La visite d'information de cette année a conduit la CPE au Danemark, le pays qui assume actuellement la présidence de l'Union européenne. Comme l'ont expliqué les interlocuteurs danois à la délégation suisse, l'élargissement prochain de l'UE - le nombre de nouveaux membres désireux d'adhérer prochainement devrait être de 10 - constitue, de loin, la plus importante mission du Danemark durant sa présidence. Le pays espère que les négociations avec les pays candidats pourront se conclure pendant cette période, c'est-à-dire d'ici la fin de cette année.
Concernant les négociations bilatérales actuellement en cours entre la Suisse et l'UE, les deux parties sont d'accord pour affirmer que les questions touchant au secret bancaire suisse sont d'une importance capitale. Aux yeux du Danemark, un assouplissement du secret bancaire et le passage à un système d'échanges d'informations constitueraient la meilleure solution. Dans sa réplique, la Délégation suisse a rappelé la position que la CPE avait présentée dans la discussion au sujet des mandats de négociations en janvier de cette année, à savoir que le secret bancaire n'était pas négociable. Mais la délégation a souligné que la Suisse offrait une solution équivalente grâce à l'introduction - comme le propose le Conseil fédéral - d'un impôt basé sur le principe de l'agent payeur. La délégation a également relevé, pour contrer un point de vue qui continue d'avoir largement cours, que le secret bancaire ne constituait en aucun cas une protection pour les fonds d'origine criminelle.
Enfin, les membres de la délégation suisse ont expliqué à leurs collègues danois les raisons qui, aux yeux d'une grande majorité de la population suisse, plaident contre l'adhésion de la Suisse à l'UE. La démocratie directe se verrait entravée, le système fiscal devrait être complètement réformé du fait de l'augmentation de la TVA, et la Suisse ne pourrait plus mener sa propre politique économique et monétaire.
Les entretiens se sont déroulés dans un climat amical empreint de compréhension mutuelle. La délégation suisse était menée par le conseiller aux Etats Maximilian Reimann (AG/UDC), et se composait de Madame Françoise Saudan (GE/PRD) ainsi que de Messieurs Peter Briner (SH/PRD), Hannes Germann (SH/UDC), Bruno Frick (SZ/PDC) et Philipp Stähelin (TG/PDC).
Berne, le 23.10.2002 Services du Parlement