Il faut prendre des mesures pour éviter que les entreprises suisses sous influence internationale ne puissent générer des moyens financiers qui pourraient être utilisés à des fins belliqueuses, demande le Soleurois. Il a donné l'exemple de l'Azerbaïdjan, qui commercialise ses produits pétroliers en s'appuyant sur la société Socar, qui fournit des stations-service suisses.
Le pays acquiert ainsi de précieuses devises qui lui permettent de mettre en place et d'entretenir son appareil militaire. Un contrat conclu entre Socar et le producteur de pétrole russe Lukoil permet en outre de contourner les sanctions de l'UE contre la Russie, et donc de financer de manière indirecte la guerre en Ukraine, a fustigé M. Müller-Altermatt.
Il s'agit d'une "tache noire, qui fait des dégâts à la réputation de la Suisse", a-t-il déclaré. La Suisse n'a pas à participer au "financement sale de conflits armés et de guerres d'agression violant le droit international", a appuyé Martine Docourt (PS/NE).
Preuve difficile à apporter
Le texte menace la place économique suisse et soulève des questions concernant la neutralité helvétique, a contré Jean-Luc Addor (UDC/VS) pour la commission. De plus, cela restreindrait la possibilité de la Suisse d'offrir ses bons offices et limiterait fortement sa capacité d'agir en politique étrangère, a complété le co-rapporteur Simone Gianini (PLR/TI).
M. Addor a encore argué qu'un train de sanctions autonome de la part de la Suisse ne permettrait pas d'arrêter la moindre guerre. Et de souligner la difficulté à apporter la preuve de la domination ou de l'influence étrangère ainsi que la participation indirecte de ces sociétés à des guerres.
Avec succès. Quelques centristes se sont abstenus lors du vote.