(ats) La Confédération doit soutenir la commune de Blatten (VS) en signe de solidarité. Le Conseil des Etats a validé mardi à l'unanimité une aide d'urgence de 5 millions de francs, demandée par le Conseil fédéral. Le National se prononcera jeudi.

"Deux kilomètres de long, 400 mètres de large et 200 mètres de profondeur", a chiffré le ministre de l'environnement Albert Rösti, pour décrire la coulée provoquée par l'éboulement du glacier de Birch dans le Lötschental le 28 mai. Cela montre le caractère extraordinaire de l'événement, a-t-il relevé, ajoutant qu'il n'y avait aucun précédent en la matière.

Le Conseil fédéral a donc décidé de mettre en place une aide "rapide et non bureaucratique", a souligné M. Rösti. "Les dommages pourraient se chiffrer à plusieurs centaines de millions de francs et une personne est toujours portée disparue", avait avancé vendredi dernier la présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter.

Redonner un avenir

Tous les sénateurs ont salué cet engagement. Il ne s'agit pas seulement d'un signe de solidarité, mais de redonner des perspectives futures à cette région, selon Fabio Regazzi (Centre/TI).

Les habitants de Blatten ont été intrinsèquement touchés dans leur identité, a complété Marianne Maret (Centre/VS). "Ils n'ont plus rien, même plus d'adresse." Pour Pascal Broulis (PLR/VD), la contribution fédérale doit être utile à la communauté, dans un bien général.

Au nom de la commission, Jakob Stark (UDC/TG) a rappelé la devise "Un pour tous, tous pour un" qui figure sur la coupole du Palais fédéral. Lui-même domicilié dans le Lötschental, Beat Rieder (Centre/VS) a remercié le Conseil fédéral et le Parlement pour leur soutien. "Les défis représentent plus un marathon qu'un sprint", a-t-il déclaré.

15'000 francs par habitant

La Confédération compte ainsi s'associer au canton du Valais qui a libéré avec effet immédiat 10 millions de francs pour les habitants du village de Blatten.

Cette aide doit être versée directement à la commune pour des mesures d'urgence qui ne sont couvertes ni par des assurances ni par des subventions et qui doivent être mises en œuvre rapidement. Elle peut également être utilisée pour soutenir les villageois en situation particulièrement difficile.

La commune pourra décider elle-même de l'usage de la contribution, qui représente 15'000 francs par habitant domicilié à Blatten. Elle devra brièvement rendre compte de l'utilisation des fonds reçus. C'est la première fois que la Confédération octroie une aide directe inconditionnelle pour une catastrophe naturelle dans le cadre d'une loi d'urgence.

Trois phases

Pour la reconstruction de Blatten, le Conseil fédéral compte agir en trois phases. Les 5 millions représentent une première étape, à court terme, a expliqué Albert Rösti. A plus long terme, la Confédération est prête à apporter une aide supplémentaire. Elle veut pour ce faire disposer d'ici la fin de l'année d'une vue d'ensemble sur toutes les aides fournies par la Confédération, les cantons et les tiers.

Le Département de M. Rösti (DETEC) est aussi chargé de soutenir Blatten dans ses réflexions et ses travaux de planification en vue d'une reconstruction. La décision de quitter la vallée ou non reviendra à la population concernée.

Création d'un fonds

L'automne passé, Fabio Regazzi a déposé une initiative parlementaire visant à créer un fonds national pour faire face aux situations d'urgence dues aux catastrophes naturelles, à la suite des événements qui ont touché en particulier le Tessin, les Grisons et le Valais l'été dernier. Son intervention est en cours de traitement au Parlement.

La fréquence et l'intensité de ces catastrophes naturelles augmentent, a relevé M. Regazzi. Alors que la Confédération n'a actuellement aucune base légale pour y faire face, le Tessinois estime que la situation n'est pas durable. Et de demander de la sécurité juridique et une égalité de traitement entre les régions touchées.

Les cantons alpins sont mis à rude épreuve depuis plusieurs années, a avancé Mme Maret. Des risques existent aussi en plaine, en raison des crues, a ajouté M. Broulis. Le Vaudois a aussi demandé de réfléchir à la suite à donner en matière de soutien fédéral face aux catastrophes naturelles.