La ministre des finances Eveline Widmer-Schlumpf a fait le point devant la commission des finances, a indiqué vendredi son président Leo Müller (PDC/LU). La Confédération a clos ses comptes 2014 sur un déficit de 124 millions de francs, suite notamment à une forte chute des recettes de l'impôt fédéral direct.
Et l'avenir ne s'annonce pas rose: des déficits structurels d'en moyenne 1,3 milliard sont à prévoir en 2016 et 2017. La grande argentière avait déjà annoncé sa volonté de faire des coupes de l'ordre de 1,1 milliard.
Ces "mesures de correction" viseront en priorité à freiner fortement la croissance des dépenses. Celles qui ont bénéficié ces dernières années d’un renchérissement particulièrement faible devront être réduites de 3% par rapport au plan financier 2016-2018. Presque tous les domaines sont concernés.
En outre, les charges de personnel devront être stabilisées au niveau prévu par le budget 2015 et les charges de conseil devront être diminuées. Par ailleurs, l’apport au fonds d’infrastructure, qui dispose d’importantes liquidités, devra être réduit.
Davantage couper
La commission veut aller plus loin. Par 14 voix contre 9, elle a adopté une motion demandant des économies de 1,5 milliard par an de 2017 à 2019.
Une proposition visant à plafonner les dépenses au niveau de 2014 (64 milliards) a été repoussée par 8 voix contre 7 et 8 abstentions. La proposition n'a aussi rejeté que du bout des lèvres l'idée de plafonner les dépenses de personnel et de couper dans les charges de conseils.
Programme d'économies
Dans la foulée, la commission a donné son aval par 13 voix contre 7 à un programme d'économies de quelque 630 millions de francs (12.101). Celui-ci reprend l'essentiel des 730 millions prévus initialement par le Conseil fédéral, mais soustrait les quelque 100 millions que le Parlement a refusé de tailler dans le budget 2015.
Les coupes les plus importantes devraient frapper la prévoyance sociale avec 132 millions par an, via la baisse du taux d'intérêt de la dette de l'AI envers l'AVS. Cette mesure a été acceptée par 14 voix contre 8. La réduction de 38,5 millions des dépenses dans la coopération au développement a passé la rampe par 16 voix contre 7.
L'agriculture devrait être épargnée. Par 12 voix contre 8, la commission a refusé de couper 56,7 millions dans ce secteur. Plusieurs propositions visant des coupes plus larges dans ce programme d'économies ont été repoussées.
La commission s'est par ailleurs fait informer des répercussions du franc fort.
ats, 27 février 2015