Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Vous vous réunissez dans la salle du Conseil national, l'année même qui marque le 50e anniversaire de l'assurance vieillesse et survivants. Cette branche fondamentale de nos assurances sociales fut adoptée, le 6 juillet 1947, par 860 000 voix contre 215 000 avec 80 % de participation. Depuis que cette grande conquête sociale a été acquise, la législation a été améliorée au travers de 10 révisions, à l’initiative notamment de M. Hans-Peter Tschudi, ancien président de la Confédération que je salue tout particulièrement, et parallèlement les rentes ont été augmentées. Mais nous savons qu'il y aurait encore beaucoup à faire pour assurer à ce pilier central de notre édifice social sa pérennité devant l’assaut conjugué d’une croissance économiquement faible et d’une démographie objectivement défavorable. Nous devrons cependant nous y attacher pour maintenir la cohésion sociale dans notre pays.

Il est évident qu’à la suite de l'augmentation de l'espérance de vie, de l'accroissement du chômage, de la diminution du volume des cotisations et de la mondialisation de l'économie, les conditions d'existence offertes aux aînés se sont modifiées et que des solutions nouvelles devront être trouvées. Le Parlement fédéral, dans chacune de ses chambres, a créé une commission de la sécurité sociale et de la santé publique pour suivre de près ces questions et faire des propositions au Conseil national et au Conseil des Etats. Puisse l'amélioration de la situation économique, dont nous apercevons les prémices, faciliter la recherche de solutions équitables qu'une société qui demeure riche dans son ensemble se doit de trouver en faveur de ses membres les plus âgés.

J’adresse un salut particulièrement cordial à chacun des 439 délégués qui se sont préparés pour faire de cette journée une pleine réussite et qui pendant un jour prendront place dans l'hémicycle du Conseil national. C'est pour moi l'occasion de rendre hommage aux aînés dont le concours à l'édification de la société d'aujourd'hui a été essentiel. Je le fais avec d’autant plus de conviction que je suis conscient que votre génération a vécu avec dignité et abnégation des périodes difficiles de notre histoire, parmi lesquelles je range le temps de la Deuxième Guerre mondiale et les années qui l’ont suivi immédiatement. Il est pour moi regrettable que des voix unilatérales ne retiennent de cette époque que les erreurs liées à une situation de survie et que, de nos jours, des discriminations liées à l’âge puissent être préconisées.

N'avons-nous pas aussi entendu cette stupide proposition de supprimer le droit de vote aux aînés ! L'optique qui est la vôtre, soit celle d'un dialogue confiant entre les générations - devant même mener à un "Pacte intergénérationnel 2000" - nous paraît de beaucoup préférable.

Il est toutefois clair que la meilleure représentation des retraités est celle qui est assurée par les retraités eux-mêmes et cela est particulièrement vrai dans la commission fédérale de l’AVS/AI où se pense la 11e révision.

Votre ambitieux ordre du jour est conçu de façon à aborder les grands problèmes de l'heure, non pas sous l'angle purement revendicatif, mais dans une perspective plus vaste: comment rendre la société dans son ensemble plus juste encore, quel sera le sort de notre sécurité sociale, de la LAMAL ainsi que l’avenir de la pensée européenne, de la démocratie et des droits de l'homme.

Que tous ceux qui ont assumé une responsabilité dans l'organisation et la direction de cette manifestation soient chaudement félicités pour leur engagement, notamment le président Agostino Tarabusi ainsi que les présidents, rapporteurs et coordinateur des quatre groupes de travail.

Je forme des voeux pour le plein succès de vos travaux et vous souhaite, Mesdames et Messieurs, une cordiale bienvenue dans les locaux qui sont les vôtres, le temps de tenir cette deuxième session des aînés dans la dignité, la responsabilité et l'amitié.