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ats: Immigration «de masse» - L'initiative de l'UDC rejetée par une commission du National

<p>​(ats) L'initiative populaire de l'UDC «contre l'immigration de masse» (12.098) peine à trouver du soutien en-dehors de son parti. Comme le Conseil fédéral, la commission des institutions politiques du National recommande de la rejeter sans proposer de contre-projet.</p>

​Tous les membres de la commission, élus UDC mis à part, sont opposés à l'initiative, a indiqué le président de la commission Ueli Leuenberger (Verts/GE) vendredi à Berne devant les médias. Le texte a donc été rejeté par 18 voix contre 7.

Signée par plus de 135'000 personnes, l'initiative de l'UDC veut réintroduire des plafonds annuels à l'immigration ainsi que des contingents pour les autorisations de séjours en Suisse. Ces limites s'appliqueraient aussi aux frontaliers et aux requérants d'asile. Accepter le texte entraînerait une renégociation de l'accord de libre circulation des personnes avec l'Union européenne (UE).

Pas dans l'intérêt de la Suisse

Introduire les mesures proposées par l'UDC aurait pour conséquence de limiter la croissance économique de la Suisse, a estimé la majorité de la commission. Pour elle, le texte ne tient pas compte des importants besoins en main d'oeuvre qualifiée de certaines branches, comme la construction ou le tourisme qui comptent plus de 50% de travailleurs étrangers.

Concrètement, la proposition de l'UDC n'est pas réaliste, a ajouté M. Leuenberger. Elle omet par exemple de régler les relations futures avec l'UE, une fois les accords actuels dénoncés.

Elle ne prévoit pas non plus dans quelle branche de l'économie il faudrait baisser le pourcentage de travailleurs étrangers. Le retour aux contingents selon le modèle UDC engendrerait donc une surcharge administrative considérable aussi bien pour les employeurs que pour les autorités, ont conclu les 18 membres de la commission opposés au texte. Il pourrait par ailleurs compliquer l'accès de la Suisse à certains marchés d'exportation.

Immigration pas massive

«On ne peut actuellement pas parler d'immigration de masse en Suisse», a en outre relevé Ueli Leuenberger. Dans les années 70, du temps des contingents helvétiques à l'immigration, cette dernière était beaucoup plus forte, a-t-il rappelé.

Certes la libre circulation des personnes renforce certains problèmes, comme la surcharge des réseaux de transport ou la crise du logement. Mais ces problèmes existent «de toute façon», ont estimé les opposants à l'initiative. Pour les membres socialistes et Verts de la commission, la meilleure solution consiste dans les mesures d'accompagnement, qui devraient comprendre des salaires minimums.

ats, 03.05.2013


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