J’ouvre la deuxième semaine de session dans un sentiment de joie  et de satisfaction en raison du résultat positif de la votation fédérale sur l’extension de la libre-circulation des personnes aux 10 nouveaux membres de l’Union européenne.

Notre gouvernement et notre parlement ont été suivis dans une mesure plus importante que ne l’annonçaient certains sondages. La peur systématiquement cultivée par les opposants n’a pas joué. Le résultat est meilleur que pour Schengen puisque cette fois-ci même une majorité de cantons acceptants s’est dessinée. Les votations de politique extérieure du 21e siècle marquent toutes une ouverture vers l’Europe et le monde puisque après les bilatérales I, l’adhésion à l’ONU et la coopération policière et douanière, celle-ci était la 4e  depuis 2000. Il n’y aucun clivage significatif entre les deux principales régions linguistiques et le vote tend à s’homogénéiser.

Les relations entre notre pays et son premier fournisseur qui est en même temps son premier client sont de la plus haute importance. Le vote d’hier les consolide. Le peuple dans sa sagesse n’a pas voulu les mettre en danger les accords déjà conclus avec l’UE.

C’est aussi un succès pour le partenariat social avec l’entente réalisée entre syndicats et patronat dans l’esprit de la paix du travail. Il n’y a pas de raison de douter que les mesures d’accompagnement seront effectivement appliquées. C’est notre devoir de nous en assurer.

Au-delà de la dimension purement économique de ce scrutin, réjouissons-nous d’avoir tendu la main à 8 Etats qui se trouvaient autrefois dans l’orbite soviétique, alors que les référendums français et hollandais se sont déroulés dans un climat d’euro-scepticisme.

Il s’est trouvé plus d’un million de citoyens pour refuser cette extension. En démocratie, il faut naturellement se réjouir d’un résultat positif mais aussi tenir compte de la minorité qui a exprimé ses craintes lors du scrutin d’hier. Ne méconnaissons pas les difficultés qu’une partie de nos concitoyens subissent dans leur vie quotidienne.

Le Conseil fédéral nous promet un rapport pour la fin de la législature qui nous éclairera sur les avantages et inconvénients des différentes voies à suivre dans nos relations avec l’Europe.
C’est le bien-être des citoyens et le bien du pays tout entier qui doit guider nos décisions.