32e session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie
Débat général.
Promotion de la langue française, de la diversité linguistique et culturelle
Rabat (Maroc), 2 juillet 2006
Discours du M. Didier Berberat, conseiller national (Suisse)
Monsieur le Président,
Au nom de la section suisse, je tiens tout d’abord à remercier la section marocaine de son accueil généreux et amical, en particulier le président Abdelwahad Radi, parlementaire depuis 1963, qui est donc un acteur de tout premier plan de la vie politique marocaine depuis les premiers temps de l’indépendance du Royaume qui a accédé à la souveraineté internationale voici cinquante ans.
On dit souvent que la Suisse est un exemple de multilinguisme et de diversité culturelle, c’est vrai. Cependant, mon pays est en danger à ce niveau-là et n’échappe pas au risque de la langue unique.
Le français est parlé environ par 20% de la population et quatre langues nationales y cohabitent dont trois sont couramment utilisées – l’allemand, le français et l’italien - y compris au Parlement. De plus, nous avons depuis la révision constitutionnelle de 1938 le romanche, une langue latine qui est parlée par moins de un pour cent des habitants. Il y a donc une richesse culturelle qu’il s’agit non seulement de préserver, mais aussi de promouvoir.
D’un côté, l’allemand, langue majoritaire prend de plus en plus d’importance, notamment dans l’administration et de plus en plus souvent les actes législatifs sont penses uniquement en allemand. La section suisse de l’APF se bat résolument pour une meilleure répartition linguistique des postes importants au sein des ministères et le parlement fédéral accepté récemment une de mes motions allant en ce sens.
D’un autre côté, si le multilinguisme n’est pas promu quotidiennement, on court le risque de voir une langue unique - l’anglais - s’imposer entre les différentes communautés de notre pays, sous le prétexte que son usage généralisé serait source d’efficacité, d’économies et de modernité.
Le Parlement, dans sa majorité, a pris conscience de ce problème et a accepté une proposition stipulant que la deuxième langue enseignée an Suisse doit être une langue nationale. De plus, le peuple de trois cantons de Suisse alémanique a accepté que le français soit enseigné avant l’anglais. Cette décision est porteuse d’espoir.
On voit donc que la défense de la diversité linguistique est un combat de tous les instants, même en Suisse.
Il y a 6000 langues dans le monde. Toutes n’ont pas le même statut mais chacun doit avoir le droit de parler sa langue, d’être informé dans la langue de son pays.
La diversité linguistique et culturelle est au cœur de la personnalité de chacun.