Une remise de la munition de poche renforcerait la sécurité des militaires en cas de mobilisation et la capacité de défense de l’armée en général. La situation en matière de sécurité a fondamentalement changé depuis 2007, a plaidé Werner Salzmann (UDC/BE) au nom de la commission compétente. Le Parlement avait alors décidé d'arrêter la distribution de munitions de poche.
Les cas de morts ou suicides par armes à feu, malheureux, n'ont rien à voir avec le fait d'avoir des munitions à la maison, a affirmé l'UDC.
La situation internationale n’est pas si imminente pour que les munitions de poche doivent être conservées à domicile. Elles peuvent être distribuées sur le site de mobilisation. Avoir une arme et des munitions à portée de main augmente le risque d'utilisation sous le coup de l'émotion, a rétorqué Daniel Jositsch (PS/ZH).
De nombreuses études montrent le lien entre le nombre de morts violentes, suicides ou féminicides, et la possession de munitions à domicile. Aucun autre pays européen ne connaît autant de morts par armes à feu que la Suisse, a poursuivi Flavia Wasserfallen (PS/BE). Dans un tiers des cas de suicides chez les jeunes hommes, une arme à feu est en cause, a ajouté Fabien Fivaz (Vert-e-s/NE).
Le Conseil fédéral était lui aussi opposé à la motion. La situation sécuritaire n'exige pas de retour de la munition à la maison. La motion a été enterrée par 31 voix contre 9, contre l'avis de la commission compétente.