La situation a considérablement changé depuis la fin de la Guerre froide. Toujours plus de questions se règlent de façon multilatérale et les nouvelles technologies permettent la circulation pratiquement instantanée des informations.
Partant de ce constat, la commission formule dans un rapport pas moins de 25 recommandations au Conseil fédéral auquel elle demande de répondre d´ici la fin de l´année. Ces propositions "jettent les bases d´un programme ambitieux qui doit conduire à une changement d´état d´esprit dans le corps diplomatique et consulaire ainsi que dans sa conduite".
Personnalités extérieures
Le système de carrière, s´il n´est pas remis en cause, conduit à un certain conformisme et crée des réflexes corporatifs, critique la commission Elle propose donc de diversifier les filières de recrutement et de faire davantage appel à des personnes extérieures au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) pour certains postes.
Les parlementaires invitent parallèlement les diplomates à exercer d´autres activités à l´extérieur du département durant leur cursus. Pour rendre la carrière plus attrayante, le DFAE est appelé à mieux encadrer les agents en poste à l´étranger pour la scolarisation des enfants, l´activité professionnelle des partenaires ou la recherche d´un logement.
Les transferts devraient être plus transparents, annoncés six mois à l´avance et organisés une seule fois par an. La commission recommande aussi de mieux alterner les postes jugés difficiles et les autres et de revoir le système salarial: il devrait combiner un traitement de base et une indemnité liée au poste occupé.
Plus de femmes
Quant à la représentation féminine, elle doit être améliorée. Le DFAE ne compte que quatre ambassadrices, deux chargées d´affaires et une consule générale. La commission s´attaque également à la forte hiérarchisation au sein du DFAE. Elle demande de revoir postes et fonctions au vu de leur importance réelle.
Le titre d´ambassadeur ne devrait être attribué qu´à un chef de mission en poste. La nomination à la tête d´une représentation ne devrait plus être une récompense mais résulter de l´adéquation entre les exigences du poste et les qualifications du candidat.
Refonte du réseau
Les parlementaires souhaitent d´autre part refondre le réseau de 151 représentations suisses à l´étranger, qui "a atteint son extension maximale". Il génère des frais de l´ordre de 250 millions de francs par an. S´il n´est pas possible d´accorder des moyens supplémentaires, il apparaît urgent de concentrer davantage les ressources disponibles, écrit la commission.
Plutôt que de disposer d´une foule de petites représentations comptant moins de trois diplomates, il serait préférable de réunir leurs activités dans des ambassades plus importantes. La délimitation des activités diplomatiques et consulaires n´étant plus aussi nette qu´auparavant, les deux carrières devraient être éventuellement fusionnées.
Des priorités devraient être fixées selon les Etats et les régions du monde. Dans certains cas, le DFAE devrait recourir à des ambassadeurs itinérants couvrant plusieurs pays depuis Berne.
La collaboration avec les autres départements et la Direction du développement et de la coopération doit être améliorée. Les chefs de mission devraitent avoir la haute main sur tout le personnel travaillant dans les pays où ils sont accrédités.
sda/ats 23.08.2002