(ats) Le National est préoccupé par le démantèlement l'Agence américaine pour le développement international (USAID). Il a adopté vendredi, par 143 voix contre 25, un postulat de commission demandant d'évaluer les conséquences de l'interruption des activités de cette agence sur la coopération internationale de la Suisse.

Peu après son entrée en fonction, le président américain Donald Trump a décidé de suspendre toute aide à l'étranger. Il a aussi prévu de démanteler l'USAID. Cette annonce a mis le monde des organisations internationales en émoi. La Genève internationale se retrouve aussi touchée, une situation qui inquiète jusque sous la Coupole fédérale.

La situation dramatique entourant l'USAID, la plus grande agence de développement au monde, place la coopération internationale au développement face à des défis sans précédent, a estimé Didier Calame (UDC/NE) pour la commission. Des décennies de progrès réalisés en matière de développement sont en danger, exposant les populations des pays les plus pauvres à des problèmes existentiels.

La santé globale est un axe prioritaire de la stratégie de coopération internationale 2025-2028 de la Suisse. Dans ce domaine, des programmes indispensables risquent de disparaître, par exemple dans la prévention et le traitement du VIH/sida ou dans la lutte contre la tuberculose et le paludisme.

En tant qu'actrice majeure dans le domaine de la coopération internationale et Etat hôte d’importantes organisations multilatérales, la Suisse se doit d’assumer une responsabilité particulière.

Situation volatile

Le Conseil fédéral était opposé. L'établissement d'un rapport sur ce thème très volatil ne permettrait pas d’arriver à des résultats concluants dans la situation actuelle, a avancé le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis. Il s'est toutefois dit prêt à informer régulièrement les commissions de politique extérieure des développements enregistrés et des connaissances les plus récentes.

En 2024, l’aide publique au développement des Etats-Unis se montait à 63,3 milliards de dollars, soit près d’un tiers du volume de l’aide publique au développement de l’ensemble des États membres de l’OCDE. Environ 45% des fonds humanitaires mondiaux provenaient des États-Unis.

Si le gel des paiements devait se prolonger, voire devenir permanent, cela aurait de graves répercussions au niveau international, a reconnu M. Cassis. La Suisse a déjà dû stopper des projets qui étaient lancés en partenariat avec les Etats-Unis. La situation reste encore incertaine pour les projets multilatéraux.

En 2024, les Etats-Unis représentaient un tiers de l'aide publique, a rappelé M. Calame. Aucun pays ne serait en mesure, à court ou à moyen terme, de combler ce vide, a poursuivi M. Cassis. De surcroît, un grand nombre de pays, dont la Suisse, réduisent aujourd’hui les budgets de la coopération internationale.