Informé il y a deux semaines de la hausse intervenue depuis les estimations de juin dernier, l´Office fédéral des transports (OFT) a informé jeudi l´instance parlementaire de surveillance de cette situation "préoccupante mais pas catastrophique", a indiqué le président de la délégation Andrea Hämmerle (PS/GR) devant la presse. Les surcoûts se montent à 200 millions sur l´axe du Lötschberg et à 500 millions au Gothard.
Une partie de ces sommes a déjà été dépensée. La délégation, pas étonnée d´un nouveau dépassement des crédits dans ce "chantier du siècle" mais choquée par son ampleur, a agendé une séance spéciale le 19 février, à laquelle elle invitera le ministre des transports Moritz Leuenberger.
Il s´agira d´analyser la situation dans le détail, de décider des mesures à prendre et de voir si le contrôle de l´OFT a fonctionné. Il n´est pas question que l´office accepte des hausses qui n´ont pas été dûment motivées, a souligné le conseiller aux Etats Simon Epiney (PDC/VS).
Economiser ailleurs
Cet examen doit aussi permettre de faire le point alors que le Parlement est en train de se pencher sur le déblocage de quelque 3 milliards de francs pour la poursuite des travaux de réalisation des NLFA, dont 900 millions pour renflouer les réserves. On peut imaginer que le Conseil des Etats, qui a déjà donné son feu vert, veuille revenir sur sa décision, selon Simon Epiney.
Toutes les options vont être discutées pour pouvoir économiser. "Je pars du principe qu´il faudra renoncer à certains projets qui n´ont pas encore été définitivement adopté ou entamé", a souligné M. Hämmerle. Il pourrait s´agir du double tube au Ceneri (TI) ou des tunnels zurichois du Zimmerberg et du Hirzel.
Le président de la délégation s´est refusé pour l´instant à détailler précisément les surcoûts. Il a seulement indiqué qu´il s´agissait pour le Gothard de frais liés à des facteurs géologiques ainsi qu´à la variante montagne à Uri.
Pour le Lötschberg, il s´agit de demandes supplémentaires faites par les entreprises aux maîtres d´ouvrages ainsi d´un échec de l´adjudication dans le domaine de la technique ferroviaire. L´ouverture du tronçon entre Berne et le Valais en 2007 est confirmée, au contraire du délai avancé pour le Gothard (2014) qui reste toutefois "possible".
Explications attendues
L´OFT attend lui aussi des explications sur la nouvelle donne. Une première réunion avec les maîtres d´ouvrage Alptransit Gotthard et BLS Alptransit se tiendra vendredi. Ces derniers sont compétents pour veiller à ce que la réalisation ne dépasse ni les délais ni les coûts, selon lui.
D´après l´office, les surcoûts ont été annoncés dans le cadre de rapports réguliers. Il publiera fin mars un rapport sur l´avancement des NLFA avec les indications vérifiées et des propositions pour la marche à suivre.
Outre la délégation de surveillance, l´OFT a informé le Département fédéral des transports (DETEC) de sa démarche. Celui-ci s´est déclaré "étonné" par ces surcoûts. Il juge les revendications des maîtres d´ouvrage "surprenantes" tant sur le fond que sur la manière de procéder.
Et d´exiger que la lumière soit faite sur les raisons qui ont poussé ces derniers à revoir leurs prévisions à la hausse et à ne pas informer plus tôt les autorités compétentes. Le DETEC considère cette façon de faire d´autant plus "inopinée" que le Conseil fédéral a présenté l´automne dernier sa proposition de débloquer 3 milliards de francs pour les NLFA.