Les requérants d'asile érythréens déboutés ne peuvent pas être renvoyés car l'Erythrée refuse les rapatriements forcés. Ces personnes restent donc en Suisse et vivent aux frais de l'aide sociale, a souligné le motionnaire.
Et d'ajouter qu'ils occupent en outre des places d'hébergement qui devraient revenir aux personnes qui ont réellement besoin de protection. A fin janvier, 328 ressortissants érythréens étaient tenus de quitter la Suisse, selon les chiffres du Secrétariat d'Etat aux migrations.
Il s'agit de mettre en place un mécanisme de renvoi prévoyant notamment une compensation financière pour le pays retenu. Le Rwanda pourrait être un partenaire potentiel, selon le Lucernois. Une fois dans le pays tiers, les requérants déboutés pourraient rentrer dans leur pays d'origine, rester dans le pays tiers ou encore s'installer dans un autre pays de la région.
M. Müller a tenu à préciser que la motion ne demande pas que la Suisse externalise ses procédures d'asile à l'étranger. Elle ne concerne que les ressortissants érythréens déboutés qui n'ont pas besoin de la protection de la Suisse. Pour Marco Chiesa (UDC/TI), il faudrait justement délocaliser les demandes d'asile. Même si la motion ne va pas assez loin, c'est un "premier pas".
Pas réalisable
Même s'il s'est dit conscient de la problématique, le gouvernement était opposé au texte. D'une part, cela ne concernerait qu'un nombre relativement restreint de personnes.
D'autre part, un tel projet n'est pas réalisable pour le moment pour des raisons tant pratiques que légales, a relevé la ministre de la justice Elisabeth Baume-Schneider. Les requérants d'asile déboutés ne peuvent notamment être envoyés dans un pays tiers que s'ils ont un lien avec ce pays. De plus, aucun partenaire de l'espace Schengen ne procède à des renvois forcés vers des pays tiers, a précisé la Jurassienne.
Depuis 2017, les demandes d'asile érythréennes sont secondaires, c'est-à-dire qu'elles concernent principalement les bébés nés en Suisse, a fait valoir Lisa Mazzone (Vert-e-s/GE). Et d'ajouter que l'écrasante majorité des demandes reçoivent un statut de protection.
"On parle de 328 personnes, qui sont en Suisse depuis longtemps. Si vous êtes préoccupés par la situation de l'aide sociale, permettez-leur de travailler", a-t-elle lancé, en vain.
Le Conseil national doit encore se prononcer.