Monsieur le Président de la Confédération,
Monsieur le Président du Conseil des Etats,
Madame et Messieurs les Ambassadeurs,1
Monsieur le directeur général du ministère des affaires étrangères,2
Monsieur le Président,3
Monsieur le Président de la Fédération suisse des communautés israélites,4
Mes chers collègues Parlementaires,
Mesdames et Messieurs,
Au nom de l’Assemblée fédérale, j’ai l’honneur de souhaiter la bienvenue aux personnes courageuses que l’Etat d’Israël honore aujourd’hui:
Madame JeanneLavergnat,
Monsieur Fred Reymond,
Madame Germaine Brouze et Monsieur Ernest Brouze,
ainsi qu’à Monsieur William Francken qui représente ses grand-parents, le Docteur William et Madame Laure Francken, aujourd’hui décédés.
Tous se sont distingués en facilitant le passage de la frontière franco-suisse à des juifs persécutés. Ces Justes ne se présenteront pas neutres devant le tribunal de l’histoire.
Nous sommes ici, au Palais fédéral, dans une maison où des décisions parfois malheureuses ont été prises pendant la seconde guerre mondiale à l’endroit de la communauté juive et que nous regrettons profondément mais aussi dans cet édifice où depuis quelques années, un travail de mémoire a été décidé et entrepris.
Le 7 mai 1995, à l’occasion du 50e anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, le président du Conseil national, Monsieur Claude Frey, a fait observer par le Parlement une minute de silence à la mémoire d’hommes et de femmes, qui n’ont pas hésité à n’écouter que leur conscience pour désobéir, sauvant ainsi beaucoup de vies humaines. Parmi eux, Paul Grüninger et le Consul Carl Lutz - deux Justes - ont été l’honneur de ce pays. Et mon prédécesseur de relever que « l’Histoire leur devait une juste réhabilitation ».
An der gleichen Veranstaltung richtete der damalige Bundespräsident Kaspar Villiger folgende Worte an die Versammlung.
« Mit der Einführung des Juden-Stempels kam Deutschland einem Anliegen der Schweiz entgegen. Dieser Stempel wurde im Oktober 1938 von der Schweiz gebilligt. Wir haben damals im allzueng verstandenen Landesinteresse eine falsche Wahl getroffen. Der Bundesrat bedauert das zutiefst. Er entschuldigt sich dafür im Wissen darum, dass solches Versagen letztlich unentschuldbar ist. »
In der Folge verabschiedete das Parlament im Bestreben, die Vorkommnisse jener Zeit abzuklären und den Opfern Gerechtigkeit widerfahren zu lassen, einstimmig einen Bundesbeschluss betreffend die historische und rechtliche Untersuchung des Schicksals der infolge der nationalsozialistischen Herrschaft in die Schweiz gelangten Vermögenswerte.
Die Schweiz, welche hier durch den Bundespräsidenten und die beiden Ratspräsidenten vertreten ist, freut sich, dass diese Zeremonie im Parlamentsgebäude begangen wird.
(trad.: Par la suite, le Parlement unanime a pris un arrêté concernant les recherches historiques et juridiques sur le sort des avoirs ayant abouti en Suisse à la suite de l’avénment du régime nazi. Nous voulons donc faire la lumière sur les événements et rendre justice aux victimes.
La Suisse, représentée ici par le Président de la Confédération et par les présidents des Chambres fédérales, exprime sa satisfaction de voir cette cérémonie se dérouler ici même dans l’enceinte du Palais du Parlement).
A Jérusalem se trouve le mémorial dédié aux 6 millions de juifs cruellement anéantis par les Nazis, il y a une génération à peine, Yad Vashem. C’est par l’Allée des Justes, bordée par des arbres plantés par des personnes ayant aidé de juifs en ces jours sombres qu’on arrive à la salle du souvenir construite en galets ronds de Galilée. Dans cette salle, où les dalles portent les noms des camps de concentration et où un rai de soleil filtrant par le point le plus haut du plafond vient frapper la flamme éternelle qui brûle au-dessus d’un coffret de cendres humaines des crématoires, le visiteur est saisi d’une profonde émotion et d’une pensée émue à l’endroit de toutes les victimes de l’Holocauste.
Dans quelques instants, l’Etat d’Israël - qui fête en 1998 le 50e anniversaire de sa création - va honorer nos compatriotes qui s’ajouteront aux 23 premiers Justes suisses. Nous nous permettons de joindre notre profonde reconnaissance à celle qui va être exprimée tout à l’heure par l’ambassadeur Yitzchak Mayer.
Wir haben hier im Bundeshaus auch Aussenminister Simon Peres empfangen5, der uns eine Politik darlegte, die im Abkommen von Oslo umgesetzt werden sollte. Diese Prozess ist heute leider zum Erliegen gekommen. Wir wünschen uns, dass er wieder in Gang gesetzt wird und dass die israelische und palästinensische Bevölkerung in ihrem Land, welche die Wiege dreier monotheistischer Religionen ist, friedlich zusammenleben können. Wir hoffen, dass der Bundespräsident bei seiner nächsten Reise einen Beitrag dazu leisten kann.
(trad.: Nous avons aussi reçu dans ce Palais fédéral, le ministre des affaires étrangères, Simon Peres, qui était venu nous expliquer une politique qui allait se concrétiser dans l’accord d’Oslo. Ce processus est malheureusement grippé aujourd’hui. Nous formons le voeu qu’il soit relancé et qu’Israéliens et Palestiniens cohabitent pacifiquement sur cette terre, berceau des trois religions monothéistes. Le prochain voyage du Président de la Confédération devrait, nous l’espérons, y contribuer).
Le sens de cette cérémonie est de rappeler les vertus du courage, car « quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier »6 afin que, « de génération en génération, on sache et que les enfants à naître s’affirment et le racontent à leurs enfants ».7
Je passe maintenant la parole à Monsieur Herbert Herz, de Genève, qui est le délégué du mémorial Yad Vashem pour la Suisse et la Savoie.
1. Mme Madeleine Kunin (Ambassadeur des USA) M. Pierre Monod (ambassadeur suisse en Israël),
M. Thomas Borer (Task force)
2. M. Eytan Ben-Tsur
3. M. François Loeb, conseiller national
4. M. Rolf Bloch
5. Reçus en par Otto Piller et Paul Schmidhalter
6. Inscription figurant sur la Médaille des Justes
7. Psaume LXXVIII, verset 6