<p>Berne (ats) L'école de recrues ne devrait pas dépasser 18 semaines, estime la commission compétente du Conseil des Etats. Contre l'avis du Conseil fédéral, elle propose au plénum de raboter encore sur le modèle présenté dans le cadre de la réforme de l'armée.</p>

Les concessions du Conseil fédéral, qui était revenu de son projet d'école de recrues à 24 semaines pour n'en proposer que 21, n'ont pas été jugées suffisantes par la commission de la politique de sécurité. Par 5 voix contre 3 et 2 abstentions, elle s'est prononcée pour un modèle à 18 semaines (contre 15 actuellement), a indiqué son président Hans Hess (PRD/OW) mardi devant la presse. Les trois semaines "perdues" seraient compensées par un septième cours de répétition. Selon Hans Hess, ce modèle tient mieux compte des problèmes des étudiants et a davantage de chances d'être accepté. L'économie peut plus facilement s'accomoder d'une absence supplémentaire due à un cours de répétition que d'une école de recrue trop longue, a commenté Pierre Paupe (PDC/JU).

Coûts supplémentaires

La décision de la commission du Conseil des Etats n'est toutefois pas sans conséquences, selon le Département fédéral de la défense (DDPS). D'après son porte-parole Oswald Sigg, la réduction proposée devrait coûter de 50 à 80 millions de francs de plus par année.

Elle se traduirait par un relèvement de l'âge auquel le soldat est libéré de ses obligations militaires. Enfin, les effectifs prévus pour l'armée XXI - 120 000 actifs, 20 000 recrues et 80 000 réservistes au maximum - devraient gonfler de 20 000 soldats supplémentaires.

Décentraliser

La centralisation de l'armée est un autre domaine où les concessions du Conseil fédéral n'ont pas convaincu la commission. Celle-ci lui a donc demandé de présenter un nouveau concept développant davantage la régionalisation des structures de commandement.

Parallèlement, la commision lui propose d'étudier la possibilité de créer trois brigades d'infanterie de montagne au lieu de deux. Il pourrait aussi éventuellement s'agir d'incorporer un bataillon de montagne dans une brigade de plaine, selon Pierre Paupe.

Pour le reste, la commission propose de limiter le nombre des soldats en service long à 10 % de chaque classe de conscrits. Au maximum, 2600 personnes pourraient ainsi accomplir leur service militaire d'une traite. Elle devraient d'abord avoir suivi une école de recrues régulière.

Musée militaire

Par 7 voix contre 3, la commission s'est aussi prononcée en faveur de la création d'un musée militaire à charge de la Confédération. Il s'agira de conserver pour les prochaines générations ce qu'a été une fois l'armée, a dit Hans Hess.

La commission ne s'est prononcé ni sur un lieu précis, ni sur les coûts de ce musée. Plusieurs variantes seront étudiées. L'une d'elles pourrait être d'intégrer ce site au Musée national de Zurich. Enfin la commission a rejeté par 9 voix contre 3 une proposition de minorité visant à renoncer à la réserve. Les 80 000 militaires concernées auraient été intégrés dans les différentes unités d'actifs. Le plénum se prononcera lors de la session de mars sur la réforme de l'armée.

sda/ats 19.02.2002