La décision prise hier par le peuple et les cantons suisses entrera dans l'histoire de notre pays. Une majorité populaire d'environ un quart de million de voix a accepté l'initiative populaire pour l'adhésion aux Nations Unies. La Suisse occupera dès septembre la place qui lui revient dans le concert des Nations, à égalité de droits avec les autres membres de la famille des peuples du monde. En votant majoritairement oui, nous avons reconnu que les valeurs proclamées par la Charte des Nations Unies étaient également les nôtres et que nous étions prêts à accepter notre responsabilité dans la marche des affaires de la planète.
En dehors de toute alliance militaire, l'action de la Suisse en faveur de la paix, de la protection de l'enfance, des droits de la personne humaine, dans la lutte contre la pauvreté et pour la protection de l'environnement trouvera dans les travaux de l'Assemblée générale un nouveau champ d'action au bénéfice de la communauté humaine. Comme le disait Kofi Annan en recevant le prix Nobel de la paix, répondre aux besoins des êtres humains dans la détresse, voilà la mission de l'Organisation des Nations Unies au cours du siècle qui commence.
Je suis particulièrement fière de constater que ce résultat a été obtenu dans le plein exercice de la démocratie et des droits populaires. En effet, c'est suite au dépôt d'une initiative populaire que le sujet de l'adhésion a été remis sur le tapis et c'est par une acceptation populaire que cette adhésion deviendra effective. Après avoir laissé du temps au temps, on peut remarquer que ce résultat est d'autant plus remarquable que la proportion des partisanes et des partisans de l'adhésion a plus que doublé depuis le vote de 1986, passant de 24,3% à 54,6% des suffrages.
L'examen des résultats montre que la Suisse orientale, une partie de la Suisse centrale et le Tessin ont été sensibles aux arguments des opposants. Comme en 1920 lors de l'adhésion à la Société des Nations, la majorité des cantons est étroite. Je suis sûre que d'ici peu de temps notre adhésion apparaîtra aussi à toutes ces personnes comme une régularisation de nos rapports avec la seule organisation vraiment universelle, d'autant plus que dans la lettre de candidature de la Suisse, le Conseil fédéral fera savoir que la Suisse restera neutre. L'essentiel est que l'adhésion ait été décidée mais nous devrons continuer à informer, à dire ce que nous faisons au sein de l'ONU, à expliquer afin de montrer la justesse de la décision prise ce dimanche.
Je remercie tout particulièrement le président de la Confédération, le chef du Département des affaires étrangères, les autres membres du Conseil fédéral, toutes et tous nos collègues de même que toutes les personnes qui se sont engagées dans la campagne d'explication et de persuasion qui a été menée en faveur de cette ouverture de la Suisse. A une campagne de propagande, les tenants du oui ont répondu en apportant aux citoyennes et aux citoyens une information claire et nécessaire sur la portée de l'adhésion.
Je voudrais encore, avant de passer à nos travaux proprement dits, féliciter chaleureusement notre jeune concitoyen Simon Amann ainsi que Philipp Schoch pour leurs magnifiques médailles d'or remportées aux jeux olympiques de Salt Lake City. Ils ont soulevé l'enthousiasme par leurs exploits, de même que toutes les sportives et tous les sportifs suisses qui ont participé aux jeux olympiques d'hiver, que leurs espoirs de victoire aient été ou non réalisés. En sport comme en politique, l'important c'est finalement bel et bien de participer.