La commission de la politique de sécurité a donné son aval par 11 voix sans opposition au projet, a déclaré son président Hermann Bürgi (UDC/TG) mardi devant la presse. Sur le fond, elle soutient cette "étape de développement 2008-2011", au vu des menaces actuelles et des moyens financiers à disposition.
Avec la refonte d´Armée XXI, la priorité devrait aller aux engagements de sécurité sectorielle et à l´appui aux autorités civiles au détriment de la défense classique du territoire. Les formations mécanisées et lourdes devraient être réduites et le nombre des bataillons d´infanterie augmenté.
Le concept n´a pas plu au Conseil national, où l´opposition conjointe de la gauche et de l´UDC a conduit à son échec. La commission du Conseil des Etats s´est donc efforcée d´approfondir le dossier.
Compromis sur les chars
Principale concession obtenue de la part du Conseil fédéral: ce dernier est désormais prêt à réduire le nombre de bataillons de chars de 8 à 6, au lieu de n´en garder que 4 comme prévu initialement. Pour ce faire, il taillera dans l´effectif moyen des bataillons d´infanteries. Le coût d´exploitation de ces deux bataillons de chars supplémentaires sera de 34 millions de francs.
En disposant de davantage de formations de chars, l´armée pourra mieux répondre à une éventuelle menace (meilleure "montée en puissance"), a dit M. Bürgi assurant qu´elle disposait d´assez d´engins en réserve. Er de souligner qu´il ne s´agissait pas d´un "compromis de complaisance".
Soldats à l´étranger
Pour le reste, la commission a pris note des développements intervenus depuis les débats au National l´automne dernier. Concernant les militaires envoyés à l´étranger, une pratique dénoncée par les Verts et l´UDC, le ministre de la défense Samuel Schmid a précisé qu´il n´était désormais plus question d´en doubler le nombre à 500 entre 2008 et 2011.
Il faudra compter avec un effectif en statu quo les prochaines années, vu le manque de personnel dans les rangs des militaires professionnels. Des hausses ponctuelles restent possibles, a noté Hermann Bürgi, prenant comme exemple l´envoi de sept officiers au Népal récemment décidé par le Conseil fédéral. De toute façon, l´aval du Parlement reste nécessaire en cas de renforcement significatif.
Il y a aussi du nouveau concernant le recours à l´armée pour assurer des tâches policières de sécurité intérieure, une politique dénoncée à gauche. Une plateforme commune a été mise sur pied par le Département fédéral de la défense et les cantons.
Un groupe de travail a proposé dans ce cadre en novembre de retirer en grande partie les soldats affectés à la protection des ambassades au profit des policiers. Le rôle de l´armée dans ce genre de mission devrait se limiter à la formation des soldats en vue de situations extrêmes.
Formation des recrues
La commission a également reçu des assurances concernant les lacunes constatées dans la formations des militaires. Pas question dès lors de revenir de trois à deux écoles de recrues par an. Dès cette année, les cadres de milice interviendront plus tôt dans l´instruction des recrues, ce qui délestera un peu les militaires professionnels.
Ces derniers devraient en outre voir leur sort s´améliorer. Des mesures ont déjà été prises pour améliorer leur situation, notamment au niveau du salaire et des prestations sociales. Et d´autres vont suivre, a précisé le président de la commission.
Dans la foulée, la commission a accepté à l´unanimité le plafond de dépenses pour l´armée devisé à 12,285 milliards pour les années 2009 à 2011. Le National avait aussi donné son feu vert.