"Il est indispensable de soutenir les capacités aux frontières extérieures de l'espace Schengen, surtout dans le contexte migratoire actuel", a souligné au nom de la commission Jacqueline de Quattro (PLR/VD).
Le renforcement des capacités et de la coopération, notamment avec l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, permettra de réduire le nombre d'entrées illégales en Suisse. Les cantons n'auront pas à s'acquitter de frais supplémentaires, a précisé la Vaudoise.
La Suisse montre ainsi sa solidarité avec les pays qui ont de longues frontières, a indiqué Thomas Rechsteiner (Centre/AI). "Nous faisons partir d'une Europe géographique", a-t-il ajouté.
Réticences de l'UDC et des Verts
L'udc s'est opposée à ce développement de Schengen pour la Suisse. "Nous payons 300 millions de francs alors que les frontières resteront pleines de trous", a lancé Erich Hess (UDC/BE). La Suisse devrait plutôt se concentrer sur le contrôle de ses propres frontières.
Les Vert-e-s se sont aussi montrés critiques sur la finalité de ce fonds qui pourrait violer les droits fondamentaux. Ils se sont abstenus lors du vote.
Etats en première ligne
L'espace Schengen compte plus de 8000 km de frontières terrestres et 43'000 km de frontières maritimes, a rappelé la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP), Elisabeth Baume-Schneider. La charge est très inégale entre les pays membres. La Suisse profite des mesures prises par d'autres Etats très sollicités, a-t-elle souligné.
L'instrument de soutien financier à la gestion des frontières et à la politique des visas (IGFV) n'est pas nouveau. Il succède au Fonds pour la sécurité intérieure dans le domaine des frontières extérieures et des visas (FSI), auquel la Suisse participait depuis août 2018. Ce fonds a cessé d'exister fin 2020.
Sur les sept années que doit durer ce fonds, la contribution de la Suisse devrait être d'environ 300 millions d'euros. La contribution suisse est calculée en fonction de son PIB, comme pour tous les autres Etats. La Suisse se verra elle allouer des moyens pour financer des mesures nationales. Elle recevra environ 50 millions d'euros.
Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.