C'est un grand plaisir pour moi de passer le flambeau de la présidence à un homme tel qu'Yves Christen dont j'ai pu apprécier, depuis 1995 au sein du Conseil national et plus particulièrement cette dernière année comme vice-président, les qualités qui sont les siennes : endurance, fiabilité, indépendance d'esprit, ouverture et souci constant du dialogue.

Bien qu'il soit un vrai radical vaudois et que je sois une vraie socialiste genevoise, je pourrais avoir prononcé les mêmes phrases que lui, glanées au fil d'articles parus ces derniers mois et que je ne résiste pas à l'envie de vous citer :

" Si les jeunes pouvaient voir qu'on peut faire de la politique autrement, cela leur redonnerait peut-être un certain goût civique. "

Ou bien :

" L'Etat doit conserver un rôle central et non pas subsidiaire dans l'économie. Il est un agent et pas un spectateur. "

Ou encore :

" Il y a peut-être des dépenses publiques plus prioritaires que celle des chars de grenadier. Je pense à la formation professionnelle. "

" L'économie n'est pas tout : c'est seulement un moyen pour l'homme - bon, là, j'aurais probablement dit l'être humain - de s'accomplir. "

Oui, décidément, quand je lis ces lignes, quand je discute avec Yves Christen, je me prends à penser que, si la question n'avait pas été " l'Union Vaud-Genève " mais l'union " Vevey-Vernier ", qui est ma commune, comme un " Ve au carré ", la réponse des Veveysan-ne-s et des Verniolan-e-s aurait dû être oui. Et je pense qu'Yves et moi aurions été d'accord pour que la capitale de cette nouvelle ville supra-cantonale, riche de la diversité des origines de ses habitants, soit, en tout cas pendant les sessions, le Palais fédéral.

Cher Yves,

Comme tu l'avais toi-même rappelé, " Hegel disait que quand un homme de droite et un homme de gauche - et je pense que tu ne m'en voudras pas de dire plutôt une femme de gauche - sont à la même table, chacun-e doit la quitter avec les idées de l'autre qui sont les meilleures pour la société ". Je crois pouvoir dire que c'est vraiment dans cet état d'esprit que nous avons travaillé au bureau du Conseil national.

Toi qui es un amateur ou, osons le mot, un disciple de Socrate, tu ne verras sans doute pas d'inconvénient à ce qu'une sage-femme, une maïeuticienne, forme ici des vœux pour ton année présidentielle, comme la bonne fée qui se penche sur le berceau du nouveau-né :
  
 • Je te souhaite, à toi qui est ainsi devenu 1er citoyen et qui est arrivé au sommet de l'Etat, de garder une forme et une curiosité suffisantes pour fréquenter encore les " Toits du monde " aussi bien culturels que géographiques. 
 • Je te souhaite de pouvoir mettre à l'œuvre à satisfaction dans la construction de l'édifice législatif tes compétences d'ingénieur, parce que du génie il en faut aussi bien au parti radical qu'aux chambres fédérales. 
 • Je te souhaite de pouvoir te tenir à ton envie de noter chaque jour une pensée ou une réflexion - résolution que j'avais aussi prise il y a un an mais que je n'ai pas réussi à tenir. 
 • Je te souhaite enfin -last but not least - de trouver suffisamment de ressources dans la pratique de la petite reine pour mener de main de maître mercredi prochain tous les membres de l'Assemblée fédérale qui se transformeront, l'espace d'un matin, en " faiseurs de reine ".

Merci et bon vent !