Il s´agira d´éclaircir les zones encore floues de ce document et de vérifier les déclarations des personnes entendues à l´époque, a indiqué le président de la délégation Franz Wicki (PDC/LU) lundi devant la presse. Certaines parties du rapport ne reflètent problablement pas la réalité, a-t-il reconnu.
Le chef du Département fédéral de la défense (DDPS) Samuel Schmid a lancé de son côté récemment une enquête administrative interne sur les liens du service des renseignements, et de son ex-chef Peter Regli, avec l´Afrique du Sud. "Nos recherches n´empêcheront pas le DDPS de mener les siennes", a dit M. Wicki.
Selon lui, la délégation des commissions de gestion a en outre les mêmes compétences qu´une commission d´enquête parlementaire, à laquelle la gauche souhaiterait confier la tâche d´examiner les relations entre la Suisse et l´Afrique du Sud. Les révélations se multiplient ces derniers temps dans la presse à ce sujet.
Regli blanchi en 1999
L´enquête menée par la délégation en 1999 avait quant à elle blanchi Peter Regli et le laboratoire AC de Spiez. Ces derniers n´ont pas participé à l´élaboration du programme sud-africain d´armement biologique et chimique, concluait le document qui se basait principalement sur les dires de M. Regli.
La délégation avait toutefois dénoncé le rôle de franc-tireur de ce dernier et le fait que l´informateur Jürg Jacomet avait pu se faire passer pour un collaborateur des services de renseignement. Décédé en 1998, ce dernier avait été notamment à l´origine de la rencontre entre le "docteur de la mort" sud-africain Wouter Basson et M. Regli à Berne en 1988.
Expert externe
La lumière doit être faite au plus vite, a souligné M. Wicki sans toutefois pouvoir avancer de calendrier. Le mandat précis de l´enquête complémentaire reste à fixer. Un expert indépendant, dont le profil n´a pas encore été défini, doit en outre être nommé. Trouver quelqu´un à court terme ne sera pas chose facile, selon le Lucernois.
La délégation, qui a des compétences analogues à celles d´un tribunal selon son président, entendra des témoins et consultera des documents étrangers. Aucun tiroir de l´administration ne pourra rester fermé devant notre enquête, a assuré M. Wicki, reconnaissant toutefois que plusieurs données risquent de manquer.
A ses yeux, les services de renseignement recourent davantage à l´information orale qu´aux documents écrits. Il est donc important de recouper les données par des témoignages et d´utiliser des sources extérieures à l´administration.
sda/ats 12.11.2001