(ats) Le chef du groupe parlementaire de l'UDC Thomas Aeschi a été énergiquement repoussé par deux agents armés de la police fédérale mercredi en marge de la visite du président du Parlement ukrainien au Palais fédéral. L'élu n'avait pas voulu respecter un cordon de sécurité.

L'incident est visible sur des images vidéo publiées par plusieurs médias et relayées sur le réseau X. Sur la même plateforme, le parlementaire UDC confirme avoir refusé de se laisser "stopper". Il a fait valoir que "durant la session, le travail parlementaire passe avant les visites d'Etat étrangères".

Sur les images, on voit qu'une autre personne est repoussée en bas de l'un des escaliers du foyer du Palais fédéral. Selon le site du Tages-Anzeiger, il s'agit du conseiller national Michael Graber (UDC/VS).

Le périmètre de sécurité avait été mis en place pour une séance photo entre le président du Parlement ukrainien Rouslan Stefantchouk et le président du Conseil national Eric Nussbaumer. Cette rencontre intervient peu avant la conférence de paix sur l'Ukraine de ce week-end au Bürgenstock (NW). Avant cette réunion, le niveau de sécurité est également très élevé au Palais fédéral.

La protection des personnes relevant du droit international public, comme le président du Parlement ukrainien, relève de la compétence de l'Office fédéral de la police (Fedpol), qui adapte le dispositif de sécurité en étroite collaboration avec les services du Parlement, a précisé Fedpol à Keystone-ATS. Dans ce genre de cas, la sécurité au Palais fédéral est assurée par des agents de sécurité armés.

Réactions contrastées

Les mesures de sécurité ont aussi agacé le conseiller national Christian Wasserfallen (PLR/BE). "Partout dans les escaliers du Palais du Parlement se trouvent des agents de la police fédérale armés de mitraillettes qui empêchent les gens et les membres du Parlement de se déplacer librement dans le bâtiment. Ce n'est pas possible", a-t-il tonné sur X.

Sa collègue Elisabeth Schneider-Schneiter (Centre/BL) est d'un tout autre avis: "Il existe au Palais fédéral des règles que le Parlement se donne pour sa propre sécurité. Les forces de sécurité exécutent ces règles en notre nom. La présence de ces parlementaires est une honte", a-t-elle écrit sur la même plateforme.

Le coprésident du PS Cédric Wermuth attaque frontalement le parti de Thomas Aeschi: "Une fois de plus, l'UDC minimise l'holocauste et le fascisme. Au Palais fédéral. Ce manque de respect envers les victimes des nazis me laisse sans voix", a écrit M. Wermuth, après que Michael Graber, également impliqué dans la mêlée, a lancé aux policiers qu'ils "auraient été les premiers à exécuter les ordres d'Hitler", selon des propos rapportés par le Tages-Anzeiger.