<p>Berne (ats) Le Parlement ne devrait pas se prononcer sur l´achat de chars de génie dans l´immédiat. Voulant d´abord un débat de fond sur les missions de l´armée, la commission compétente du Conseil des Etats a décidé par 7 voix contre 4 de retirer ce point du programme d´armement 2004.
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Ce dernier ne devrait donc être devisé qu´à 518 millions de francs au lieu des 647 millions demandés par le Conseil fédéral. Seule une minorité de la commission de la politique de sécurité s´est prononcée en faveur de l´achat sans attendre des douze chars de génie et de déminage proposés. Elle plaidera en ce sens devant le plénum durant la session d´automne.

Avant de trancher, la majorité souhaite en revanche une discussion de fond sur les moyens alloués aux éléments chargés de la montée en puissance de l´armée, a indiqué le vice-président de la commission Hermann Bürgi (UDC/TG) jeudi devant la presse. Dans une motion, la commission enjoint donc le Conseil fédéral de présenter rapidement un rapport.

L´achat des chars, devisé à 129 millions, sera discuté dans ce contexte. La commission n´y est a priori pas opposée, a souligné M. Bürgi. Mais elle veut davantage d´éclaircissements sur ce qui est planifié en matière de renforcement de certains secteurs de l´armée en fonction de l´évolution du danger.

Avions acceptés

Autre acquisition contestée, l´achat de deux avions espagnols de type Casa C-295M a par contre déjà trouvé grâce aux yeux de la commission. Par 8 voix contre 2, elle recommande au plénum de libérer les 109 millions nécessaires pour ces appareils destinés au transport de troupes, de matériel ou de petits véhicules, voire à la distribution de rations alimentaires ou à l´engagement de parachutistes.

Renoncer à ces engins, qui devraient être utilisés dans des missions humanitaires, de promotion de la paix et de gestion des crises sur le plan international, serait source d´inconvénients, a expliqué Hermann Bürgi. La Suisse ne pourrait en effet pas transporter elle-même en tout temps ses troupes.

Or la commission ne souhaite pas d´une dépendance face à l´étranger. Sans ces avions, la Suisse ne pourrait en outre pas participer au pool européen de transports. L´avantage de ces appareils est en revanche qu´ils pourront également être utilisés par d´autres départements que celui de la défense.

Plus économique

Ils pourront servir à celui des affaires étrangères pour évacuer des Suisses hors d´une zone de crise ou à celui de justice et police pour renvoyer des requérants d´asile dans leur pays. D´une manière globale, leur achat permettrait des économies de l´ordre de trois millions de francs.

L´achat de ces deux avions de transport est un serpent de mer. Le Conseil fédéral y songe depuis des années. Il l´a toutefois reporté, soit qu´il n´a pu choisir le fournisseur, soit qu´il préférait temporiser sur les missions à l´étranger, soit qu´il accordait la priorité à la rigueur budgétaire.

La commission du Conseil des Etats n´a pas touché aux autres acquisitions prévues dans la programme d´armement 2004. Elle a ainsi donné son aval à l´intégration du système de transfert de données Data Link dans le système FLORAKO de surveillance aérienne (268 millions).

L´achat de deux plateformes de simulation de tir au laser pour des exercices de combat (95 millions), de 105 000 casques de protection balistique (35 millions) et de 49 containers de ravitaillement en carburant (11 millions) n´étaient pas davantage contestés.