Stéphane Rossini, Président du Conseil national
La démocratie et l’engagement politique intergénérationnel
Les paroles prononcées font foi.
Mesdames et Messieurs les conseillères et conseillers nationaux,
Nous voilà au terme de la 49ème législature et, pour moi, quasiment au terme de mon année présidentielle. Puisque le Doyen de fonction ouvrira la prochaine session et procédera à l’élection de la future présidence du Conseil national, je souhaite vous adresser pour la dernière fois quelques mots.
On ne le répétera jamais assez, la Politique est l’espace de construction du Vivre ensemble. Au-delà des visions plurielles et des diversités partisanes, qui caractérisent logiquement un Parlement, il ne devrait faire aucun doute que la responsabilité de poser les jalons d’une démocratie saine et durable incombe aux Autorités politiques que nous sommes.
En cette année de présidence, j’ai rencontré à travers la Suisse des citoyennes et des citoyens fiers de leur pays et de leurs autorités. J’ai rencontré aussi des autorités étrangères envieuses et intéressées par les institutions helvétiques, qu’il s’agisse de la démocratie directe, du fédéralisme ou des relations entre Parlement et Gouvernement.
Cet intérêt nous rappelle que la démocratie ne va pas de soi; qu’elle est le fruit du volontarisme et du dialogue politiques; qu’elle est un projet ambitieux, autour duquel s’associent population et autorités.
Pour durer, la démocratie dépendra de notre capacité à moderniser nos institutions pour que celles-ci soient en adéquation avec les transformations et les évolutions de la société. Pour durer, elle dépendra aussi de notre capacité à intégrer dans le monde politique et institutionnel les relations intergénérationnelles. Ce qui suppose, très concrètement: poser les bases du transfert intergénérationnel des autorités élues et de celles et ceux qui font vivre nos partis et les innombrables associations, sociales, culturelles, sportives ou économiques, qui composent la vie sociale de notre pays.
Cela ne saurait par conséquent se limiter au seul soutien des mouvements jeunesse de nos partis, quand bien même une telle démarche est essentielle. Pour appréhender la société dans sa globalité, la tâche est plus vaste et plus ardue.
Il nous faut donc associer la jeunesse à la déclinaison politique des valeurs fondamentales qui régissent notre société, y compris et surtout la jeunesse non politisée. Par conséquent, de l’enseignant à l’entraîneur de football, du parti politique aux associations d’aînés, de la commission jeunesse d’une commune aux animateurs socio-culturels de quartier, des clubs sportifs aux associations culturelles, tous doivent porter à travers leurs activités la responsabilité de la construction démocratique d’un Vivre ensemble auquel la jeunesse de notre pays pourra et voudra adhérer.
La pérennité démocratique, la cohésion sociale et les transferts intergénérationnels de compétences et d’engagement sont à mes yeux les pièces-maîtresse de la citoyenneté. Ce sont des joyaux à soutenir, par la réflexion et par l’action.
Mesdames et Messieurs, avant de conclure mon année de présidence et de clore cette session, permettez-moi quelques ultimes considérations.
- La première est quantitative: notre travail fut intense durant ces 4 années. Près de 400 questions, 2500 à l’heure des questions, plus de 2100 interpellations, près de 1400 motions, 360 initiatives parlementaires ou plus de 700 postulats, des initiatives populaires et plusieurs dizaines de lois ont ainsi été traitées durant cette législature.
- La deuxième s’adresse aux groupes politiques … Le Parlement doit être un acteur de la cohésion de ce pays. Cela passe dans cette maison par la représentation des latins au sein de nos différents organes. Un seul latin au Bureau, votre Président, pour cette dernière année de législature, ce n’est pas satisfaisant ! Je demande donc aux Chefs de groupes, dans un Parlement n’aime pas les quotas, de prendre leurs responsabilités pour corriger, dès décembre prochain cette situation.
- La troisième est un conseil à tous les membres futurs de l’Assemblée fédérale, dans le but de faciliter la vie des Présidents. Il ne serait pas inutile de lire une fois au moins par législature le règlement de notre Conseil! Je le dirai aussi aux nouveaux, à fin novembre prochain!
- Et puis, je veux, en notre nom à toutes et tous, remercier très sincèrement toutes les collaboratrices et tous collaborateurs des services du Parlement, sans qui notre institution ne fonctionnerait tout simplement pas. Nous avons conscience de l’excellente qualité des prestations et de l’énorme engagement qui se cachent derrière nos procédures et processus de décision. Je prie M. le Secrétaire général de transmettre ces remerciements à tous les employés de notre Parlement.
- Enfin, puisque je ne pourrai pas le faire lors de la prochaine session d’hiver, je tiens à remercier mes deux vice-présidents pour leur précieuse collaboration et vous toutes et tous, cher.e.s collègues, pour votre engagement.
Je terminerai en citant Jean Monnet, père fondateur d’une Europe de la paix, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, qui écrivait: «Rien ne se crée sans les Hommes, rien ne dure sans les institutions».