(ats) Les conditions d'admission au service civil devraient être durcies. Le Conseil national est entré en matière mercredi par 97 voix contre 93 et 6 abstentions sur la révision de la loi destinée à contrer l'hémorragie des effectifs de l'armée. Le débat se poursuit.

La réforme vise surtout les personnes ayant déjà effectué leurs obligations militaires. L'armée perd trop de soldats en faveur du service civil. En 1996, depuis que la loi sur le service civil est entrée en vigueur, les admissions ont explosé. Elles sont passées d'un millier à l'époque à plus de 6000 depuis 2016, a expliqué Jean-Luc Addor (UDC/VS) au nom de la commission.

Plus d'un tiers sont des militaires ayant terminé leur école de recrues, des cadres et des spécialistes. L'année dernière, quelque 50'000 personnes étaient astreintes au service civil alors que l'effectif réglementaire de l'armée est de 100'000.

Il faut corriger le tir urgemment, a dit M. Addor. Il n'y pas de choix entre le service civil et l'armée, a ajouté Ida Glanzmann (PDC/LU).

Soutenus par le PS, les Vert'libéraux et une partie du centre, les Verts ont défendu la non-entrée en matière. Les effectifs de l'armée ne sont pas en péril, a expliqué Fabien Fivaz (Verts/NE).

Les restrictions ont pour but d'affaiblir le service civil et de le rendre moins attrayant, selon l'écologiste Neuchâtelois. L'an dernier pourtant, 1,2 million de journées ont été investies dans la santé, le social, l'agriculture ou la sauvegarde du patrimoine. A quel prix veut-on abandonner cet apport à la communauté, a-t-il dit.

Ces mesures ont un caractère punitif, sont contraires à la Constitution et au droit international ou représentent des chicaneries inutiles, a ajouté Priska Seiler Graf (PS/ZH).

Le Conseil fédéral propose huit mesures pour durcir les conditions d'admission au service civil qui sont l'un des facteurs influençant la baisse des effectifs de l'armée. Ces mesures pourront produire les résultats escomptés, a déclaré le ministre de l'économie Guy Parmelin. La sécurité du pays est un intérêt public prépondérant.