(ats) La coopération internationale doit disposer de 11,27 milliards de francs pour la période 2025-2028. Le Conseil des Etats a soutenu mercredi la proposition du Conseil fédéral, tout en renforçant le lien entre aide et migration. Seule l'UDC et quelques PLR ont refusé le projet.

La situation en Europe s'est fortement modifiée au cours des dernières années, a rappelé le ministre des affaires étrangères, Ignazio Cassis. La Suisse doit se préparer et défendre la sécurité sur le continent.

Pour Benjamin Mühlemann (PLR/GL), le budget doit être coupé. Le Glaronais a rappelé que le Conseil des Etats a voté une augmentation du budget de l'armée de 4 milliards, compensé notamment en coupant 2 milliards dans le budget de la coopération internationale. "Si nous priorisons un domaine, nous devons le faire de manière conséquente."

Son collègue de canton, Mathias Zopfi (Vert-e-s/GL) lui a rétorqué que le message de l'armée n'était pas encore sous toit. Le National doit encore en débattre et la commission préparatoire ne soutient pas la vision des sénateurs. Par ailleurs, M. Cassis a averti que si le Conseil des Etats renvoyait le projet, la Suisse n'aurait pas de stratégie de coopération et serait incapable d'agir dans ce domaine. La proposition a été rejetée par 31 voix contre 13.

La gauche voulait, elle, augmenter le budget de la coopération internationale pour atteindre 0,5% du revenu national brut en 2030. Au final, les différents arrêtés fédéraux ont été validés à la quasi-unanimité.

Ukraine

Dans le cadre de la stratégie de coopération internationale, l'Ukraine représente une part importante. Le Conseil fédéral lui attribue une enveloppe spécifique de 1,5 milliard de francs notamment pour l'aide humanitaire, la coopération au développement, la reconstruction, ainsi que pour la paix, la démocratie et les droits de l'homme.

"Il s'agit d'une nouvelle priorisation". Et M. Cassis de rappeler que "nous pouvons maintenir les points forts décidés".

Si la gauche trouve justifié de fournir une aide spéciale à l'Ukraine, ces fonds ne doivent pas être tirés de l'aide aux pays les plus pauvres, a critiqué Carlo Sommaruga (PS/GE). Il a donc proposé, en vain, de biffer ce crédit supplémentaire. Mais d'augmenter le crédit global de la coopération au développement, de l'aide humanitaire et de la promotion de la paix.

Esther Friedli a de son côté tenté, avec autant peu de succès, de réduire le budget pour l'Ukraine de 800 millions sur quatre ans, sans toucher à l'aide humanitaire.

Migration liée

Le reste du budget est principalement engagé dans les quatre régions prioritaires de la précédente stratégie (Afrique du Nord et Moyen-Orient, Afrique subsaharienne, Asie centrale, du Sud et du Sud-Est, et Europe de l'Est).

Les sénateurs ont décidé de renforcer le lien entre coopération et migration. Par 29 voix contre 11, ils proposent que les programmes dans les pays prioritaires soient réduits si ceux-ci ne sont pas suffisamment prêts à accepter ce lien, par exemple en reprenant leurs ressortissants qui sont renvoyés de la Suisse.

La gauche s'y est vainement opposée. "C'est une mesure punitive sur le dos des plus pauvres dans les pays du Sud", a lancé Franziska Roth (PS/SO).

Le dossier passe au Conseil national.