La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique a rejeté linitiative populaire « pour des médicaments à moindres prix » (99.043), et a adopté, à la courte majorité de 9 voix contre 8, et une abstention, une contre-proposition de texte constitutionnel régissant la vente des médicaments génériques et les importations parallèles. Ce projet, la Commission la adopté notamment dans le but de disposer dun moyen de pression en cas de rejet, lors de la votation de la loi sur les produits thérapeutiques, de la disposition qui, précisément, autorise les importations parallèles.
Linitiative populaire « pour des coûts hospitaliers moins élevés » (99.072), déposée elle aussi par Denner SA., a également été rejetée à lunanimité. Linitiative propose :
de limiter le régime obligatoire de lassurance-maladie à la seule couverture de lhospitalisation.dexclure les assurés de la participation aux coûts.que les cantons reçoivent des caisses maladies un montant de 250 francs par jour et par patient en contrepartie de lhospitalisation dun assuré en division commune.doffrir aux assurés la possibilités de conclure lassurance pour hospitalisation dans le cadre de la LAMal ou avec des institutions dassurance privée.dintroduire une assurance complémentaire facultative pour les assurés désireux de continuer à couvrir le traitement ambulatoire ou hospitalier.Le rejet de linitiative par la Commission sexplique en partie par le fait que les représentants du comité de linitiative invités par la Commission ont laissé diverses questions en suspens, notamment le problème du financement des coûts occasionnés par les soins apportés aux malades chroniques ou par les traitements ambulatoires de longue durée. Mais la Commission sest aussi largement appuyée sur les considérations du Conseil fédéral pour prendre sa décision, affirmant que la solution proposée par les auteurs de linitiative est effectivement inacceptable dun point de vue social et quelle augmenterait les charges fiscales sans pour autant réduire les coûts de la santé. Selon la Commission, les principaux dangers sont les suivants : dune part, de nombreuses personnes, pour des raisons financières, ne sassureraient plus que pour le risque dhospitalisation, dautre part, le nombre des traitements hospitaliers augmenterait considérablement.
Linitiative populaire « pour le libre choix du médecin et de létablissement hospitalier », (99.059 vise à donner aux patients le libre choix du médecin et de lhôpital, tout en exigeant des assureurs maladies quils prennent en charge lintégralité des coûts. Selon les auteurs de linitiative, la LAMal, en prévoyant des listes dhôpitaux admis, limite la liberté qua lassuré de choisir son médecin et son hôpital. A cela sajoute quau lieu dêtre encouragée, la compétitivité entre hôpitaux est entravée, du fait quen raison des listes dhôpitaux admis, les hôpitaux privés sont écartés du marché. En rejetant linitiative par 17 voix contre 1, la Commission partage lavis du Conseil fédéral, qui soppose à une plus grande liberté de lassuré concernant le choix du médecin et de lhôpital. En effet, le système de planification établie par les cantons semble avoir enrayé la hausse des coûts. Lacceptation de linitiative, en supprimant cet instrument,
ce qui entraînerait une nouvelle hausse des primes de lassurance-maladie de base. Le problème du financement des coûts hospitaliers nest toutefois pas réglé pour autant. Cest pourquoi, selon la conseillère fédérale chargée du dossier, des projets alternatifs à linitiative seront proposés par la voie législative ordinaire, dans le cadre de la deuxième partie de la révision de loi sur lassurance-maladie.
Pour terminer, la Commission a approuvé à lunanimité la motion du Conseil du Etats « Coût de la vie. Statistiques sur les revenus et sur la consommation » (98.3684) en forme de postulat. Lintervention, transmise à lunanimité par le Conseil prioritaire, charge le Conseil fédéral de créer le plus rapidement possible les conditions permettant de saisir lévolution du coût de la vie dans les différents groupes socio-économiques. Des statistiques distinctes devront être établies notamment pour les ménages comprenant des personnes actives, les foyers avec enfants, les familles monoparentales et les retraités. Si la Commission a toutefois choisi de transformer la motion en postulat, cest parce quil est déjà prévu que le Conseil fédéral formule une proposition sur ce sujet au cours de la prochaine législature. La question est donc partiellement réglée.
La Commission sest réunie pendant deux jours à Berne, pour la dernière fois de la législature, sous la présidence de M. le conseiller national Paul Rechtscheiner (PS/SG) et en partie en présence de Mme la présidente de la Confédération Ruth Dreifuss.
Berne, le 29.11.1999 Services du Parlement