Ayent Anzère, le 1er août 2011 - Embargo 21h30

Les paroles prononcées font foi.

 

La Suisse de l’Equilibre.

Monsieur le Président de la commune,
Mesdames et Messieurs les représentants des autorités cantonales et communales,
Chères concitoyennes, chers concitoyens,
Chers visiteurs de l’étranger,

 

En Suisse, la Fête nationale n’est pas une démonstration de suprématie de la nation, et encore moins de la volonté de se barricader ou de se replier sur soi.

Non, la Fête nationale en Suisse exprime la simplicité et le plaisir de se retrouver. C’est la célébration modeste d’un pays où l’on se sent heureux de vivre, de travailler, de faire la fête.

Notre fête nationale se célèbre aussi bien dans les milliers de rassemblement locaux qu’à Berne, la ville fédérale. Elle a lieu dans tous les coins du pays: sur les alpages, dans les communes, dans les petites et les grandes agglomérations.

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux qu’on puisse partager ensemble, ici, à Anzère, cette Fête nationale 2011.

D’abord parce qu’en y retrouvant de nombreux amis, je me sens un peu à la maison à Ayent. Ensuite, parce que je vois dans cette station de montagne un symbole et un exemple: avec le soutien de la population, la commune d’Ayent a su préserver un environnement exceptionnel et perpétuer une dynamique touristique capables d’accueillir de manière optimale les hôtes suisses ou étrangers.

Je salue ce soir tous les visiteurs d’outre frontière qui nous font le plaisir de participer à notre fête nationale.

Oui, nous habitons un pays de paix qui s’est construit grâce à la volonté de populations et de cantons de se rassembler, pour éviter les guerres et pour trouver la prospérité. Mais le miracle helvétique ne va pas de soi. Il faut le cultiver et le soigner en entretenant des liens avec toutes les régions de Suisse et également avec nos voisins, sur le continent européen.

Ce soir, je veux évoquer une Suisse de l’Equilibre, une Suisse qui gagne parce qu’elle a trouvé et inscrit dans sa constitution les principes de cet équilibre. Equilibre entre les cantons, entre les plaines et les montagnes, entre les multiples idéologies et les différents groupes de population.

Si notre petit pays, ouvert sur le monde, est fort, c’est grâce à l’équilibre entre tradition et innovation, entre acquis et dynamisme. S’il est prospère, c’est grâce à la stabilité politique, à la paix sociale et à la qualité des liens qui unissent sa population.

Mesdames et Messieurs,

La Suisse est l’une des plus anciennes démocraties du monde. C’est chez nous que s’est développée une démocratie de proximité qui encourage le débat et cultive le sens du respect des minorités.

Nous ne pratiquons pas de politique de coalition qui opposerait la majorité à la minorité. La spécialité de la Suisse, c’est la politique de concordance: ce principe permet d’impliquer les plus grandes forces et mouvements d’idées dans le gouvernement pour la conduite du pays. Ce principe fonde la démocratie directe et permet au peuple de participer régulièrement aux décisions qui engagent la Suisse.

Pour se perpétuer, la concordance nécessite la confiance de la population envers ses autorités et je pense que la culture de dénigrement de nos institutions, qui génère des peurs, est un poison pour notre démocratie. Je suis convaincu que cette culture négative est porteuse à terme de déséquilibres.

L’équilibre se trouve à mi-chemin entre les extrêmes. Il est facile à détruire car certains excès peuvent provoquer des dérives et l’affolement. Il faut être solidaire pour le protéger.

La Suisse est multiculturelle par son histoire ancienne et par son évolution démographique récente. Elle est riche de sa diversité. Elle s’est construite en intégrant les nouveaux citoyens et en s’adaptant sans cesse à la modernité.

Je m’engage pour une société de l’équilibre, qui intègre et qui n’exclut pas.

Célébrons cette Suisse en mouvement, prospère et solidaire, ouverte sur le monde, qui se souvient d’où elle vient mais qui ne craint pas son destin.

Le 1er Août évoque majoritairement les mythes fondateurs de la Suisse primitive. Les trois Suisses unis contre le tyran en 1291 puis, plus tard, la figure de Guillaume Tell. Le sentiment de communauté nationale, avec ses aspects parfois irrationnels, nous fait chaud au cœur.

Mais, pour ma part, je préfère bâtir notre identité sur 1848, date de la première Constitution fédérale, date de la naissance de la Suisse moderne et de l’avènement d’un pays de liberté, de responsabilité, qui a le goût d’entreprendre, d’innover et de se développer.

Comme président de l’Assemblée fédérale, je salue les 700'000 Suisses expatriés. Dans les ambassades à travers le monde, ils fêtent bien souvent le 1er Août au son du cor des Alpes.

L’écho du cor éveille dans leurs cœurs le souvenir de leur origine. Ce son évoque pour tous la montagne, la beauté des paysages et la tranquillité d’une Suisse en paix.

Les Suisses voyagent bien et loin parce qu’ils connaissent les langues, qu’ils savent s’adapter et qu’ils ont de profondes racines. Ils font rayonner notre pays bien au-delà de ses frontières.

Grâce aux Suisses de l’étranger, notre petite nation ressemble à un arbre. La Suisse s’enracine et se développe grâce à un système de branches et de surfaces foliaires particulièrement actif.

Je vous souhaite, à toutes et à tous, chers compatriotes et chers visiteurs, une belle fête du 1er Août.

 

Jean-René Germanier
Président du Conseil National