Le National s´est prononcé en juin en faveur de l´enseignement prioritaire d´une langue nationale. Or cette solution, qui a suscité la grogne des cantons alémaniques qui commencent avec l´anglais, est contre-productive et dangereuse: elle risque de rallumer la guerre des langues et d´encourager le lancement d´un référendum, a fait valoir la présidente de la commission, Anita Fetz (PS/BS), vendredi devant les médias.
Concordat HarmoS
La commission préfère miser sur le concordat HarmoS adopté par les cantons. Ce texte les laissent libres de l´ordre dans lequel les langues étrangères doivent être enseignées tout en exigeant que les compétences acquises dans ces idiomes doivent être de niveau équivalent au terme de la scolarité obligatoire. Une première langue autre que la langue maternelle doit être introduite en 5e année au plus tard, et une deuxième en 7e au plus tard.
Pour la majorité, le concordat règle de manière satisfaisante la question de l´enseignement des langues étrangères en tenant compte des différentes sensibilités cantonales. Par conséquent, elle propose de biffer ce point de la nouvelle loi sur les langues.
Le fait que la Confédération n´est pas compétente en la matière plaide également pour ne pas l´inclure, a ajouté Christiane Langenberger (PRD/VD). Et de rappeler que la constitution ne prévoit une intervention de l´Etat central que si les cantons n´arrivent pas à s´entendre.
Dynamique positive
Avec sa proposition, la commission veut en outre éviter de menacer la dynamique de collaboration intercantonale engagée depuis trois ans. Pas question non plus d´apporter de l´eau au moulin des partisans d´une seule langue étrangère à l´école primaire, une option rejetée en votation par les citoyens de quatre cantons alémaniques.
Le principal est que les langues étrangères soient enseignées tôt, selon Mme Langenberger. A cette fin, les cantons alémaniques ont déjà consenti des dépenses "considérables".
Il est prévu que la Chambre des cantons se penche sur le dossier le 25 septembre. Gisèle Ory (PS/NE) défendra la solution du Conseil national. Ce dernier avait créé une certaine surprise en allant contre les cantons, mais des considérations tactiques avaient joué un rôle. L´UDC s´était ralliée à la primauté des langues nationales, alors qu´elle était opposée à tout le projet.
Au final, la commission a approuvé la nouvelle loi sur les langues à l´unanimité. Ce texte vise à renforcer le plurilinguisme de la Suisse et à consolider la cohésion nationale. Il a été remis sur les rails par le Parlement après que le Conseil fédéral eut renoncé à légiférer pour des motifs financiers notamment.