«Le multilatéralisme est la seule réponse possible au terrorisme», a affirmé le président du Sénat italien Pietro Grasso. Son homologue espagnol Pio Garcia-Escudero a abondé en assurant que «nous pouvons venir à bout d'une forme de terrorisme» par le travail commun. Et de donner en exemple la coopération franco-espagnole qui a permis de lutter contre l'organisation armée basque indépendantiste ETA.
La présidente de la première Chambre des Etats généraux néerlandais, Ankie Broekers-Knol, a également estimé que «la coopération est la clé». Le même besoin a été aussi formulé par Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale russe.
Elle a cependant surtout profité de sa prise de parole pour justifier les interventions militaires russes en Syrie et balayer les accusations de violations des droits humains formulées par des pays occidentaux.
L'intervention de Mme Matvienko n'a pas fait réagir ses homologues. Une inaction que le président du Conseil des Etats Raphaël Comte, hôte de la conférence, explique par la nature ouverte de la réunion. Il a toutefois assuré que «ces affirmations difficiles à vérifier n'étaient pas partagées par tous les autres participants».
Présentation des systèmes
Deux conseillers aux Etats suisses, Jean-René Fournier (PDC/VS) et Anne Seydoux (PDC/JU), ont pour leur part présenté le système parlementaire suisse et l'étendue des pouvoirs attribués à l'Assemblée fédérale pour surveiller les activités de renseignement du gouvernement.
Le président du Sénat français Gérard Larcher a, lui, expliqué le rôle de son institution dans la lutte contre le terrorisme depuis la déclaration de l'Etat d'urgence fin 2015. Il a insisté sur l'importance de la prise de mesures en matière de prévention et de répression dans cette lutte. Une opinion partagée par plusieurs de ses collègues.
L'Autriche, la Bosnie-Herzégovine, le Luxembourg, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni et la Slovénie avaient également envoyé une délégation à Berne. Quant à l'Allemagne, elle se joindra à la rencontre ce vendredi.
Entretiens bilatéraux
Avant cette réunion, Raphaël Comte a pu rencontrer ses homologues slovène, italien, russe et français, ont communiqué les services du Parlement. Les questions relatives au développement de l'UE et à la mise en œuvre de l'initiative «contre l'immigration de masse» ont été discutées avec le Slovène Mitja Bervar, M. Comte s'est entretenu sur des sujets similaires avec M. Grasso. La crise migratoire et le problème des tensions entre le Tessin et la région frontalière italienne ont également été abordés, mais aucune information à ce propos n'a filtré.
Lors de son entretien avec Mme Matvienko, le Jurassien a évoqué la situation difficile en Ukraine et en Syrie et l'afflux des réfugiés. Il a aussi mis en avant l'importance du dialogue avec tous les partenaires et expliqué que Berne attendait de la Russie qu'elle adopte une approche constructive dans les négociations