Monsieur le Président,
La visite que vous faites au Parlement suisse revêt une éminente signification. Tout d'abord, elle nous permet de témoigner à l'Assemblée nationale le respect que l'Assemblée fédérale éprouve à l'égard d'une institution qui, depuis bientôt deux siècles, incarne la démocratie représentative. Ensuite, elle favorise un fructueux échange d'expériences et de vues entre ceux qui de part et d'autre du Jura, dans des conditions politiques et sociales différentes, sont l'expression de la volonté populaire telle qu'elle émane du suffrage universel.
La prochaine visite d'une délégation parlementaire suisse au Sénat suivie de la venue dans notre pays d'une délégation de l'Assemblée nationale participent de ce même désir d'approfondir les relations de Parlement à Parlement. Le Président Mitterrand faisait cette remarque au ministre suisse des affaires étrangères 1 en novembre dernier: "Il est bon de se voir pour se mieux connaître !".
En visitant le Conseil national, vous aurez remarqué que l'emphase l'a cédé à la précision et le verbe au respect des chiffres dans nos travaux parlementaires. Faut-il s'en plaindre ? Je ne le crois pas si j'en juge par la complexité de la tâche qui attend le législateur d'aujourd'hui. Le bonheur y gagne sans doute ce que le panache y perd !
Dans notre deux pays un des problèmes fondamentaux est l'équilibre à établir entre les pouvoirs publics. Comme vous-même, nous estimons que des relations franches et loyales entre parlementaires et membres du Gouvernement sont nécessaires à l'harmonie des rapports entre le législatif et l'exécutif. La présence du Président de la Confédération 2 en cette maison qui est un peu la sienne illustre cette volonté de coopération jamais démentie.
Monsieur le Président,
Lors de votre accession à la présidence de l'Assemblée nationale, vous aviez exprimé votre fierté de voir votre pays renouer avec ses plus hautes traditions démocratique et vous aviez indiqué que le Parlement témoignerait aussi pour votre pays hors de ses frontières.
En suivant à distance les travaux de l'Assemblée que vous présidez, je ne peut qu'être attentive à l'oeuvre législative déjà accomplie dans le sens de la décentralisation des pouvoirs publics.
Nous mêmes puisons dans la diversité de nos vingt-six cantons une des sources profondes de notre unité nationale. Puissiez-vous trouver dans le contact avec des élus suisses qui ont une longue pratique du fédéralisme des raisons supplémentaires de poursuivre dans la voie que vous avez choisie. Je vous souhaite à connaître les bienfaits qui découlent pour les citoyens d'un surcroît de responsabilité des collectivités locales.
Je lève mon verre en l'honneur de Monsieur François Mitterrand, président de la République française, en l'honneur de Monsieur Louis Mermaz, président de l'Assemblée nationale, en l'honneur de Monsieur Georges Egal, ambassadeur de France, auquel je souhaite plein succès dans l'accomplissement de sa mission, en l'honneur, enfin de la France, pays ami, aujourd'hui autant qu'hier.
Réponse de Mme Hedi LANG, présidente du Conseil national au toast de
M. Louis MERMAZ, président de l'Assemblée nationale,
à l'Ambassade de France à Berne, le 7 octobre 1982
Monsieur le Président,
Je tiens à dire combien je suis touchée des paroles que vous venez de prononcer et qui s'adressaient à l'Assemblée fédérale que je représente ici en compagne de Monsieur le Président du Conseil des Etats et des vice-présidents des deux chambres . J'associe à cet hommage Madame Mermaz et des souhaits que je forme, je lui demande de prendre sa part.
La visite que vous rendez à l'Assemblée fédérale me procure, entre autres satisfactions, celle de renouveler le contact personnel que nous avions déjà pris à Londres en juin dernier, lors de la Conférence européenne des Présidents d'Assemblées parlementaires.
Les discussions que nous avons eues ont montré combien les présidents de Parlement se doivent d'user de leur autorité morale pour défendre les droits du pouvoir législatif mais aussi l'importance pour eux de veiller au respect de la seule tradition parlementaire qui vaille, je veux parler de la constante adaptation au monde moderne.
Monsieur le Président,
Les éloquentes paroles que vous venez de prononcer s'inspirent de la raison et du sentiment qui ont de toute temps marqué les relations entre la République française et la Confédération suisse et dont la visite du Président Mitterrand marquera une nouvelle étape l'an prochain.
La présente parmi nous de personnalités du monde culturel, de l'économie et de la science atteste l'étendue et la qualités des étroites relations entre la France et la Suisse. Mais, au-delà des liens tissés entre nous par la géographie et par l'histoire, c'est l'idée commune que nous nous faisons de l'homme qui confère à nos rapports leur véritable dimension. Aussi, est-il légitime de dire que la coopération toujours plus poussée entre deux pays ne tend à rien d'autres qu'au progrès, à la sécurité et à la paix.
En votre personne, je suis heureuse de saluer l'Assemblée nationale française, héritière de l'esprit de liberté de démocratie qui trouve son origine dans la Révolution française et qui a si fortement soufflé sur mon pays.
Je lève mon verre en l'honneur de Monsieur François Mitterrand, président de la République, en l'honneur de Monsieur Louis Mermaz, président de l'Assemblée nationale et de Madame Mermaz, enfin, en l'honneur de la France, pays auquel la Suisse porte une haute estime une grande amitié.
1. Monsieur Pierre Aubert
2. Monsieur Fritz Honegger