Ce dernier a approuvé en septembre les 11,27 milliards. Au National, l'UDC ne voulait pas entrer en matière. Tous les autres partis et le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis ont eux soutenu la nécessité de la stratégie, jeudi passé lors du débat d'entrée en matière.
La majeure partie de l'enveloppe est prévue pour la coopération au développement et l'aide humanitaire, avec 9,66 milliards pour les projets de la Direction du développement et de la coopération. Les députés ont refusé de lever le frein aux dépenses, par 99 voix contre 89 et 5 abstentions. La majorité qualifiée de 101 voix était requise. Ce vote bloque de fait la décision sur le montant.
Le National a en revanche accepté les autres montants. Pour la coopération économique au développement, qui est du ressort du Secrétariat d'Etat à l'économie, 1,4 milliard est prévu. Enfin, un montant de 232,6 millions est destiné au financement de mesures de promotion de la paix et de renforcement des droits humains.
Gauche contre droite
Auparavant, les députés ont débattu des montants alloués. La gauche a tenté d'augmenter les moyens. "Les crédits prévus par le Conseil fédéral sont très maigres, si maigres que nous n'arriverons jamais à répondre à nos engagements", a lancé Fabian Molina (PS/ZH).
En période de crise, la Suisse doit être un "Etat fort" avec une situation financière "saine" et une capacité de défense suffisante, a contré Hans-Peter Portmann (PLR/ZH). L'UDC, le PLR et une partie du Centre ont échoué, sur le fil, à réduire les montants.
Ukraine
Le Conseil fédéral prévoit 1,5 milliard de francs pour l'Ukraine et la région. Au vu de la situation financière tendue de la Confédération, le gouvernement a renoncé à demander les montants pour l'Ukraine en dehors de la stratégie, a expliqué le ministre.
Le reste du budget est principalement engagé dans les quatre régions prioritaires de la précédente stratégie (Afrique du Nord et Moyen-Orient, Afrique subsaharienne, Asie centrale, du Sud et du Sud-Est, et Europe de l'Est).
Concernant l'utilisation concrète des moyens en Ukraine, les députés ont décidé que les aides à la reconstruction doivent être fournies si possible par des entreprises suisses. Les affaires compensatoires n'ont pas leur place dans cette stratégie, a opposé M. Cassis. "C'est délicat et irréaliste, et cela retarderait le travail à faire." En vain.
La gauche a proposé sans succès de financer une partie du montant alloué à l'Ukraine par les rendements des réserves et actifs immobilisés en Suisse de la Banque centrale de la Fédération de Russie. Elle a encore échoué à affecter au moins 5% du crédit pour l'Ukraine pour soutenir les personnes touchées par la violence psychique ou sexualisée dans le contexte de la guerre.
"Les violences sexuelles sont une arme de guerre brutale, très clairement utilisée", a déclaré Claudia Friedl (PS/SG). Et de préciser que les victimes sont surtout des femmes.
Santé, culture, migration
La politique de santé doit constituer un élément central de la coopération internationale, a encore estimé la Chambre du peuple. La politique extérieure en matière de santé 2019-2024 doit être prolongée d'une période supplémentaire et les moyens alloués au domaine de la santé dans la coopération internationale doivent être augmentés à hauteur de 15% des transferts de crédits de la DDC. L'UDC, soutenue par quelques PLR, était contre.
Dans le domaine de l'éducation, l'expertise de la Suisse doit être utilisée dans le cadre de la coopération internationale. Au grand dam de l'UDC à nouveau, le National a exigé que le thème de l'éducation soit pris en compte dans le cadre des moyens mis à disposition.
Après le Conseil des Etats, le National a décidé de renforcer le lien entre coopération et migration. Les programmes dans les pays prioritaires doivent être réduits si ceux-ci ne sont pas suffisamment prêts à accepter ce lien, par exemple en reprenant leurs ressortissants qui sont renvoyés de la Suisse. La gauche n'a pas réussi à biffer cette conditionnalité. L'UDC n'a pas réussi non plus à la rendre plus stricte.