(ats) Le juriste et avocat Michael Lauber devrait devenir procureur général de la Confédération. La commission judiciaire du Parlement a proposé mercredi par 16 voix sans opposition à l'Assemblée fédérale de l'élire le 28 septembre pour succéder à Erwin Beyeler. L'actuel chef du MPC a été désavoué par les Chambres le 15 juin.

La commission a jugé important de se ranger à l'unanimité derrière un candidat unique. Les groupes parlementaires auront tout loisir d'appuyer ou non cette proposition, a indiqué devant la presse le président de la commission Reto Wehrli (PDC/SZ).

La commission a tranché après avoir entendu sept candidats pendant 40 minutes chacun. Elle a décidé de ne pas commander une évaluation par des tiers (assesment), de ne pas auditionner d'autres candidats et de ne pas procéder à un deuxième tour d'entretiens.

Parmi les critères importants qu'elle avait fixés figurait la capacité à communiquer, la maîtrise d'au moins deux langues nationales, une grande finesses psychologique ainsi que l'intégrité du postulant.

 

Expérience jugée bonne

Son choix s'est porté sur Michael Lauber, 45 ans et qui préside l'autorité de surveillance des marchés financiers du Liechtenstein depuis début 2010. Parmi les critères décisifs figurent les connaissances internationales du candidat, a expliqué Christian Lüscher (PLR/GE).

Sans avoir été procureur, Michael Lauber bénéficie d'une expérience en matière de direction ainsi qu'en matière de poursuite contre le blanchiment d'argent. Il connaît en outre comment fonctionne la police, a poursuivi le Genevois.

Le candidat retenu a été juge d'instruction à Berne en 1992 et 1993, puis il a été chef d'une brigade spéciale à la police criminelle bernoise deux ans, avant d'être chef de l'Office Central de lutte contre le crime organisé à l'Office fédéral de la police entre 1995 et 2000.

Ensuite, il a exercé deux ans comme avocat à Zurich avant de diriger le Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent du Liechtenstein de 2001 à 2004. Pendant les six années suivantes, il a été à la tête de l'association des banquiers de la principauté.

 

Election tourmentée

Le nouveau procureur général devrait prendre ses fonctions en janvier. La commission judiciaire a dû partir à la pêche aux candidats après que l'Assemblée fédérale a refusé de reconduire Erwin Beyeler à la tête du Ministère public de la Confédération (MPC).

Pour la première fois, le Parlement devait désigner le procureur. Ce magistrat était jusqu'ici nommé par le Conseil fédéral. La pression n'a cessé de monter avant le scrutin du 15 juin. La commission avait opté du bout des lèvres (9 voix contre 7 et 1 abstentions) pour le statu quo. Et Erwin Beyeler a raté le coche de peu, n'obtenant que 109 voix sur 227 bulletins valables.

Les critiques sont venues du camp rose-vert ainsi que de l'UDC. Le conseiller national Christoph Mörgeli (UDC/ZH) a été jusqu'à accuser le procureur d'avoir été impliqué dans un "complot" organisé par le MPC et la commission de gestion du National en vue de la non-réélection de Christoph Blocher au Conseil fédéral en 2007.

Dès sa nomination en été 2007, Erwin Beyeler a été dans la tourmente. Il a dû gérer la fusion du Ministère public de la Confédération et de l'Office des juges d'instruction. Il a aussi été sous le feu de la critique dans deux dossiers sensibles: celui des Hells Angels ainsi que celui de l'ancien banquier Oskar Holenweger.

Au final, le soutien a manqué dans tous les partis. Ses compétences ont été mises en doute. L'intéressé y a vu "une non-réélection politique".

 

Autres candidats

Parmi les autres candidats à sa sucession figuraient Ruedi Montanari, âgé de 45 ans. Procureur général suppléant d'Erwin depuis 2008, il vient du canton de Soleure et est membre du PDC.

Autre postulante, Maria-Antonella Bino est aussi procureure générale suppléante et affiliée au PLR. La Genevoise de 44 ans a été confirmée à son poste en mars dernier par le Parlement.

Un autre membre du PLR était dans la course, en la personne de Patrick Kneubühl, 41 ans. L'avocat est responsable de la mobilité et du droit économique auprès de l'Union suisse des arts et métiers.

 

ATS, 24 août 2011