Le nouveau dicastère remplacerait le département de la défense. Ce dernier serait scindé entre celui de justice et police, transformé en département de la sécurité, et celui des affaires étrangères. Ce qui fait écho à l'idée de Samuel Schmid, entretemps enterrée, d'un seul dicastère de la sécurité, a précisé la conseillère aux Etats Christiane Langenberger (PRD/VD) jeudi devant la presse.
Le moment est venu
La motion, qui n'a pas encore reçu officiellement le soutien des groupes parlementaires, sera déposée dans chacun des conseils. Ses promoteurs jugent le moment venu de rassembler la formation, la recherche, la technologie et l'innovation au sein d'un seul département. Ces domaines sont les éléments fondamentaux susceptibles d'assurer le bien-être et une place économique compétitive pour la Suisse au 21e siècle.
Il s'agit de rendre plus efficaces des structures qui sont actuellement trop complexes. La formation est une compétence actuellement partagée entre le Département de l'intérieur (DFI) et celui de l'économie (DFE). Or ces deux dicastères ont déjà de lourds dossiers à gérer, comme les assurances sociales au DFI, a noté la conseillère nationale Kathy Riklin (PDC/ZH).
Le DFE et le DFI sont d'ailleurs déjà en train de discuter réorganisation, après le départ annoncé du directeur de l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT) Eric Fumeaux. Le Conseil fédéral songe à un transfert du domaine des hautes écoles spécialisées (HES) de l'OFFT, qui dépend du DFE, au Secrétariat à l'éducation et à la recherche, du ressort du DFI.
Mais, selon les motionnaires, il faudrait avoir le courage d'une restructuration plus radicale. Il faut davantage de synergies. Une responsabilité partagée n'en est plus une, a souligné le conseiller national Theophil Pfister (UDC/SG).
Grands dossiers en vue
La création d'un nouveau département est d'autant plus nécessaire que le Parlement planche, ou sera bientôt appelé à le faire, sur toute une série de réformes concernant l'éducation et la formation: paysage des hautes écoles 2008, article constitutionnel sur les hautes écoles et loi sur l'aide aux universités.
Il s'agit aussi de faciliter la collaboration avec les cantons. Ces derniers ont d'ailleurs quasiment tous (23 sur 26) concentré la formation et la recherche dans un seul département. Le conseiller national Hans Widmer (PS/LU) a toutefois écarté le risque d'une centralisation de ces domaines au niveau fédéral.
Outre Mme Langenberger et Riklin et MM. Pfister et Widmer, les conseillers aux Etats Hermann Bürgi (UDC/TG), Eugen David (PDC/SG) et Anita Fetz (PS/BS) et le conseiller national Johannes Randegger (PRD/BS) sont à l'origine de la motion. Tous ont en commun d'être ou d'avoir été présidents ou vice-présidents de la commission de l'éducation et de la science de l'une des Chambres.