La Commission de gestion du Conseil national (CdG-N) suit depuis une année l’évolution de la situation en matière de participation de la Suisse aux réseaux d’alerte santé européens. La conclusion d’un accord dans ce domaine est actuellement bloquée, dans l’attente de l’aboutissement des négociations institutionnelles avec l’Union européenne. Cela a pour conséquence que la Suisse ne dispose que d’un accès très restreint aux instruments et réseaux de détection européens. La CdG-N fait part de sa préoccupation vis-à-vis de cette situation, qu’elle considère comme particulièrement délicate en termes de santé publique.

En octobre 2017, la Commission de gestion du Conseil national (CdG-N) s’était penchée sur la thématique de la participation de la Suisse aux réseaux d’alerte santé européens. Dans ce cadre, les représentants de l’administration lui avaient indiqué qu’un accord bilatéral régissant la coopération sanitaire entre la Suisse et l’UE était prêt, mais que celui-ci était bloqué dans l’attente de l’aboutissement des négociations institutionnelles entre la Suisse et l’Union euro-péenne (UE).

La CdG-N, par le biais de sa sous-commission DFI/DETEC, s’est à nouveau informée, en octobre 2018, de l’évolution de la situation dans ce dossier. Les responsables de l’Office fé-déral de la santé publique (OFSP) lui ont indiqué que la situation n’avait pas évolué depuis une année et que le blocage actuel avait des conséquences préoccupantes du point de vue de la sécurité sanitaire nationale. Actuellement, la Suisse n’a plus formellement accès aux systèmes d’alerte et de communication de l’UE dans le domaine de la santé et ne participe plus aux travaux stratégiques et de coordination à ce niveau. En conséquence, la coordina-tion avec les pays voisins pour détecter et gérer les événements tels que des pandémies n’est possible que dans une mesure limitée. La Suisse ne bénéficie en outre plus du soutien des experts européens en matière de préparation face aux événements critiques et n’a plus accès aux réseaux scientifiques européens. Les représentants de l’office ont également sou-ligné que, dans le cas d’une future pandémie de grippe ou d’autres menaces sanitaires trans-frontalières, la Suisse ne serait pas associée aux commandes groupées de vaccins et médi-caments. Ce constat est d’autant plus inquiétant que – comme les représentants de l’OFSP l’ont présenté à la commission – la Suisse est actuellement confrontée à de sérieux pro-blèmes d’approvisionnement en vaccins également hors des périodes de crise sanitaire.

La CdG-N a constaté – comme elle l’avait déjà fait en 2017 – que l’OFSP faisait tout ce qui était en son pouvoir pour pallier du mieux que possible à cette situation problématique. Elle souhaite toutefois à nouveau faire part de sa préoccupation vis-à-vis de la situation actuelle, particulièrement délicate en termes de santé publique selon elle. La commission est cons-ciente du fait que l’évolution de ce dossier dépend largement de la résolution politique des questions institutionnelles entre la Suisse et l’UE. Elle estime néanmoins nécessaire d’inviter encore une fois l’ensemble des acteurs concernés à œuvrer dans les plus brefs délais à une amélioration de la situation dans ce dossier et à examiner à cet effet toutes les solutions pos-sibles.

La CdG-N a siégé à Berne le 12 octobre 2018, sous la présidence de la conseillère nationale Doris Fiala (PLR, ZH).