des personnes avec l'UE est responsable de cette forte hausse. L'immigration crée de la pauvreté, et non de la prospérité, a-t-il dit.

Le niveau de la formation baisse, les transports publics sont bondés, le mitage du territoire avance: plusieurs pays comme l'Australie ont pris ces dernières années des mesures strictes pour freiner cette pression croissante due à l'immigration, a renchéri Thomas Minder (Ind./SH).

La Suisse doit reprendre le contrôle de son immigration. Dans ses motions, Marco Chiesa demandait que le Conseil fédéral élabore dans les six mois une gestion autonome de l'immigration par des contingents annuels. En outre, il voulait que le gouvernement puisse mener des procédures d'asile à l'étranger, à l'instar de ce qu'ont décidé la Grande-Bretagne, le Danemark ou la Suède.

Prospérité à la clé

Mais pour la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider, il n'y a pas lieu de changer la politique actuelle suivie par le Conseil fédéral. L'immigration de ces 20 dernières années a contribué à la prospérité de la Suisse, a-t-elle martelé.

En 2022, plus de la moitié des personnes arrivées en Suisse sont venues pour travailler, 94% étaient européens. Il n'y avait que 5% de demandeurs d'asile. Aujourd'hui et dans les années à venir, l'immigration continuera d'être positive au vu de la pénurie de main-d'oeuvre qui va s'aggraver avec le départ des baby-boomers.

La gestion de l'immigration prend aujourd'hui en compte le potentiel de la main-d'œuvre indigène. Quant à l'idée d'externaliser les procédures d’asile à l'étranger, il n'en est pas question. Toutes les tentatives des Etats européens qui ont lancé des projets n'ont pas abouti.

Les sénateurs ont suivi cette argumentation et rejeté les deux motions, l'une par 28 voix contre 9 et la seconde par 30 voix contre 8.